community saison 3 Community : Quatre saisons et pas de film ? (saison 3)

Mardi 10 juillet 2012 à 8:30 - 4 commentaires

Community : Quatre saisons et pas de film ? (saison 3)

 Community : Quatre saisons et pas de film ? (saison 3) Community : Quatre saisons et pas de film ? (saison 3)par Thomas.

Troisième année à Greendale pour le groupe d’études de Jeff Winger et de ses acolytes. Cette année sera marquée la prise de pouvoir grandissante de Chang en tant que chef de la sécurité, une romance naissante entre Britta et Troy, ainsi qu’une agence secrète de réparateurs de climatisation…

« Six seasons and a movie ! » tel est le slogan de la communauté de fans qui s’est mobilisée cette année pour tenter de convaincre NBC de conserver la sitcom sur son antenne. Mais les temps sont plus durs que jamais pour la série de Dan Harmon, avec une audience quasi inexistante. La diffusion pour le moins chaotique (4 mois de hiatus) n’aide pas et nous a refilé un épisode « retour de vacances de Noël » en plein mois de mars.

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Seulement, on ne peut pas reprocher, et même aux fans de la première heure, d’avoir quelque peu déserté leur télé, cette saison 3 étant – disons-le – la plus faible. Cela reste bien meilleur – disons-le également – que bon nombre de sitcoms actuellement à l’antenne.

Les deux premières saisons avaient parfaitement réussi à gérer le fond et la forme : rendre les personnages intéressants et attachants tout en les plongeant dans des situations et des univers extravagants et originaux. En saison 2, on avait assisté avec bonheur à la vie du groupe, pas mal hors des murs de l’université, et avions réellement commencés à faire partie de la bande. Les scénaristes avaient également lancé des pistes narratives accrocheuses, notamment sur les romances. Mais voilà, côté histoires, cette année, c’est un peu creux. En marche depuis le dernier épisode la saison 1, la romance entre Jeff et Annie n’a toujours pas pris. Troy et Britta se sont tournés autour durant 22 épisodes sans avoir vraiment avancé. Shirley a été inexistante cette année, et ce n’est pas son projet de business avec Pierce qui viendra dire le contraire. Quant à Abed, officiellement nommé cult character cette année, il n’a existé que dans sa relation avec Troy.

Il vient alors un constat à la fois réjouissant et inquiétant : et si Community ne valait plus que pour ses épisodes « spéciaux » tels que les animations, les hommages, les parodies et les exercices de style ? En effet, dans cette saison 3 comme dans les autres, la série aura proposé un festival de pop culture comme il n’en existe nulle part ailleurs.

Après l’animation en pâte à modeler, l’immersion dans Donjons et Dragons ou le western-paintball en saison 2, Dan Harmon et son équipe ont encore bien joué avec nos souvenirs d’enfance et nos références télévisuelles. On dénombre pas moins de 7 épisodes (soit un tiers de la saison) entièrement dédiés à un univers particulier. On retiendra par exemple Chaos Remedial Theory (3.04), qui est un enchaînement de théories brillantes sur le sort du groupe en fonction de leur obligation à aller chercher des pizzas ou Regional Holiday Music (3.10) qui ravira tous les haters (et les lovers qui ont de l’humour) de Glee ; ce dernier nous offre au passage l’une des meilleures séquences de Community, tous épisodes confondus, avec le rap de Troy et Abed qui n’aurait pas démérité sur un album de Kanye West. À voir et revoir à l’infini également pour le clip, simplement grandiose.

La série délivre aussi un hommage à Law & Order, franchise emblématique de NBC créée par Dick Wolf, qui ravira tous les fans de procedurals. Le style est respecté à la virgule, l’ambiance est reconnaissable dès les premières secondes, et on en vient à se demander si Wolf n’aurait pas écrit l’épisode lui-même. Un tour de force brillant qui restera parmi les meilleurs de la série. Les geeks et les nostalgiques de consoles 8-bits ont, quant à eux, du particulièrement savourer Digital Estate Planning (3.20), réalisé en format Nintendo, là aussi suivant tous les codes des premiers Mario Bros et autres Final Fantasy (redémarrage au début de niveau, évolution des personnages, boss de fin de niveau, pixellisation maximale) ; pour ne rien gâcher, l’inquiétant Giancarlo Esposito (le Gus de Breaking Bad) était la guest star de l’épisode.

