Arthur et ses hommes commencent l’entrainement sous l’égide de Gawain. Après que ce dernier a brisé l’épée du roi, Merlin s’embarque dans un voyage pour rencontrer un forgeron. Morgan reçoit la visite d’une nonne de son passé.

Lady of The Lake est un épisode qui met définitivement en relief comment la série a décidé d’exploiter la légende pour forger la série. Elle trouve sa force particulièrement auprès de Merlin, qui donne un sens différent à l’histoire, démontrant bel et bien la façon dont celle-ci se bâtit – sur le drame et sur les paroles de ceux qui les racontent.

À Camelot, le roi a toujours ses pensées tournées vers Guinevere, qui alimente ses émotions. C’est avec elles qu’il combat, donnant ainsi l’opportunité à Gawain de s’illustrer au début de l’entrainement des hommes d’Arthur. Sans être très habile dans sa construction – tout est extrêmement mis en scène, virant presque au théâtral – Gawain trouve là le moyen de démontrer ce qu’il vaut, ainsi que sa personnalité plus affirmée que celle de Leontes. Le champion du roi n’a définitivement que l’épée pour s’imposer à nous, et l’absence de combat à l’heure actuelle joue en sa défaveur.

L’arme blanche est d’ailleurs au cœur de l’épisode, car Merlin quitte Camelot pour partir à la rencontre d’un forgeron. Excalibur est donc introduite dans l’histoire, voyant le jour avec le feu et le sang.  Un angle d’approche qui permet de plonger dans la magie du sorcier, et de mettre en avant ce qu’elle lui coûte et ce qu’elle implique. Les évènements autour de Morgan se déroulent loin de tout ceci, mais parviennent justement à trouver un écho dans les sentiments de Merlin. Les deux pratiquent la magie, en paient le prix et surmontent les conséquences. Leurs personnalités et leurs motivations les entrainent dans des directions différentes, mais les similitudes justifient la relation qui les lie – même si l’épreuve que traverse Morgan reste légèrement trop abstraite pour avoir l’intensité voulue.

Morgan, au plus mal, voit d’ailleurs ressurgir une femme de son passé. Au départ décidée à ne pas la laisser entrer, son état de santé la poussera à céder et accepter l’aide de la seule personne qui comprend exactement ce qu’elle traverse. Sans pour autant mettre tous les mots sur leurs passées, les interactions parviennent réellement à donner une sensation de maitrise et d’histoire commune.

Il est alors difficile de ne pas ressentir que c’est entre les murs de Camelot même que la série peine à émerger. Même la mère biologique d’Arthur parait avoir des choses à exprimer, mais trouve plus dans son utilisation avec Morgan que dans ses interactions avec un fils qui est clairement trop borné et/ou immature pour dominer. Les scènes autour du roi sont souvent un peu trop exagérées dans leur écriture, et se dotent d’une sorte de goût de superficialité qui ne les aide pas. Cela n’entache pas entièrement Lady of The Lake, un épisode qui se montre plus posé, et qui fait preuve de bien plus de subtilités que le précédent.