Californication
Hank Moody est écrivain. Malheureusement pour lui, il est un « one hit wonder ». Incapable de réécrire une ligne, depuis son succès qui a été adapté au ciné, et qui est, apparemment, très mauvais, Hank est dépressif, couche pratiquement tous les soirs avec une fille différente, n’est pas très bien élevé, cherche – on ne sait pourquoi – à reconquérir sa femme et doit aussi gérer sa fille de 12 ans, Becca.

L’inquiétude était là. Au fond du regard. « Californication c’est au sujet d’un écrivain raté obsédé par le sexe. ». J’ai lu ça quelque part, et là, j’ai tressailli. Mais, c’est quoi ce pitch tout pourri ? Les Américains ont des démons, et l’un d’eux se nomme le sexe. Ces dernières années – vraiment, pas la peine de remonter loin dans le temps – c’est devenu une véritable obsession, augmentant par conséquent notre dose à la télévision. À l’évidence, il n’y a pas que les Américains qui ont des problèmes à ce niveau là, car, quand on lit, ou entend, « The Tudors, c’est bien, il y a du sexe », ou de même pour Rome – mais par respect pour cette dernière, je ne l’écrirais pas – on sait que quelque chose cloche.

Donc, Hank Moody doit réaliser ce que des tas d’hommes aimeraient faire, mais bon, comme ces types, ils ne ressemblent pas à David Duchovny, ils n’y arrivent pas. Tant pis pour eux, je vous dirais ! C’est bien fait ! Ils n’ont donc plus que leur épisode de Rome, The Tudors, et Californication à se mettre sous la main, car cette bande d’incapables n’a rien compris. Et pourtant, Californication le montre assez bien. Hank Moody est l’écrivain d’un hit. Ça aide. Hank Moody n’est pas un gentil. J’aime Hank Moody. Ce n’est pas un méchant. Malgré le fait qu’il soit dépressif, c’est un homme bourré de bon sens, avec de la répartie due à un taux sarcastique assez élevé. Mais, le sarcasme est l’allié de la vérité que les gens ne supportent pas d’entendre. Ce brave Hank, lui, n’a pas besoin qu’on lui dise la vérité. En tant que dépressif, il se noie tout seul, mais bon, pour réussir à supporter la douleur, les ennuis, et le vide artistique, quoi de mieux que de coucher avec des filles siliconées ? C’est la Californie, n’oublions pas, siliconés, et peau brillante. Bien sûr, il faut gérer la fille, aussi, et la femme, finalement, qui est autant à gérer que la fille, mais, qui, va savoir pourquoi, ne s’en rend pas compte. A quand une bonne femme à la télévision qui se comporte en vraie femme quoi ? Ras le bol de ces incapables qui appellent leur ex a la rescousse, ou qui sermonne, qui n’assume jamais rien, ou qui… J’arrête, car j’ai un grave problème avec l’image de la femme à la télévision, assurément très réaliste, mais, pour moi, extrêmement irritante.

Après tout ça, et pas grand-chose, on peut maintenant, bien vaillamment se questionner sur la qualité de la série. Quand même. Car, vous l’aurez compris, je ne la regarde pas pour le sexe. Mes craintes ne se sont pas trop réalisées, et si, j’avoue, ne trop savoir, combien de temps la série va survivre, du moins, sur mon écran à moi, le tout est assez bien emballé. Les dialogues sont sympas, l’ambiance est assez sympa en général. Il y a dans l’écriture assez de justesse et d’intelligence pour que la série révèle plus que du potentiel dans la suite des évènements. Loin des clichés des personnages à la Hank Moody, il y a ici une véritable idée, une véritable image. Hank Moody vit sa vie, avec femmes, alcool et sexe. It’s a Life-style, my friend ! Pour le moment, on peut lui reconnaître qu’il le fait assez bien.

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CaroleC
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