Convaincu que l’avatar de sa fille se trouve dans le robot, Daniel décide de lui faire passer quelques épreuves pour la forcer à se révéler. Dans le V-World, Joseph continue de rechercher sa fille, découvrant que Tamara est peut-être devenue quelque chose qu’il ne comprend pas.

Caprica est une série hantée par les morts, ou en tout cas, ses protagonistes le sont : Daniel avec sa fille Zoe, Joseph avec Tamara, et Amanda avec son frère. Les vivants passent après.

Pas besoin de s’arrêter longuement sur les troubles psychologiques d’Amanda, qui ne sont que la continuité de ce qui nous fut révélé dans The Imperfections of Memory. Le seul apport pour elle se trouve être la visite Tomas Vergis, venu lui dire les actions passées de son mari – le vol et les meurtres. La scène en elle-même n’a pas de véritable utilité pour les protagonistes qu’elle met en scène, jouant avant tout sur le parallèle, avec ce que fait Daniel Graystone pendant ce temps-là.

Il se trouve que ce dernier, maintenant qu’il a compris que Zoe était dans la machine, se doit de la forcer à se révéler, car sa fille ne le veut pas. Il va pour le coup utiliser différentes méthodes, poussant jusqu’à la pression psychologique, ce qui crée un sentiment d’oppression assez fort dans l’épisode. Pour tout dire, celui-ci est palpable avant tout grâce à Daniel, et non à cause de ce que Zoe peut éprouver. Entre nous, il me faudra plus que quelques larmes roulant sur la joue pour que je puisse me mettre à compatir envers la demoiselle, que je trouve toujours aussi détestable. Cet épisode aurait pu offrir la possibilité de dépasser ce stade, mais les scènes avec Lacy détruisent le peu de travail de connexion émotionnel qui aurait pu être construit dans les confrontations avec son père. Pour le coup, je suis comme Graystone, cherchant le moment où elle va faire un faux pas, où la dynamique installée va se renverser et ainsi entrainer la série dans une autre direction. Cela ne va pas se produire, mais encore une fois, l’histoire sert merveilleusement le personnage de Daniel Graystone, définitivement complexe et fascinant.

Si Daniel sait où se trouve sa fille, ce n’est pas à proprement parler le cas de Joseph Adama, qui a énormément de terrain à couvrir. Il a un univers, mais pas de direction précise. Mais, si Tamara est le but, le parcours qu’Adama doit faire pour arriver jusqu’à elle parait sans fin, et surtout, sonne comme un apprentissage. La route est surtout là pour le pousser à s’impliquer à un stade jamais atteint. Ce n’est pas finement joué, difficile de comprendre sa difficulté à appuyer sur la gâchette dans un monde virtuel (ce n’est pas comme s’il devait en plus se débarrasser du corps, la personne restant vivante dans le monde réel). La métaphore n’est pas très bien maitrisée, mais tout ceci a avant tout pour vocation de pousser Adama à s’affirmer – ce qui devrait être plus que nécessaire pour l’avocat qu’il est. Aussi, il est temps pour lui de réaliser que Tamara n’est plus sa petite fille, qu’elle est autre chose. Cela participe aussi à aiguiser la curiosité, car comme nous ne voyons pas non plus Tamara, il n’est pas bien compliqué de comprendre le point de vue de son père.

Ghosts in the Machine se révèle donc être un épisode plutôt abouti, aidé avant tout par le fait que concentré sur un nombre restreint de personnages, cela permet de réels approfondissements sur ces derniers, et si les intrigues n’avancent pas à proprement parler, il y a une réelle sensation de progression à la fin, nous poussant définitivement vers le prochain épisode.