Brothers & Sisters nous avait donné une saison 4 de qualité, qui se concluait par une funeste tragédie. Les répercussions du drame en saison 5 s’annonçaient donc terribles pour les personnages, mais elles le seront d’autant plus pour la série.

Quel gâchis. Voilà en deux mots le sentiment qu’on aura pu ressentir cette année devant Brothers & Sisters. L’un des meilleurs dramas familiaux de ces dernières années n’est aujourd’hui plus que l’ombre de lui-même. La série a pourtant déjà connu des moments de mous par le passé, en général quand elle versait dans le soap; mais jamais comme cela, jamais au point qu’on ne la reconnaisse pas.

À qui la faute, donc ? Pour répondre à cette question, c’est du côté des coulisses qu’il faut se tourner. Après un renouvellement in extremis en fin de saison 4, ABC impose des coupures budgétaires. Pour cela, il s’opère une réduction radicale du casting. Et c’est là que réside le problème. Jusqu’à quel point peut-on supprimer des acteurs? À partir de combien est-ce trop? Qui plus est dans une série familiale, où les personnages sont au cœur du show.

Il y a d’abord le départ de Rob Lowe. Sur ce point-là, et même si le personnage du sénateur (comme l’acteur) était très apprécié, sa mort était aussi une bonne opportunité de changer la dynamique de la série, d’un âge déjà assez avancé. Elle ne réussira son coup que sur une intrigue : la crise de couple (bien gérée) de Kevin et Scotty.

La première erreur des scénaristes est de ne pas avoir fait mourir Robert pendant l’ellipse d’un an. Un choix malencontreux qui vient plomber une ambiance déjà bien morose chez les Walker. De plus, il sera difficile d’accepter que Kitty se remette à sortir aussi rapidement. Patricia Wettig, Emily Van Camp et, dans une moindre mesure, Ken Olin quittent eux aussi le navire, et sortent par la petite porte.

De façon plus critique, la présence réduite de Calista Flockhart est un des plus gros handicaps de la saison. Son absence se fait nettement sentir, surtout lorsque celle-ci est prolongée (son mystérieux départ à Washington). C’est tout bonnement poussif quand elle ne vient pas assister à l’enterrement de sa grand-mère. Et si le retour de Tommy était censé nous contenter, c’est raté. Surtout qu’il ramène avec lui une nouvelle compagne très agaçante.

Pour pallier ces changements, le rôle de Sarah est également renforcé, bien qu’il ne lui arrive concrètement pas grand-chose (du moins, au début). Il faut reconnaître le travail toujours impeccable de Rachel Griffiths, Dave Annable, Matthew Rhys et Sally Fields, qui tiennent cette saison à bras le corps, et ce, malgré des intrigues loin d’être inspirées. C’est bien cette sympathie pour les interprètes, de même que notre attachement aux personnages, qui fait que l’on continue l’aventure, malgré tout.

Brothers & Sisters souffre car sa dynamique familiale est perdue, éclatée. Les premiers épisodes sont particulièrement pénibles à cet égard. Ce n’est tout simplement plus la même série. Et, même si cette désagréable impression disparaît une fois le milieu de la saison sonné, il est désormais trop tard, quelque chose s’est brisé. Signe flagrant: les fameux dîners en famille, qui faisait jadis la magie de la série, ne sont plus.

Les histoires en elles-mêmes sont globalement sans saveur (la romance de boulot de Nora, le boulot de Nora, tout ce qui arrive à Justin), ou bien carrément ratées (l’amnésie et le départ d’Holly, Kitty et le charpentier). Mais la série parvient encore à nous offrir de bons moments, même si cela reste sporadique: l’adoption d’Olivia, la romance Seth/Kitty, Nora/Brody.

Et, comment aborder cette saison 5 sans parler de l’attachant, mais controversé, Brody. D’un côté, il est le parfait compagnon pour une Nora que les scénaristes ont bien eu du mal à caser ; de l’autre, il amène avec lui la fatidique nouvelle intrigue de filiation, dont la série n’avait vraiment pas besoin. Révéler que Sarah n’est pas la fille de William est sûrement l’affront de trop, le point de non-retour.

Heureusement, le dernier épisode de la saison (et donc, de la série) est aussi son meilleur, tout simplement parce que la famille est au grand complet. Dans ses derniers instants, Brothers & Sisters aura ainsi réussi à renouer avec cette chaleur humaine qui faisait tout son charme. L’annonce de l’annulation tombe donc de façon moins amère, et on laisse cette très attachante famille sous le regard bienveillant de Nora.

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