Californication - Mia Culpa (3.12)

Alors que les Moody se préparent à s’envoler pour New York, Mia vient leur rendre visite pour les inviter à une petite signature de son roman et les introduire à son petit ami/agent, Paul. Pendant ce temps, Sue Collini fait une offre en or à Charlie, qui pense par ailleurs à fonder une famille avec Marcy.

La saison 3 de Californication se conclut, et si le retour de Mia rendait assez prévisible une partie des évènements qui vont se dérouler, ce n’est pas pour autant que l’on ne va pas trouver dans l’ensemble de l’intérêt, qui va se révéler être vraiment travaillé.

Car, finalement, le retour de Mia est surtout un rappel du Hank des débuts. Ce Mia Culpa apporte les conséquences d’une action remontant au premier épisode de la série, réveillant alors des souvenirs douloureux chez Hank, mais surtout le ramenant à un état psychologique fort fragile, qu’il n’a au fond, jamais totalement quitté.

La fille de Bill est de retour en ville, mais elle n’est pas venu seule, non, elle a maintenant un manager, Paul, qui remplit aussi la fonction de petit ami. Et, elle lui a tout dit. Pour se sortir de cette impasse professionnelle (au stade actuel, on suppose plus pour lui que pour Mia, ne le connaissant pas assez), il est déterminé, appuyé par le désir de Mia, de révéler la vérité. À Hank alors de payer le prix d’une action passée et pire encore, de voir la destruction de sa famille à cause d’une Mia qui ne peut plus supporter ce qu’elle a fait. Si on nous rappelle bien qu’elle était mineure en ce temps-là, c’est les propres actions de la jeune fille qui mène complètement Hank à sa chute, dans le sens où l’appropriation du manuscrit est son crime à elle. Pour les deux, il est temps de faire amende honorable, si ce n’est qu’à la différence de l’un, l’autre ne l’a pas choisi.

L’épisode joue alors sur un pan psychologique de Hank qui ne fut pas abordé de front depuis la mort de son père (en saison 1), à une époque où il n’était qu’une âme en perdition, complètement dépressif, et autodestructeur. Si cette nature n’a jamais complètement disparu, un je-m’en-foutisme inspiré avait pris la place pour lui permettre de survivre dans ce monde de fou. S’effondre alors sous ses yeux sa relation avec Karen, et son avenir à New York. Difficile de mesurer réellement comment l’histoire dans sa globalité va tourner, qu’il s’agisse de la manière dont Becca va aborder cette vérité, ou du jugement judiciaire qui en découlera. L’ensemble est donc bien agencé, et nous plonge réellement dans ce tourbillon destructeur que Mia a ramené avec elle.

Comme, pour ce season finale, nous ne sommes pas à un malheur près, le bonheur de Charlie Runkle va être quelque peu détruit. Avant cela, nous avons le droit au retour de Sue Collini, lui faisant une proposition en or – et offrant ainsi l’opportunité au personnage d’avoir une porte ouverte pour revenir dans la prochaine saison. Si sa carrière est sur la bonne pente, sa vie privée non. Il croit pourtant qu’avec Marcy, c’est le bonheur, et le moment opportun pour parler famille. Elle va alors préférer laisser une note et les papiers du divorce pour ramener Charlie sur terre. Une conclusion logique à toutes les mésaventures qu’ont connu le couple, mais qui n’en est pas pour autant dénué de force et saupoudré de pas mal de tristesse.

Au fond, la situation de Runkle n’est pas un retour à la case départ, mais fait aussi écho au début de la série. Comme Hank, la boucle se ferme, nous arrivons réellement à la conclusion de tout ce qui fut développé et mis en place au cours de ces trois premières saisons. De l’égarement au réveil, de la volonté de se battre à tout le reste, Hank et Charlie finissent tous deux dans des situations non désirées, apportant à la fois paix et complication psychologique. Un gros méli-mélo émotionnel qui annonce un avenir incertain pour les protagonistes et le spectateur.

Nous sommes donc laissés dans l’expectative, et cela donne diablement envie de voir la saison 4.