Arthur intervient dans un règlement de compte meurtrier qui a lieu dans un village. Il décide qu’une cour se tiendra à Camelot pour découvrir les causes de l’altercation. De son côté, Sybil pousse Morgan dans un jeu politique pour gagner le soutien des marchands de sa région.

La justice est au cœur de ce nouvel épisode de Camelot, où Arthur et Morgan décident de l’exploiter chacun de manière bien différente.

Avec Merlin qui ne s’est pas montré depuis plusieurs jours, le roi de Camelot prend des décisions sans consulter son magicien. Après être intervenu dans une altercation destinée à se conclure sur une mort, Arthur décide de découvrir ce qui est au cœur du conflit pour porter justice. Alors que celle-ci a pour habitude d’être plus directe, le nouveau roi s’oriente dans une voie qu’il juge plus juste, mais l’établissement même de ce principe doit se bâtir sur des ressentiments. En affirmant son autorité et sa façon de gouverner, Arthur ne risque pas de se faire que des amis – mais il est le roi, et il se doit de tenir ses positions et d’imposer sa loi.

Les évènements autour de ce simili-procès viennent quelque peu gâcher l’ensemble de l’épisode par leur orchestration et leur prévisibilité. Les échanges de regards et sous-entendus laissent tout paraître avant que les explications n’arrivent, enlevant l’impact possible du système du village. De cette idée n’en découle pas que du mauvais, tout particulièrement l’ambigüité qui accompagne les décisions d’Arthur, certes justes, mais qui font naitre les premières oppositions contre lui. L’annexion finale se montre aussi pertinente, en même temps qu’elle est à la fois la première expansion de Camelot et la résolution d’une foule qui s’accumule au château et qui a besoin de terres pour s’épanouir. Dommage que le cœur même de cette partie ne parvient pas à se démarquer, à la fois commune et fade.

Les évènements autour de Morgan se montrent plus intéressants, car ils impliquent des décisions moins propres et jouent avec la justice qu’Arthur essaie de contrer. Sybil s’affirme comme une femme intelligente prête à aider Morgan à obtenir le trône. Pour y parvenir, elle explique qu’il faut se créer des alliés et entraine donc la fille d’Uther vers la voie de la conquête – où manipulation, subtilité et lame tranchante sont les armes de choix. Depuis l’installation d’Arthur sur le trône par Merlin et la mort du premier allié de Morgan, la sœur du roi n’avait que ses ambitions et sa magie pour elle. Cet épisode semble marquer un premier tournant, là où le véritable conflit prend de la consistance. Morgan doit gagner de l’ascendance sur le peuple pour conquérir et conserver le trône, et elle vient de faire son premier geste dans cette direction.

Si la justice anime cet épisode, il garde un peu de place pour Merlin et Igraine, les tenant à la fois à distance de ce qui se déroule à Camelot tout en entamant un rapprochement entre les deux personnages, qui permet de bien mieux mettre en relief l’histoire passée (même mystérieuse), les rêves passés et futurs qui les animent. Le peu de scènes qu’ils possèdent empêche de véritablement entrer dans les détails, mais c’est une première incursion dans leur univers personnel que la série pourra exploiter plus tard.

Si l’actuel roi de Camelot manque toujours d’une complexité qui pourrait donner au personnage une ampleur qui lui fait défaut, Justice expose concrètement le fossé existant entre Arthur et Morgan en orientant réellement le récit vers une opposition palpable qui devrait solidement animer la série.