Californication – Saison 2

Toujours en Californie, la vie d’Hank Moody s’est posée aux côtés de Karen, mais il a beau faire tout ce qu’il peut, il ne peut pas renier sa nature. En entrant dans la vie du producteur Lew Ashby, l’écrivain amplifie le rock qui rythme son existence. Amour impossible, paternité, alcool, drogue… C’est Californication.

Cette saison, on prend les même et on continue, mais on ne recommence pas. Tom Kapinos va emmener Hank sur une route que l’on pouvait croire similaire à celle de la première saison, mais rapidement, la différence va s’affirmer. Un peu déroutante, car semblable en bien des points à la première, mais inédite en bien d’autres, nous allons suivre Hank vers une certaine maturité dans son immaturité, si cela à un sens.

Les débuts sont légèrement hasardeux. Il faut dire que le final de la première saison était quelque peu fantasmagorique et offrait plus une conclusion qu’une ouverture. Hank et Karen se sont remis ensemble, mais cela ne veut pas dire qu’ils peuvent vivre ensemble. Leur amour ne sera pas remis en question, mais pour le bien de la série, ils ne pouvaient pas décemment vivre leur happy end. C’est là qu’intervient Lew Ashby. Producteur de légende dans le monde de la musique, il va prendre Hank comme biographe et compagnon d’infortune. Presque jumeaux, les deux hommes cherchent la même chose, font tout pour ne pas l’obtenir, choisissant de vivre leurs vies un peu folles, évoluant dans un monde qui leur ressemble, excessif, imprévisible, créatif et teinté d’une profonde mélancolie.

C’est cet univers qui va servir de toile de fond à la majorité de la saison. Plus calme, légèrement moins sous influence, Hank, à défaut de devenir un mari, va évoluer dans son rôle de père, avec toutes ses filles. D’abord Becca, qu’il aide et/ou pénalise dans sa première grande aventure amoureuse, mais également avec Mia qu’il tente de protéger d’elle-même. Sans oublier son probable futur enfant inattendu de Sonja.

Mais Californication, ce n’est pas que Hank, c’est aussi Charlie. Ce dernier va perdre son travail et va, plus ou moins par accident, se retrouver dans le business de la pornographie, devenant producteur, mais aussi agent de Daisy, jeune actrice qu’il veut aider. Marcy, de son côté, plonge, nez en premier, dans la cocaïne. Le couple se dirige vers l’autodestruction, vivant à l’excès leurs vices. Cette partie peu inspirée de la saison ne permettra pas aux personnages d’être intéressants, mais, à défaut, apportera la vulgarité nécessaire à maintenir la réputation de la série.

En donnant l’impression que Hank vogue plus qu’il ne se noie, cette saison 2 de Californication va surement dérouter les fans de la première saison. Celle-ci était dotée d’un grain de folie qui a laissé sa place à une ambiance plus propice à l’introspection et à l’initiation. L’écrivain vit plus avec ses erreurs qu’il n’en commet. Cela apporta par contre plus de régularité au niveau de la narration, ce qui nous mènera à une fin qui apparaitra logique et presque nécessaire.

Californication assume et vit encore et toujours dans son esprit autoproclamé grunge. Cela n’excuse pas pour autant les excès inutiles de certains protagonistes, mais renforce la philosophie de vie Moody, ce qui tend à expliquer l’état presque apathique dans lequel Hank semble parfois se perdre. Le tout saupoudré d’un romantisme honnête, mais occasionnellement excessif, et l’on obtient la recette de cette saison agréable, mais de temps à autre maladroite, statique, trop excessive, ou pas assez.

La saison 2 de Californication est disponible en DVD.