Malheureusement, sorti de ces specials, il n’y a pas grand-chose à se mettre sous la dent. Les apparitions de Dean sont toujours drôles, mais anecdotiques, et les quelques passages de John Goodman ne reflètent pas la moitié de son talent. Si on n’était pas indulgent, on appellerait ça du gâchis.

C’est donc un résultat en demi-teinte que nous propose cette saison de Community. Encore parsemée de belles fulgurances, voire d’éclairs de génie, la série n’est vraiment elle-même que quand elle ne parle finalement pas de ses héros.

Quoiqu’il se passe, Community arrive à une période charnière, qui plus est incertaine, puisque la saison 4 ne comportera pour l’instant que 13 épisodes, diffusés le vendredi. Pas de quoi rassurer les fans et leur slogan…

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  • Ecaz

    « et si Community ne valait plus que pour ses épisodes « spéciaux » tels que les animations, les hommages, les parodies et les exercices de style ? »

    Pour moi, la question ne se pose même pas. C’est bien évidemment tous ces éléments qui font de Community une série à part. C’est aussi pour ça que je trouve la saison 1 (qui ne décollera vraiment qu’en toute fin de saison) bien moins bonne que la 3.

  • Sharpshooter

    Une review de la saison 3 sans référence à l’exceptionnel diptyque « Digital Exploration of Interior Design »/ »Pillows and Blankets » (surtout le deuxième, qui pastiche les documentaires de TBS, à mon avis le meilleur épisode de l’histoire de la série), c’est impardonnable!

    Au-delà de ça, je suis d’accord avec certaines des réserves émises sur cette saison 3, notamment sur les relations entre les personnages qui font du surplace.
    Pourtant, j’ai beaucoup apprécié la radicalité de l’humour méta de cette saison 3 (et d’ailleurs l’histoire des épisodes spéciaux, ce n’est pas nouveau, les épisodes les plus populaires de la série sont les épisodes à thème comme les épisodes Paintball ou le pastiche des films de mafia). Remedial Chaos Theory est un modèle d’écriture, Documentary Film Redux est l’épisode que le personnage du Dean méritait tellement et l’épisode spécial « simulation de l’ONU » a battu celui du même genre qu’a offert Parks and Recreation, alors que celui-ci était déjà pas mauvais du tout (même si au final, la saison 4 de Parks & Rec fut meilleure que la saison 3 de Community).

    On n’égale sans doute pas la saison 2, mais il y a vraiment débat par rapport à la saison 1, qui met quand même presque une dizaine d’épisodes à décoller. Là, c’est l’inverse, avec un début de saison énorme et une baisse progressive, qui peut peut-être s’expliquer par les remous dans les coulisses comme l’affaire Dan Harmon/Chevy Chase.
    Et tout comme toi, la storyline sur l’école d’air conditioning a été le point faible de cette saison, ça n’allait nulle part, ce n’était pas super drôle et je suis triste de voir que la contribution de John Goodman à la série se fit sur un rôle au final aussi faible.

    Je reste satisfait de cette saison personnellement, et j’attends avec une pointe d’inquiétude la probable dernière saison l’année prochaine.

  • cha

    J’ai trouvé cette saison 3 très bonne, même si tout n’est pas mémorable et qu’il y a un véritable manque de prise de risque au niveau des relations entre les personnages. De toute façon même si on est devant un épisode moyen de Community c’est clairement meilleure que la plupart des séries comiques.

  • Thomas

    Du coup si on suit ton raisonnement, avec lequel je suis partiellement d’accord, pourquoi s’embêter à essayer de donner du fond aux personnages, quand il ne pourraient être que des supports géniaux à des digressions en tous genres. Au lieu de ça, quand la forme n’y était pas, les épisodes étaient moyens (et il y a dans cette saison) dans leur fond. C’est quand même bien dommage, car les personnages ont presque tous quelque chose à dire.

    Il manque une vraie prise de position, qui serait radicale, mais d’une audace folle (et sans doute suicidaire): ne faire plus que des épisodes spéciaux, puisque le reste ne marche plus. Une sorte de hara-kiri scénaristique, un feu d’artifice avant fermeture (puisque l’espoir est bien mince pour l’avenir)

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