Ayant perdu sa femme et son entreprise Daniel approche Ha’la’tha avec un accord pour capitaliser sur les avatars virtuels comme drogue contre le deuil. Clarice, sur Gemenon, propose son plan pour imposer leur religion.

Après plus de 5 mois d’absence, Caprica revient pour la seconde partie de sa saison 1. Autant dire que le rappel en début d’épisode se fait en grande partie nécessaire, ne serait-ce que pour se replonger en douceur dans l’ambiance propre à la série.

De toute façon, ce « Unvanquished » aura clairement pour but premier de servir de mise en place, nous exposant où se trouve les personnages suite à aux derniers évènements. La scène pour Lacy ne remplit réellement que ce but, ne trouvant pas d’autres logiques dans cet épisode, un peu comme la conclusion avec Zoe Graystone, si ce n’est qu’il est plus pertinent de nous la montrer que son amie. Ce n’est pas pour cela que l’épisode prend son temps, au contraire, les personnages agissent.

Trois semaines se sont écoulées depuis la tentative de suicide d’Amanda Graystone, et son mari se trouve au fond du gouffre. Il n’a plus sa femme qui, sans trop de surprises, n’est pas décédée, bien que la construction narrative tente de jouer avec l’information tout du long. Aussi, il a perdu son entreprise, aux mains de Thomas Vergis, qui envoie le Cylon de Zoe aux archives, si je puis le dire ainsi. En tout cas, le robot amoché ne l’intéresse pas.

Graystone n’a plus rien à perdre, si ce n’est possiblement sa mère, ce qui va le pousser à vouloir faire des affaires avec les Taurons. Un bon moyen pour savoir où en sont les Adama, et il se trouve que Joseph a rejoint l’organisation criminelle Ha’la’tha. Nous ne sommes pas encore dans la direction qui fera de lui l’avocat de génie qu’on sait qu’il va devenir. Nous sommes bien plus sur le chemin qui semble vouloir absolument connecter Daniel et Joseph, et celui-ci est tracé dans le sang, la misère, la corruption, et tout ce qui parait éloigné du bonheur simple ! Enfin, ici, les rôles s’inversent par rapport à la première partie de saison, plaçant Joseph Adama en position de force et Daniel Graystone affaibli par les pertes récentes. Cela ne change rien à son sens des affaires, bien que je doute que cela soit ce qui définit mieux ce qu’il tente d’accomplir dans l’épisode, cherchant à se relever, tout en exploitant les dernières découvertes lié à Zoe.

Sur ce plan-là, nous avons le droit à un parallèle sans équivoque possible entre Graystone et Clarice. L’un est sur Caprica, l’autre sur Gemenon et le chemin qu’ils vont suivre sera fortement similaire, surtout que le but à atteindre est approximativement le même : exploiter le monde virtuel pour l’après-vie. Ce qui les oppose, ce sont clairement leurs motivations. Mais qu’il s’agisse de Graystone face aux Taurons ou de Clarice face à ses supérieurs religieux, ils doivent vendre leurs idées, être confrontés à des décisions moralement douteuses, et agir. Sister Clarice brille bien plus dans le registre, faisant clairement ce que Graystone n’est pas réellement capable de faire. Il ne semble pas y avoir grand-chose qui puisse l’arrêter et l’épisode explicite bien cela à l’aide d’informations plus claires sur son passé et de sa formation terroriste. Le personnage, dans son extrémisme, n’en devient que plus fascinant et menaçant. Graystone, comme toujours, et en homme d’affaires qu’il est, ne verse pas le sang de la même façon. La ruse correspond plus à son outil, mais il faut reconnaître qu’ici, il est bien trop affaibli pour totalement s’affirmer. Ce qui ne l’empêche aucunement d’imposer une certaine duplicité – Eric Stoltz est toujours aussi excellent.

Caprica revient donc avec un épisode qui est là pour nous situer les personnages et poser les enjeux à venir. Ceux-ci sont clairement définis, ce qui fait que la suite, si elle ne s’égare pas trop, devrait se montrer conflictuelle et surtout, permettre à la série de réellement prendre son envol dans cette seconde partie de saison.