Que vaut Conviction, la série judiciaire avec Hayley Atwell ?

Après avoir annulée Castle au bout de sa saison 8, ABC se devait de lui trouver une remplaçante. Ou tout du moins, une série pouvant dignement occuper la case horaire. Les responsables de la chaine américaine ont alors porté leur choix sur Conviction, qui arrive ce mardi 12 septembre 2017 en prime time sur TF1.

Si la création de Liz Friedlander et Liz Friedman n’est pas une série policière à proprement parler, sa formule lui permet d’en respecter la majorité des codes en nous délivrant une investigation par épisode.

Enfin, ABC souhaitait à l’évidence continuer sa collaboration avec Hayley Atwell qui délaisse le costume de l’Agent Carter (annulée après deux courtes saisons) pour endosser celui de la fille d’un ancien président américain à la forte personnalité.

L’erreur judiciaire

Bien que détentrice d’un diplôme de droit, Hayes Morrison se présente comme une femme intelligente, mais elle est loin d’être intéressée par faire respecter la justice. En tout cas, elle n’a aucun problème à briser les règles, ce qui la placera dans une position difficile permettant alors au procureur Conner Wallace (Eddie Cahill) de la faire chanter pour la pousser à prendre la tête du CIU qu’il a créé.

La CIU — Conviction Integrity Unit — a pour but de réexaminer des affaires où il y a un doute ou la possibilité d’une erreur pour déterminer si la justice a bien été appliquée.

Conviction se construit autour du fait que l’erreur est humaine et que des gens innocents sont régulièrement condamnés à tort. Pour assurer un rythme soutenu, l’équipe ne possède que 5 jours pour réexaminer un dossier et arriver à une conclusion.

Ce paramètre temporel a un impact plus limité qu’on pourrait l’imaginer sur la manière dont l’investigation est menée. En vérité, cela fige la structure d’un épisode et l’équipe créative ne joue pas tant que cela avec cet aspect de sa formule.

Au cas par cas

Avec une saison de 13 épisodes, Conviction souffre d’être bien trop consensuelle et bien pensante dans son propos. Si elle utilise ses protagonistes pour essayer de véhiculer différentes opinions, aucune ne parviendra vraiment à scandaliser et surtout, les positions de chacun évolueront dans la bonne direction dès lors que les preuves seront sous leurs yeux.

La série va alors là où on l’attend, se frottant aux thématiques classiques du genre — racisme, viol, misogynie, problèmes mentaux, peine de mort et Cie — sans parvenir à y apporter vraiment un regard incisif, dérangeant ou une réflexion plus poussée. Il est difficile de ne pas avoir la sensation que les scénaristes de Conviction possèdent une checklist de ce qu’ils voulaient passer au crible.

Le phénomène n’est pas limité à l’intrigue vu que l’équipe remplit un but similaire, chacun représentant un type de personnages bien distincts pour assurer que tous les points de vue soient couverts.

Une équipe un peu trop ordinaire

Hayes Morrison est alors l’incarnation du privilège, ayant par ailleurs eu le poste au détriment de Sam (Shawn Ashmore). Tess Larson (Emily Kinney) est la gentille blonde, paralégal de l’équipe qui tente d’exorciser le fait qu’elle a, lorsqu’elle était plus jeune, envoyé la mauvaise personne en prison. Frankie (Manny Montana) est le latino de l’équipe, un ancien détenu qui a trouvé sa vocation en prison et est le scientifique. Enfin, Maxine (Merrin Dungey) est une femme afro-américaine qui était détective avant de travailler en tant qu’enquêtrice pour le bureau du procureur.

Une investigation, une dose de conflits et quelques obstacles à surmonter, un zeste de romance sont les ingrédients de base d’un épisode de Conviction. Au fil des épisodes, certains problèmes personnels des membres de l’équipe prennent forme, mais sont continuellement abordés de manière superficielle malgré leur gravité palpable pour certains.

Si Hayley Atwell reste une tête d’affiche solide, l’incapacité des scénaristes à laisser les personnages secondaires prendre les devants pendant une période raisonnable les empêchent de vraiment s’affirmer et de rendre alors l’équipe plus solide. Les rapports de force établis n’évoluent pas ou finissent tout simplement par se dissoudre, étant résolu rapidement sans vraiment faire d’étincelles.

***

Au final, Conviction est une série qui se repose sur des éléments trop familiers et n’arrive pas à injecter un peu de fraicheur dans sa formule pour justifier l’investissement. Cela en fait une de ses séries qui se met au mieux en fond sonore pendant le ménage ou le repassage parce qu’on a de la sympathie pour son casting, mais dont on oublie les épisodes à la vitesse de l’éclair.

Conviction est le genre de séries qui nous rappelle constamment qu’il y a plus de 450 séries de produites et qu’il y a donc d’autres choses à voir.

Pas de saison 2 pour Conviction ! La série a été annulée par ABC après 13 épisodes.

Déjà publié en janvier 2017, cet article a été mis à jour et il est remise en avant à l’occasion de la diffusion française.
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