À son lancement en 2013, Broadchurch était simplement présentée comme étant la réponse britannique au Nordic Noir. On retrouvait la formule, mais on nous invitait dans un petit village, une communauté bien anglaise où le sentiment de sécurité auquel les habitants étaient accoutumés se voyait remis en question sans préavis.

Quatre ans plus tard, Chris Chibnall est de retour avec une troisième saison de sa série pour y apporter une conclusion. Le calme était revenu, mais quand un nouveau crime violent est commis, le choc est différent, mais toujours aussi fort.

Cette fois, Miller (Olivia Colman) et Hardy (David Tennant) se retrouvent à enquêter sur un viol. La victime, Trish Winterman (Julie Hesmondhalgh), a été agressée lors d’une soirée festive organisée pour l’anniversaire de sa meilleure amie, Cath Atwood (Sarah Parish).

Après le procès de la saison 2, Broadchurch revient à sa forme originelle. Ce n’est peut-être pas au sujet du meurtre d’un jeune garçon, mais cela ne change rien. Il est de nouveau autant question d’examiner comment la communauté réagit que de suivre une investigation.

Dans ce sens, Chris Chibnall n’a rien perdu de son talent pour tenir en haleine en alimentant les enjeux, introduisant dès le départ que l’agresseur pourrait faire d’autres victimes. Bien entendu, quand l’identité du coupable sera dévoilée, il y aura bien eu beaucoup de personnes affectées par le crime, mais pas nécessairement comme les détectives le craignaient.

On a beau connaitre la formule, s’attendre à ce que tout le monde ait son lot de secrets et que la majorité des suspects soient là pour nous éloigner de la vérité, cela fonctionne encore pour la simple raison qu’il n’est pas juste question de mettre quelqu’un en prison. Broadchurch est en effet presque plus un drame social qu’une série policière à ce stade, et cela est d’autant plus probant à présent que nous sommes familiers avec la ville et ses habitants.

La famille Latimer est d’ailleurs toujours présente et cette saison 3 leur offre une nouvelle fois une place de choix. Voir comment ils sont parvenus à aller de l’avant – ou non – après le procès est la meilleure façon possible d’apporter à la série une conclusion qui soit pleinement satisfaisante. D’autres figures notables de la ville auront aussi le droit de se diriger vers un semblant de fin, proposant par la même occasion un commentaire important sur ce qui a changé ou non ces dernières années.

Concrètement, Broadchurch s’affaire autant à nous livrer un épilogue pour l’histoire qui débuta il y a quatre ans qu’elle nous captive avec sa nouvelle investigation. Les deux étant au final bien plus complémentaires qu’on aurait pu le penser au point de départ.

La série a donc su aller au bout de son sujet et nous offre par la même occasion une conclusion plus optimiste qu’on aurait pu l’imaginer, aidée par Olivia Colman et David Tennant. Plus que jamais, les deux acteurs sont parvenus à injecter une énergie unique et une sensibilité particulière, sans oublier une occasionnelle pointe d’humour toujours bienvenue. Des éléments qui ont fait la différence au cours de ces trois saisons.

Dans ce sens, Broadchurch fait un sans-faute avec sa troisième saison qui permet par ailleurs de réévaluer l’importance de ce qui s’est passé durant la seconde saison. Elle délivre par-dessus cela un commentaire assez bien écrit sur la perception du viol et des victimes dans notre société actuelle. Enfin, elle propose surtout de faire l’état des lieux de cette communauté qui a bien changé, rattrapée par le monde extérieur qui la força à dévoiler ce qu’elle avait de plus sombre en son cœur pour pouvoir rester en vie. Tout cela boucle ainsi une série qui méritait vraiment d’être suivie jusqu’au bout.