Les Experts ont lancé une révolution avant de se fondre dans le décor

CSI - Saison 1

L’histoire de CSI n’est pas unique. On pourrait même dire qu’elle est aux séries policières que ce qu’Urgences a été aux séries médicales. Elles sont arrivées, ont bousculé tout le monde et elles ont fait évoluer le paysage télévisuel américain qui a fini par se transformer de nouveau. Elles ont continué et sont devenues de simple élément familier que l’on tend à oublier.

Il fallait bien que les experts de Las Vegas prennent leur retraite et, comme pour les employés du County General Hospital de Chicago, cela s’est fait après 15 saisons.

Puisque CSI n’a pas eu l’opportunité de ramener ses figures emblématiques avant la conclusion, elle a le droit de le faire avec un ultime double épisode. Ce n’est pas un privilège accordé à beaucoup de séries, mais CBS lui devait bien ça, car elle ne serait pas où elle se trouve à présent sans l’équipe de Gil Grissom et les idées d’Anthony Zuiker.

Comme toutes les séries, celle-ci ne faillit pas voir le jour. Quand on sait comment fonctionne l’industrie, chaque hit apparait être né d’un miracle. Tout le système s’appuie sur ce qui pourrait s’apparenter, quand on regarde de l’extérieur, à une partie de cartes dans laquelle chaque joueur suivrait des règles différentes. Le simple fait qu’un pilote convenable puisse arriver jusqu’à nous est bien souvent un coup de chance. Qu’une série révolutionnaire en découle n’est certainement pas quelque chose de calculé.

Dans le cas de CSI, c’est en grande partie la volonté de William Petersen à faire cette série en particulier qui fut déterminante. L’acteur et sa sympathie pour Zuiker furent une force imprévue, le reste n’a été qu’une question de timing.

Au point de départ, bien entendu, le hasard jouait déjà un rôle clé. Anthony E. Zuiker n’est tombé sur l’émission The New Detectives sur Discovery Channel que parce que sa femme insista pour qu’il y jette un coup d’œil. Il a vendu son idée à Jerry Bruckheimer qui s’est tourné vers ABC qui décida de ne pas sélectionner le projet. Jamais auparavant le producteur n’avait rencontré un rejet de la part d’un network. Convaincre CBS ne fut pas forcément évident, mais cela prit. Par la suite, le timing fut un peu catastrophique et après que William Petersen se soit joint au projet, d’autres challenges de taille se sont présentés.

L’histoire est longue et pleine d’improbabilités. Beaucoup de gens à convaincre et un manque de temps qui fit que seul Danny Cannon était disponible pour réaliser le pilote et créer son identité visuelle. À l’époque, il était simplement le réalisateur de Judge Dredd et de Souviens-toi… l’été dernier 2, rien qui mettait en confiance. Ajoutons qu’il fallait trouver un showrunner pour aider Zuiker qui n’était qu’un débutant à la télévision et c’est donc Carol Mendelsohn qui a été engagée après sept ans passés sur… Melrose Place.

D’autres obstacles suivirent, le dernier était bien entendu le fait que Leslie Moonves était indécis et n’a pas finalisé sa grille pour la saison 2000-01 avant la dernière minute. CSI n’était clairement pas le show sur lequel CBS misait. À la place, la comédie Bette avec Bette Midler était plébiscitée, comme le remake de The Fugitive avec Tim Daly. La petite histoire veut que ce soit Phil Rosenthal (de Everybody Loves Raymond) qui ait fait pencher la balance pour Les Experts. Invité à apporter son aide pour l’écriture du discours de présentation aux Upfronts, il n’était là qu’en tant que consultant pour fournir des blagues, mais Moonves lui demanda son avis sur deux extraits de pilotes. Le premier était Homewood P.I., un cop show assez traditionnel avec Tony Danza, et le second était donc CSI. Il fut bien plus réceptif à ce dernier et Moonves pris en considération ses commentaires.

CSI - Grissom et Willows

Forcément, on sait à présent qu’il a fait le bon choix, comme il le fera avec Survivor, l’autre programme qui remit CBS sur les devants.

Le plus dur était fait, une fois que des problèmes financiers furent réglés. Le reste n’était pas sans surprise pour autant. Les audiences époustouflantes de la série le vendredi soir à 21 heures, le fait que la chaine pris le risque de réviser sa soirée du jeudi pour partir à l’attaque de NBC qui dominait à l’époque.

CSI et Survivor lancèrent une révolution, propulsant les réal TV et les productions Bruckheimer sur les devants dans les années qui suivirent. Les séries policières ne seraient plus jamais les mêmes sans la police scientifique qui fit rapidement des petits.

Pendant 7 saisons, la série de Zuiker rassembla une moyenne dépassant les 20 millions de téléspectateurs par semaine et elle occupa une place dans le top 10 des séries les plus regardées pendant une décennie. Arrivée à ce stade, elle resta populaire, mais son audience vieillissante et ses coûts de productions ne lui garantissaient plus une existence très longue. Cela dit, CSI est un show au succès international et qui est très profitable en syndication, deux éléments qui lui ont permis d’atteindre les 15 saisons au bout du compte.

Bien entendu, la qualité n’était pas du même niveau à la fin, mais ses premières saisons tiennent encore vraiment bien la distance aujourd’hui. Le problème de la franchise est en quelque sorte ce qui fit sa force, sa dévotion pour sa formule au détriment de ses personnages. Ceux-ci sont progressivement devenus interdépendants avec la dynamique du show et, aussi efficace que fût la formule à ses débuts, sa rigidité devint un handicap que le casting s’est efforcé de compenser. C’est là que le départ de William Petersen s’est avéré problématique, car il était le chef d’orchestre et la mécanique n’était juste plus la même sans lui.

Pendant ses années à la tête des CSI, la série établit une connexion avec le public qui assura sa pérennité. Bien entendu, ce sont sa formule et son approche technique qui eurent un réel impact sur l’évolution de la télévision aux débuts des années 2000. Les Experts laissa une trace permanente de son passage, même après que Lost ait remis à la mode les shows développés autour d’une forte mythologie.

Aujourd’hui icône d’une époque presque lointaine pour certains, CSI a eu une influence non négligeable sur la révolution à présent célébrée des séries TV. Sa conclusion arrive un peu tard, comme c’est souvent le cas avec les séries de network qui ont été un minimum importante, mais sa longueur est également un accomplissement à ne pas négliger. Rares sont les séries qui atteignent les 337 épisodes.

Le plus triste est certainement que la franchise ne s’arrête pas là, que CSI : Cyber reste pour ternir l’héritage de la série mère, rappelant un peu trop que CBS n’est plus la chaine que CSI aida à remonter la pente. Avec en plus Nina Tassler qui quitte le network, elle qui fut l’une des premières à se battre pour mettre la série policière à l’antenne, c’est une page qui se tourne. Une autre révolution est probablement en train de germer quelque part et peut-être que le hasard lui permettra de réellement voir le jour, comme cela s’est produit il y a 15 ans.

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