Cold Case – Saison 7 épisode 1 à 10

Après avoir manqué mourir noyée, Lily Rush devient obsédée par son agresseur. Son père cherche à lui présenter sa famille mais elle repousse constamment jusqu’à ce que son demi-frère soit arrêté en état d’ébriété. De son côté Scotty découvre que sa mère a été agressée dans un parking, Vera est obligé de passer un examen médical pour vérifier s’il est apte au service et le commissaire divisionnaire oblige le Lt. Finn à se séparer d’un de ses hommes.

Cold Case achève sa première moitié de saison, la dernière vraisemblablement, et un constat s’impose : la série n’a plus rien à offrir. Pour être honnête il y a déjà quelques temps qu’elle se contente d’appliquer à la lettre la même recette et aujourd’hui, près de 150 épisodes plus tard, la lassitude est grande.

Pourtant les scénaristes, boostés par le sauvetage in extremis de la série la saison dernière, ont décidé d’étoffer leurs personnages et de donner à chacun quelque chose à faire. Le problème c’est qu’une intrigue personnelle inconséquente noyée dans une saison complète passe mieux que cinq histoires perso mal maîtrisées en même temps. Que ce soit Vera et sa santé, Will et son bouquin, Scotty et ses parents ou Kat et son petit-ami, leurs histoires ne suscitent pas un grand intérêt.

Il n’y a bien que Lily, comme d’habitude, qui a droit à une intrigue plus satisfaisante, même si au bout de 6 ans, sa vie amoureuse et familiale, ressemble davantage à un soap. Sa romance avec Bobby Cannavale, en flic infiltré, manque de toute façon d’alchimie pour qu’on s’en préoccupe sérieusement. Kathryn Morris, elle-même, semble lassée par son rôle.

Restrictions budgétaires obligent, la série n’emploie pas systématiquement tous ses personnages. Kat disparaît donc pendant 3 épisodes pour cause de mutation avant d’être réintégrée, sans que ça n’ait aucune incidence sur le reste de l’équipe, Will est absent un épisode sur deux sans explication, bref les personnages n’ont jamais autant semblé interchangeables que cette année.

Mais ce que cette saison 7 confirme surtout c’est la pénurie d’idées au sein de l’équipe scénaristique. Là où il y a encore 3 ans la série réussissait à produire des épisodes intelligents et émouvants, elle n’offre plus aujourd’hui que de vulgaires énigmes tout juste bonnes pour Hallmark. Le coupable est toujours la personne à laquelle on devrait logiquement le moins s’attendre mais qu’on identifie dès le départ, habitué depuis le temps aux codes de la série.

Au rayon des guests, Cold Case attire encore du monde comme Reed Diamond (Journeyman), Steven Culp (Desperate Housewives), Peter Onorati, Lolita Davidovich, et d’autres reconnaissables par le spectateur averti comme Wesley Jonathan (What I like about you), Chad Faust (The 4400), ou Ashley Johnson.

Les histoires, elles, se divisent toujours en deux grandes catégories : celles qui se penchent sur l’Histoire, passée ou présente, des États-Unis (le système judiciaire pour mineurs,  l’émergence des mouvements blacks au travers du jazz, les femmes pilotes en 1944, la revendication identitaire dans le rap, les gangs de Chinatown) et celles qui portent sur un univers spécifique (les skateurs, les courses hippiques, les clubs universitaires de débat, le hockey sur glace). Mais ce regard si particulier qui était l’essence même de la série et qui en faisait toute son originalité est désormais complètement vide et même ses épisodes à thématique féministe, qui ont toujours été les plus réussis, ne sont qu’un faible écho de ce qu’elle a pu nous montrer. L’intérêt et l’émotion sont donc majoritairement absents de ces dix premiers épisodes, ce qui n’est pas le cas de l’ennui en revanche.

Au regard de ce que la série est devenue, on se dit qu’elle aurait du mourir, en même temps que son héroïne, à la fin de la saison 5. Revenue d’entre les morts, elle n’est plus que l’ombre d’elle-même, ce que ce début de saison 7 confirme largement. Sauf un miracle, que personne n’attend, il y a peu à espérer des 12 ou 13 épisodes restants et à l’image de Without a Trace la saison dernière, Cold Case s’éteindra probablement sans un bruit et sans personne pour la regretter.

avatarUn article de .
6 commentaires