Catherine The Great : Un règne loin d’être impérial

Le règne de Catherine II commença par un coup d’état. Elle détrôna son époux Pierre III avec l’aide de son amant Grigori Orlov et de quatre officiers de la garde impériale. C’est ainsi qu’elle devint l’impératrice de Russie à partir du 10 juillet 1762, alors âgée de 33 ans. Elle régna pendant plus de 34 ans, jusqu’à sa mort.

Co-production Sky Atlantic/HBO, Catherine The Great ne nous retrace pas les premières années de la vie de Catherine et cette montée sur le trône de Russie, mais les années qui suivirent où elle dû se battre pour maintenir et asseoir son pouvoir et ainsi régner pour mener à bien l’expansion de l’empire. L’œuvre marque également les retrouvailles entre le scénariste Nigel Williams et l’actrice Helen Mirren, 13 ans après la mini-série de Channel 4 s’intéressant à Elizabeth I.

Sous la direction de Philip Martin, Catherine The Great se veut être œuvre ambitieuse et resplendissante. Une opulence se dégage des costumes, qui ne jurent aucunement dans les décors du palais. Portée par Helen Mirren qui domine l’écran de sa présence, la série nous offre une vision manquant, contre toute attente, d’ampleur, avec un scénario qui se montre trop brouillon pour retranscrire avec force le règne de cette impératrice.

Spécifiquement, cette mini-série en 4 parties nous retrace le règne de Catherine à travers sa relation avec le général Grigory Potemkin. Catherine The Great est une série où la politique et l’amour sont indissociables, leur histoire ayant ainsi façonné la Russie.

Dire alors que la mini-série repose presque entièrement sur l’alchimie que Helen Mirren et Jason Clarke partagent est loin d’être un euphémisme. Même lorsqu’ils sont séparés, Catherine et Potemkin restent liés. Leur relation se veut aussi passionnelle que tumultueuse, à l’image d’une Russie qui veut la place qui lui revient sur l’échiquier international et a des rêves d’expansion.

Des premiers jeux de séduction à l’amour conflictuel qui en naitra, Catherine The Great veut nous faire le portrait d’une impératrice farouche, intelligente et résolu. Les débuts sont cependant chancelants, que ce soit dans la représentation d’une femme aux fortes convictions ou dans la crédibilité de sa romance avec Potemkin. Le scénario évoque aux détours de conversations les idéologies modernes de Catherine dont elle s’est éloignée au fil du temps, ayant perdu son idéalisme. Sans nous offrir une véritable compréhension de la femme qu’elle était, il est un peu difficile de saisir la femme qu’elle est devenue et qui gouverne maintenant la Russie.

Le sentiment est accentué au départ par le fait que Helen Mirren a plus du double de l’âge de Catherine lorsque l’histoire commence. Tout le casting est d’ailleurs bien plus âgé que les figures qu’ils incarnent, ce qui peut également créer un sentiment de confusion quant aux évènements historiques qui sont dépeints, et lorsque certaines lignes de dialogues nous renvoient à leur âge. Il faut également un peu de temps à Jason Clarke pour réussir à donner corps à un Potemkin plus grand que nature, mais pas caricatural. Ses humeurs changeantes ressemblent par moment plus à des caprices, le temps qu’une meilleure compréhension de l’homme et que le jeu de son interprète s’affine un peu. Cela n’est pas suffisant pour faire oublier le sentiment de répétition qui émerge de la danse amoureuse entre Catherine et Potemkin.

Cela s’estompe, mais on peut dès lors se demander pourquoi le choix n’a pas été tout simplement fait de pleinement se concentrer sur les dernières années de son règne – quitte à y injecter des flashbacks sur les années précédentes.  Qui plus est, les évènements historiques ne sont pas toujours bien introduits, à l’image de la menace que représente un prisonnier dans le premier épisode (il s’agit d’Yvan VI) et complique alors l’immersion dans le récit. Un manque de précision scénaristique vient ainsi endommager la progression de l’histoire qui nous est relaté. Les personnages secondaires ont également du mal à exister, pas toujours bien mis en avant ou exploité lorsqu’il le faudrait. Là encore, on se retrouve rapidement avec de la redite au lieu d’un véritable approfondissement des dynamiques entre Catherine et son entourage (conseillers ou famille).

Au final, Catherine The Great se dote de ses plus beaux costumes d’apparat, mais cela n’est pas suffisant pour passer outre un scénario qui nous présente un règne passionnel mais échoue à retranscrire une quelconque ferveur. Dès lors on fait face à un règne qui est loin d’être impérial.


La mini-série Catherine The Great est diffusée à partir de ce lundi 25 novembre à 21h00 sur Canal+, avec deux épisodes par soirée.

CATHERINE THE GREAT
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