Chuck – Saison 2

Chuck est de retour. Il a encore l’Intersect dans la tête, Sarah et Casey sont là pour sa protection. Sa sœur va préparer son mariage. Son meilleur ami n’a toujours aucune ambition dans la vie. Et enfin, il travaille au Buy More.

Après une saison 1 qui donnait le ton et qui a mis en place tout ce qui était nécessaire à la mythologie de la série, Chuck fait son retour, sans changer grand-chose. En fait, ce qui est le plus notable, c’est le fait que Sarah vende maintenant des yaourts.

Les missions vont alors reprendre et Chuck espère une chose : que l’Intersect puisse lui être retiré de la tête. Enfin, ça, et que Sarah et lui vivent une vie heureuse, ensemble. Oui, Chuck est un rêveur devant l’éternel, et sa difficulté à accepter la réalité de sa vie extraordinaire va, plus d’une fois, le mettre dans l’embarras, enfin, lui, mais surtout Sarah et Casey, toujours là pour le sortir d’affaire.

Dès l’ouverture de la saison, une chose est établie : il va y avoir des guest stars. En fait, cela sera le moteur promotionnel de la plus grande partie des épisodes, en plus d’être, majoritairement, le seul point positif à retenir d’intrigues éternellement poussives qui souffrent de mises en route approximatives, dont le but n’est clairement pas cacher. En effet, chaque mission sert à développer un personnage ou la misère de Chuck, seulement voilà, pour parvenir à faire cela, aucune finesse, on fonce dans le tas. Ce ne serait pas si handicapant si notre héros maitrisait le second degré, mais derrière ses cris de lamentation, on trouve un homme trop terre-à-terre et nombriliste.

Guest stars, je disais : Michael Clarke Duncan, Tony Hale, Melinda Clarke, John Larroquette, Steve Valentine, Nicole Richie, Ben Savage, Jordana Brewster, Bruce Boxleitner, Morgan Fairchild, Carl Lumbly, Michael Rooker, Dominic Monaghan, Jenny McCarthy, Andy Richter, Jonathan Cake, Robert Picardo, Tricia Helfer, Arnold Vosloo, Ken Davitian, Scott Bakula, et Chevy Chase. Impressionnant.

Développements de personnages, je disais également. Donc, si on passe outre une forme souvent grossière, dans le fond, il est appréciable de voir que le passé des protagonistes a le droit d’être mis en avant, surtout qu’ils sont majoritairement décrits comme n’ayant aucun avenir. Ainsi, on découvrira plus d’un pan caché de l’adolescence de Sarah, les anciens succès de Jeff, la vie sentimentale et bancale de Morgan, tout comme on rencontrera enfin Jill, l’ex qui brisa le cœur de Chuck.

Le problème dans tout ça, c’est que chaque intrigue se doit d’être imbriquée dans une affaire d’espionnage, ce qui nuit gravement à la crédibilité de certaines storylines, mais surtout, pour arriver à ça, les scénaristes nous lancent des « flashs » toujours au bon moment, et pire, ils se mettent à sortir Fulcrum à la moindre occasion. Cette organisation maléfique qui était un joker intéressant est devenue une routine ridiculisée par ses utilisations absurdes, mais si pratiques.

Mais Chuck, ce n’est pas que de l’espionnage de seconde zone (franchement le nombre d’espions internationaux perdus à Burbank, ça fait peur), c’est aussi une série avec un créateur obsédé par les années 80, qui n’a aucune honte à bâtir des « intrigues » secondaires principalement pour placer des références qui ne sont pas cachées. De ce point de vu, nous dépassons les clins d’œil sympathiques de la première saison, et ce, de très loin, car même si on ne saisit pas de quoi il s’agit, on vient nous l’expliquer. Lourd.

Bref, cette saison 2 de Chuck s’est construite sur une première déjà bancale, mais en basant toute son histoire sur deux ressorts dramatiques uniquement – l’Intersect et la relation Sarah/Chuck -, dont la redondance ne trouve écho que dans l’énergie utilisée pour ne pas les faire évoluer. Le tout étant appuyé par des backstories souvent peu inspirées. Chuck tente d’embrasser à bras le corps son étiquette de no-brainer,  sans jamais réellement y parvenir, faute à des ambitions trop poussées pour lesquelles elle n’a jamais mis en œuvre les moyens nécessaires pour les atteindre.