Annie Walker est une jeune recrue de la CIA qui est retirée de son entrainement pour assister dans une affaire nécessitant ses talents linguistiques. Elle doit échanger des informations avec un agent russe, mais celui-ci se fait tuer sous ses yeux.

Nouvelle série d’espionnage d’USA Network, Covert Affairs va irrémédiablement être comparée à Alias. Alors, au lieu de s’attarder là-dessus, reconnaissons que la série de J.J. Abrams a posé d’étranges bases à un genre télévisuel qui aurait bien besoin de s’en émanciper. Heureusement, les aventures d’Annie Walker optent pour un style d’histoires plus authentique – dans certaines limites –, mais ne renie pas l’héritage de Sidney Bristow pour autant.

Bref, Covert Affairs va, avec ce pilote, montrer qu’elle veut imposer sans tarder sa personnalité. Pour ce faire, il ne faut pas trop compter sur l’héroïne, mais sur l’environnement dans lequel elle évolue et qui est peuplé de personnages prometteurs qui, espérons-le, auront l’opportunité d’être rapidement développés.

Mais tout commence par une introduction d’Annie. Celle-ci est glorifiée à souhait pour nous vendre l’idée qu’elle peut faire le job. Elle ne va pas pour autant se montrer spectaculaire dès sa première aventure, car elle est débutante et n’a même pas fini son entrainement. Elle va commettre des erreurs et réalisera que la théorie n’est pas la pratique et que les règles ne sont pas faciles à maitriser. Le personnage se présente donc comme star en devenir, mais qui va prendre conscience des difficultés qui l’attendent.

Tout ceci se fera avec de l’action et du charme, histoire de fournir de manière régulière le divertissement basique que l’on attend.

À côté, nous avons les gens de la CIA – et un bon casting –, dont Auggie Anderson, technicien aveugle en charge d’Annie. Ce dernier va surprendre en s’imposant immédiatement comme étant un atout pour l’installation et la crédibilisation de l’univers. Certes, de ce côté-là, Arthur et Joan Campbell, les patrons à l’Agence, font le plus gros du travail avec une certaine poigne de fer, mais Auggie, en étant un personnage aux caractéristiques pourtant plus originales, parvient à nous introduire avec légèreté, mais détermination, à l’univers et à ses codes.

Il y a donc de bonnes choses à retenir dans ce premier épisode, mais ça ne veut pas dire que tout passe facilement. Annie sait être agaçante et, pour ne pas l’aider, elle se retrouve parfois dans des situations qui s’allongent un peu trop ou qui ne servent à rien. Le coup du repas avec le moustachu barbant est de trop, par exemple. De même, l’agent du FBI et le passage à la morgue, c’était dispensable. Ajoutons que l’histoire de l’amour perdu qui ne va malheureusement pas disparaitre immédiatement, est un peu trop lourde. Et pour finir, la musique et quelques scènes peu inspirées, comme le passage au bar après le boulot, ont tendance à attaquer la crédibilité de l’univers en lui donnant un arrière-gout ABC.

Bref, Covert Affairs commence en montrant qu’elle a du potentiel, bien plus que la promotion ne laissait transparaitre, mais elle a aussi ses défauts qui, cumulés, pourraient devenir nuisibles au plaisir procuré par le visionnage.

C’est du USA Network, c’est donc bien exécuté, pas forcément très ambitieux, mais orienté pleinement vers le divertissement. Il reste à voir si la série arrive à réellement imposer son style, à exploiter son potentiel, et si Piper Perabo tient la mesure sans devenir trop agaçante.