Jeff Winger est forcé de retourner à l’université pour obtenir le diplôme de droit qu’il n’a jamais eu et redevenir l’avocat à succès qu’il était. Il va alors se retrouver dans un groupe d’étude avec des étudiants tous plus ou moins désireux d’apprendre l’espagnol.

Arrivée à la rentrée 2009 sur NBC, Community n’a pas démarré en faisant trop de bruit, mais obtint tout de même des critiques plutôt positives. Il faut dire que son point de départ se résumait à un groupe hétéroclite de personnages stéréotypés qui font des études et qui vont devenir amis.

Rapidement, le monde de l’université de Greendale va s’étoffer et assumer ses clichés au point de les transformer en principal outil comique et parodique. Le même sort sera d’ailleurs utilisé avec ses protagonistes. Jeff le beau gosse prenant la tête des opérations, tandis que Señor Chang vole la vedette à chacune de ses apparitions.

Lentement, mais surement, Community va s’affirmer au travers de son univers référentiel qui, durant une grosse partie, est ouvertement consacré à The Breakfeast Club (et aux autres films de John Hughes). Jeff s’effacera, sa relation avec ses camarades changera, et les membres du groupe évolueront en même temps qu’ils étofferont leurs mondes respectifs.

On oubliera même qu’au début, le groupe est né parce que Jeff voulait juste séduire Britta, car baser les enjeux de la série sur le relationnel n’était clairement pas effectif et ce fut vite évincé – même si cela refait surface de manière plus ponctuelle. En fait, c’est devenu un jeu, les couples les plus divers étant suggérés, les spectateurs n’ont qu’à choisir celui qu’il préfére soutenir.

En attendant, les scénaristes trouvent un médium pour s’exprimer en la personne d’Abed, personnage qui voit le monde comme un énorme film ou une série télé. Community jouera de plus en plus avec des références de pop culture au point d’en saturer ses scénarii. Logiquement, le show prend conscience de lui-même et s’autoréférence, les histoires allant même jusqu’à prendre en compte les réflexions des fans.

Une route dangereuse à suivre, car si la série connecte bien plus facilement avec les spectateurs, ses personnages, eux, s’effacent, ne servant que d’outils dans la mise en scène de sketchs. Certes, la réalisation est souvent inspirée, mais même si les protagonistes sont des clichés, ils ont besoin d’exister par eux-mêmes et non via un autre média.

Community va, sur la longueur, se perdre et se retrouver à plusieurs reprises, parvenant quand même occasionnellement à très bien marier ses différents ingrédients. Ce manque de consistance est donc pénalisant, mais permet à tous types de spectateurs de trouver dans le show des éléments qui l’accrochent. Reste à savoir si Jeff, Britta, Abed, Troy, Shirley, Annie et Pierce réussiront à garder la cadence une seconde saison ou s’ils finiront par ne plus ressembler à rien du tout.