Carpoolers – Pilot (1.01)
Quatre hommes de différents milieux organisent un covoiturage, moins par esprit écologique que pour se retrouver entre amis quelques heures par jour. Laird, le playboy tout juste divorcé, Aubrey, le timide, Gracen, l’esprit traditionnel de la bande et Dougie, jeune marié, discutent ainsi de leurs vies au travail et chez eux, vraiment sincères durant ces quelques instants.

Je dois dire que le concept de base me paraissait un peu bancal. Je n’arrivais pas trop à m’imaginer ce que pourrait donner une série où les protagonistes blablatent pendant 20 minutes. Bon, je ne pensais pas vraiment qu’ils resteraient 20 minutes dans la voiture, mais quand la série a été présentée, c’est le sentiment que j’ai eu. Résultat final, il n’y passe pas les 20 minutes, et d’ailleurs, le carpooling semble être juste une excuse à l’interaction des personnages, ou comment trouver le moyen de faire communiquer des voisins de nos jours. C’est vrai qu’à la télé, les gens sont très socialement épanouis, mais dans une banlieue américaine comme celle où vivent les 4 personnages de cette sitcom, ça ne doit pas être facile d’entretenir des liens d’amitié avec des gens que l’on ne fait que croiser.

45 minutes de trajet pour aller bosser. Une famille à gérer. Un boulot. C’est pour Aubrey le seul moment de repos. Pour Laird, dentiste complètement dépouillé par son ex-femme, c’est l’occasion de passer du temps avec des amis. Pour Dougie, le nouveau, c’est presque une obligation. Et pour Gracen, et bien, ça doit pareil que pour Laird, sauf qu’il est marié.

On comprend vite que l’histoire est avant tout tournée entre l’amitié qui lie les 4 hommes, que vers autres choses, quoique ça puisse être. Il faut admettre que le pilot est plutôt bien construit. On n’a pas le temps de s’ennuyer, au contraire, les 20 minutes passent assez vite. Les choix artistiques ont été les bons. On n’est loin d’un décor qui sonne faux et des rires en boites, marques de fabrique des sitcoms traditionnelles. Le casting n’est pas mauvais, ça fait toujours plaisir de revoir Jerry O’Connell ou Faith Ford, mais on va arriver au point faible de la série. (transition)

Les personnages sont un peu trop… je cherche le mot, mais juste « trop » est suffisant. Ils entrent dans des cases et semblent destinés à y rester. Seul Laird a le mérite de ne pas être too clean. C’est presque une parodie du banlieusard américain. Il en résulte une certaine futilité dans les thèmes de discussions, comme dans l’intrigue générale. Dans cet épisode Gracen est perturbé par l’idée que ça femme, puis son fils, le demeuré, gagnent plus d’argent que lui. C’est un peu léger, mais l’épisode servant plus a nous présenter les personnages et leurs relations, on n’y prête pas trop attention. A voir donc, si à l’avenir, nos gentils banlieusards arrivent à avoir des histoires dignes d’intérêt. Ce n’est pas gagné.

Pour conclure, on est devant une sitcom, alors marrant ou non ? Le personnage de Laird, Jerry O’Connell, m’a fait décrocher quelques sourires. Ce n’est pas non plus déprimant, il y a une bonne ambiance. C’est agréable à regarder, mais les sitcoms ne me font plus vraiment rire (à quelques exceptions près, voir 30 Rock), alors du coup, je commence à me demander si ça vient de moi, ou si c’est volontaire de la part des scénaristes. D’un autre côté, il ne faut pas oublier que le public visé est américain, et que les différences culturelles peuvent avoir ce genre de répercussions. À vous de voir si c’est votre humour, ou non.