Avec la conclusion de sa deuxième saison, Crazy Ex-Girlfriend confirme son statut d’ovni de la télévision et le talent de son équipe créative. Alors que la première moitié de saison pouvait laisser dubitatif, la série est revenue en forme de sa pause hivernale pour nous proposer de très bons épisodes et enfin de vrais enjeux en se recentrant sur son héroïne.

L’amitié, enfin au centre de la série

Le véritable cœur de Crazy Ex-Girlfriend, qui manquait d’ailleurs cruellement en début d’année, est l’amitié liant Rebecca (Rachel Bloom) et Paula (Donna Lynne Champlin). Parfois malsaine et souvent incomprise, cette relation entre l’avocate de prestige et mère de famille en quête de frissons a toujours été le moteur de la série et notre repère dans cet univers déjanté. L’égocentrisme grandissant de Rebecca avait cependant causé l’implosion de cette relation, rendant les épisodes déstabilisants et sans saveur.

Le recul aidant, Rebecca se rend finalement à l’évidence que Paula compte plus que son petit ego blessé. Elle va alors rabibocher cette histoire et prendre enfin au sérieux son rôle de soutien et d’amie. En faisant de Paula une priorité, elle prouve finalement qu’elle est peut-être capable d’apprendre et de s’améliorer, qualités par lesquelles elle n’avait jusque-là pas brillé.

En parallèle, d’autres duos de personnages sont développés, notamment Paula et Darryl (Pete Gardner) ou Rebecca et Valencia (Gabrielle Ruiz). Le comique de la série contraste avec la justesse des sujets soulevés quand il s’agit de rapports humains. Que cela soit l’impact de nos fréquentations sur l’image que l’on renvoie, le fait de faire passer une amitié avant son amour-propre ou les limites de la confiance à accorder à quelqu’un, Crazy Ex-Girlfriend aborde de nombreuses de problématiques intéressantes, souvent rapidement, mais sans tomber dans la facilité ou les stéréotypes.

Crises existentielles et remises en question

Cette saison 2 sonne l’heure du changement. Si certains personnages ont amorcé une reprise en main dès le début d’année, comme Darryl avec l’acceptation de sa bisexualité ou Paula qui reprend ses études de droit, la plupart ont traversé une période de flottement et de doutes. La diffusion étant maintenant achevée, certains reproches faits aux six premiers épisodes trouvent une justification au sein de l’ensemble. L’impression de tourner en rond ainsi que les prises de décisions impulsives et vides de sens préparaient en fait le terrain pour quelques bons retournements.

Le plus marquant – et inattendu – des choix revient évidemment à Josh (Vincent Rodriguez III). Jamais pleinement épanoui dans une relation amoureuse, compensant par le sport et autres activités viriles son manque de confiance en lui et insatisfait dans son job, il abandonne Rebecca devant l’autel pour… devenir prêtre. Surprenant mais pas si illogique, ce changement de cap est finalement très cohérent avec le personnage dont nous connaissions déjà les convictions religieuses et les valeurs. Osée, mais réussie, cette reconversion donne enfin à Josh un certain intérêt et nous laisse curieux.

Clinquantes nuances de folies

Il était difficile jusqu’ici de percevoir la mesure des troubles mentaux de Rebecca. Alors que la première saison nous montrait simplement un personnage névrosé et souffrant d’un besoin pathologique de reconnaissance et d’attention, elle disséminait déjà les indices de l’apparition de comportements bien plus inquiétants. Maintenant, le doute n’est plus permis, Rebecca est malade.

Le final nous dévoile un passé bien plus sombre que ce à quoi Crazy Ex-Girlfriend nous avait habitués, nous plongeant un peu plus dans le passé de Rebecca, internée après une rupture difficile, élément déclencheur de la dégradation de son état. On apprend au détour d’un flashback que, lorsqu’elle était au plus mal, elle s’imaginait déjà que les gens qui l’entouraient chantaient.

Cette excellente idée — qui n’est pas sans rappeler Sucker Punch de Zack Snyder sorti en 2011 — offre un nouveau niveau de lecture à la série musicale et lui donne beaucoup plus de cohérence dans son intégralité. La créatrice et showrunner, Aline Brosh McKenna, a exprimé ses plans d’explorer différentes facettes de la maladie de Rebecca chaque saison et semble orienter la série vers quelque chose de beaucoup moins léger l’an prochain.

La saison, et tout particulièrement sa fin, était très riche en bonnes pistes à explorer, que cela soit les projets de famille de Darryl et White Josh (David Hull), le personnage de Nathaniel (Scott Michael Foster) ou l’avenir du couple de Paula. Après un démarrage quelques fois laborieux, Crazy Ex-Girlfriend a su prendre une direction particulièrement intéressante et inattendue. On se donne donc rendez-vous l’automne prochain pour découvrir ce que nous réserve cette série si particulière pour la suite !

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