Brotherhood - saison 2

Tommy Caffee continue sa campagne pour être réélu dans l’État de Rhode Island à la chambre des représentants, alors que son frère, Michael Caffee, repart faire des affaires, après s’être en parti remis de l’attaque qu’il a subie.

La première saison de Brotherhood possédait une écriture assez abouti, tenu par un casting aussi solide que le travail technique effectué sur la série. Seulement, son rythme trop lent, et son incapacité à savoir changer de ton ou décompresser mettaient en avant un certain nombre de faiblesses. Tout ceci ne va pas complètement disparaître, mais l’évolution entrainée par la fin de la saison 1 offrira une progression qualitative à la série.

En cette seconde saison, nous retrouvons les personnages de la saison 1, la famille Caffee et son entourage. Nous subirons une perte, et pour le coup, l’introduction d’un cousin lointain de la famille s’ajoutera. Tommy et Michael continueront leur relation amour/haine, évolution naturelle de ce à quoi on a assisté durant la saison passée. La franchise n’est pas totale entre eux, et la famille a un impact sur le travail. Tommy est un politicien ambitieux. Michael est un gangster. Dans cette relation houleuse, les deux mondes s’entrecroisent, avec au milieu les forces de l’ordre, vagabondant par ses différents représentants entre la bonne conduite et des techniques discutables. D’ailleurs, dans ce paysage, Declan Giggs, qui s’était vu être développé progressivement au cours des 11 épisodes précédents, sera sûrement l’un de ceux qui bénéficieront du meilleur traitement scénaristique, subissant le choc de la fin de saison passée, faisant une belle sortie de route, pour réussir à retrouver un semblant d’équilibre.

Alors que Tommy a vu son couple être ébranlé, et finalement, se rapproche de plus en plus de l’immoralité qu’il reproche à son frère. Ce dernier suit une route différente, car, s’il évolue dans un monde qualifié à la base de méchant, son code de moral personnel évolue, conséquence de ses choix de vie et de l’importance qu’il donne à la famille. Il était difficile de concevoir la survie de Michael après ce qui lui était arrivé, mais on savait aussi qu’il n’allait pas mourir. Le résultat est assez intéressant, plaçant Michael dans un état physique plus affaibli, pour un homme qui se doit d’être fort et autoritaire. Michael a gagné une faiblesse, et ainsi perdu une part de son pouvoir, dont il mettra du temps à s’accommoder, et à retrouver. Comme Tommy, en fait, qui est affaibli par les révélations de sa femme, ébranlant le monde dans lequel il vivait, lui révélant la misère dans laquelle elle se trouvait. Eileen gagne beaucoup cette saison, perdant de son temps d’antenne, mais évitant ainsi la surenchère qu’on avait pu avoir dans les épisodes précédents, et bénéficiant d’un développement plus intéressant.

Ironiquement, on peut dire que la passerelle entre les deux mondes des frères Caffee se fait via leur cousin éloigné, Colin, qui fait surface, pour des raisons au départ inconnu : il cherche à découvrir qui est son vrai père. Alors que l’homme sera un politicien, ami de Tommy, Colin travaille aux côtés de Michael.  Un personnage qui enrichira l’univers, en grande partie grâce à ces interactions avec Rose Caffee. Le tableau se complète de la multitude de protagonistes qu’on connaît, avec quelques nouveaux visages.

Pour sa seconde saison, Brotherhood offre donc une vision toujours complexe de la politique, de la loi de rue, et de la famille. Quelques pointes d’humour noir, un scénario dont l’évolution se fait sentir du long – amélioration notable par rapport à la saison passée -, elle est encore trop victime de moment de longueur inextricable, et de quasi constante froideur émotionnelle, tout autant que du manque d’interactions entre les deux frères, un des rares aspects qui n’a pas changé depuis le début et qu’on ne peut que reprocher.

avatarUn article de .
CaroleC
0 commentaire