Désormais au service de Vaughn, mystérieux homme en partie responsable de sa situation, Michael va devoir griller un autre agent afin de pouvoir envisager de retrouver la vie qu’il a perdue.

Gros changement de dynamique dans la saison 4 de Burn Notice puisque dorénavant il n’y a pas un, mais deux espions qui se sont fait griller.

Their names are Michael Westen and Jesse Porter. They used to be spies, until…

Bienvenue à Jesse Porter (joué par Coby Bell), nouveau membre du groupe par défaut étant donné qu’il n’a plus son travail. Ce n’est pas qu’il a fait quelque chose de mal, mais il fallait qu’une tête tombe et ce fut la sienne. Tout ça, c’est la faute à Michael, mais pas sciemment. Des circonstances peu exceptionnelles pour la série vont avoir des répercussions inattendues. On peut légitimement se demander pourquoi ce n’est pas arrivé plus tôt, mais cela serait un peu vain, car il s’agit avant tout d’une manœuvre scénaristique dont la finalité est d’introduire un nouveau joueur majeur de l’équipe, et rien d’autre.

Jesse n’arrive donc pas de la manière la plus gracieuse qui soit, ce qui ne l’empêche pas d’être rapidement excusé grâce à son efficacité et son coefficient sympathie qui se marie à merveille avec le reste de la distribution – surtout avec Madeline qui trouve avec lui un nouveau fils adoptif, elle qui sera justement utilisée plus abondement et à sa juste valeur.

Burn Notice n’est dès lors plus exactement la même, mais reste fortement attachée à sa formule, bien qu’elle parviendra finalement à montrer qu’elle est capable d’être légèrement plus libre quand il s’agit d’offrir plus de place à son intrigue principale.

Quoi qu’il en soit, Jesse apporte son talent, mais impose aussi un fardeau qu’une commande rallongée d’épisodes (2 de plus) va alourdir plus que nécessaire. Jesse ignore que Michael est responsable de sa situation et accepte de se joindre à lui et à ses amis en espérant obtenir sa vengeance. Bien entendu, l’inévitable est visible dès le départ, le secret ne pouvant pas en rester un éternellement. Cela dit, si Fiona n’avait pas pris cela à cœur, la pilule aurait été plus facile à digérer, mais sa relation avec Michael va une fois de plus être mise à rude épreuve pour trouver une conclusion qui parait définitive.

En tout cas, la première partie de la saison profite de l’arrivée de Jesse et des nouveaux horizons offerts par Vaughn, énième psychopathe tenant l’avenir de Michael entre ses mains. Ceci divertit un temps, mais quand ça avance un peu trop vite, la série a le don de faire quelques mauvais virages pour renvoyer tout le monde au point de départ. C’est basiquement ce qui se passe à la fin de la diffusion estivale de la série.

De retour à l’automne, Burn Notice ne va cependant pas nous rejouer les mêmes classiques et s’engage sur une route étrangement enthousiasmante.

Jesse fera le tour de la question et se résigne à jouer pour les gentils qui l’ont grillé, car ils restent les gentils et que c’était inévitable. Cela dissipe les tensions et renforce la cohésion de l’équipe. Mais là où la série parvient à se surpasser, c’est quand elle décide d’embrasser sa propre histoire. On se retrouve alors avec des retours à profusions d’anciens méchants, d’anciennes victimes, et d’amis qui offrent au spectateur la possibilité d’être récompensés d’avoir été si fidèles, et ça, c’est toujours appréciable. Mieux, au lieu de continuer à noyer le poisson, la storyline de la burn notice va juste se diriger là où on n’espérait plus la voir aller : vers une solution.

On ne sait pas vraiment ce qu’il en ressortira, la saison nous laissant dans l’expectative, mais il est sûr que ça a été fait avec brio. Finit les suggestions, quand on nous dit que tout le monde est en danger, ça veut dire que tout le monde est en danger dans le double épisode de fin qui va pousser les personnages dans leurs retranchements, générant un suspens rarement atteint. Et c’est sur cette bonne note que l’on quitte Michael Westen.

Profitant certainement du fait que la série est renouvelée jusqu’à sa saison 6, Matt Nix a donc montré qu’il avait de quoi appuyer l’ambition de son show. Son timing est impeccable, car on peut dire que Burn Notice commençait à devenir soporifique. Donc, une quatrième saison qui change, qui est légèrement inégale avec des moments de faiblesse en plein milieu, mais qui délivre au final le suspens et l’action promis avec, en plus, des personnages qui sont prêts à sortir de leurs zones de confort. Espérons que la saison 5 suivra l’exemple.