Étant la nouvelle dans le service, Annie est chargée du job que personne ne veut : écouter les fous et paranoïaques qui viennent raconter leurs histoires pensant aider leur nation. Au milieu de tout ça, une mère vient parler de la découverte de son fils qui mènera la CIA sur la piste d’un ex de l’IRA.

Annie est donc une membre active de la CIA, mais elle reste une débutante et la série compte bien explorer son inexpérience pour nous guider, avec elle, dans les méandres de ce dangereux métier.

En tout cas, elle a de la ressource, car à partir de la pire affectation du service, elle parvient à nous dégotter une affaire d’attentat liée à l’IRA. Annie commence en effet l’épisode en étant de corvée auprès des Walk-ins, ces gens qui viennent signaler tout ce qu’ils peuvent pouvant aider la CIA. Le concept est intéressant et probablement inspiré de quelque chose de plus ou moins réel, car ce second épisode se montre bien plus enclin à jouer sur l’authenticité de l’environnement de l’histoire qu’on aurait pu le croire avec le pilote. On a ainsi également droit à des réflexions sur l’administration et ses lenteurs, on poursuit dans les affaires de contrôle entre les services et on nous parle de protocoles.

Bien entendu, comme tout le monde le sait, le métier d’espion n’est pas réellement palpitant et il faut bien ajouter de l’action et des étincelles.

L’aventure du jour va donc permettre à Annie de s’associer avec un agent du MI-6, de fouiller un appartement, de se battre avec un agent ennemi, et de provoquer une petite explosion. Le tout ne se déroulera pas à un rythme effréné, mais ce n’est pas pour autant ennuyant. Le problème est par contre qu’Annie a besoin de se montrer un peu moins gentille et candide, car cela donne parfois une touche de niaiserie à certaines scènes – appuyée par une bande-son pas toujours inspirée. D’ailleurs, la storyline avec sa sœur, destinée à lui faire prendre conscience de la place de la famille dans sa nouvelle vie, manque cruellement de finesse et de profondeur.

À côté de ça, nous avons les Campbell qui travaillent sur leur couple et qui tentent de faire leur travail en restant amical. Ce qui n’est pas facile quand on nous introduit Jai Wilcox, agent renommé – joué par Sendhil Ramamurthy – qui est ajouté pour aider à creuser la storyline sur l’ex d’Annie. De ce côté-là, on n’en apprendra d’ailleurs pas plus, mais c’est peu étonnant, car on est dans une logique de mise en place. La série doit se mettre en route avant tout.

Quoi qu’il en soit, ce second épisode a ces défauts, mais a le mérite d’affirmer le style de la série. Annie n’est pas prête à parcourir le monde et risque de se retrouver plus d’une fois forcée de faire la basse besogne de l’espion moyen. Reste donc à voir jusqu’où la série peut aller avec cette approche.