Gil Grissom et Jim Brass enquêtent sur un suicide qui va rapidement se révéler être un meurtre. C’est le premier jour de travail pour la jeune Holly Gribbs qui va commencer par relever des empreintes. Nick Stokes et Warrick Brown sont en compétition pour une promotion. Le premier qui résout la prochaine affaire a gagné.

Quand nous avons créé la section « Pilote Rétro », nous avons établi que pour entrer dans la catégorie, la série devait avoir au moins 10 ans. À partir d’aujourd’hui, c’est le cas pour CSI. En France, la série est arrivée l’année suivante, un dimanche 25 novembre dans l’après-midi.

Quoi qu’il en soit, pour fêter l’anniversaire de la série, voilà un petit retour sur comment cela a commencé. Il y a d’ailleurs toute une histoire derrière la création de la série, car il y en a une derrière chaque hit. Le fait est que, comme tant d’autres, elle a failli ne pas voir le jour, et cela s’est décidé à la dernière minute – lors des upfronts de CBS en mai 2000. À ce moment-là, la chaine lança une révolution qui lui permit de sortir de son image de network pour les anciens, enfin, Survivor aida également beaucoup.

Mais c’est le pilote de CSI qui nous intéresse ici, pas l’histoire de CBS.

En bientôt 10 ans, la série n’a jamais véritablement quitté nos écrans et ce premier épisode fut de nombreuses fois rediffusé. Je l’ai alors revu à plusieurs occasions, notamment avec les DVDs que j’ai dépoussiérés pour réaliser cette critique. Je connais donc bien cet épisode, mais le temps passant, j’ai quand même été interpelé par quelques détails d’ordre technique.

Tout d’abord, la bande-son a pris de l’âge, gardant son style très fin des ‘90s, manquant légèrement de subtilité. Certains effets qui font désormais parti de la marque de fabrique du show sont tout de même déjà présents.

Mais c’est au niveau de l’histoire, et surtout des personnages, que l’on constate les effets du temps. Le prégénérique est un peu bâclé et ne met pas trop en avant la hiérarchie dans l’équipe, bien que l’utilisation de lignes de dialogues pas très fines permette de marginaliser immédiatement les CSIs. Ça et le fait que Grissom commence directement par nous sortir un de ses insectes, ce qui renforce l’aspect scientifique.

Il est aujourd’hui difficile de se replacer dans les conditions de la découverte de la série, mais il faut quand même rappeler qu’à l’époque, la police scientifique n’était pas un joueur majeur dans les séries policières, bien au contraire. L’originalité est donc dans le cœur même du concept. Ce que le pilote fait assez bien, c’est définir qui sont les CSI et ce qu’ils sont censés faire. De plus, le nombre de personnages offre l’opportunité d’explorer différents types d’investigations.

Ce n’est pas exhaustif, mais on peut ainsi rapidement placer qui fait quoi et, surtout, on comprend aisément ce qui définit la personnalité des enquêteurs. Il y a des traits un peu forcés (pour Warrick surtout), et il y aura des réajustements par la suite – notamment pour Grissom qui prendra le poste de Brass –, mais le principal est là.

Autre point intéressant, pour débuter, toutes les enquêtes ne seront pas résolues. L’affaire sur laquelle travaille Grissom, par exemple, aura le droit à une suite, mais dans ce pilote on reste sans réponse. Pour Nick et Warrick, on ira par contre jusqu’au bout. Pour le premier, on peut dire que c’est anecdotique, mais quand même typique de Las Vegas comme enquête. Pour le second, le tueur est évident et les preuves, aussi maigres soient-elles, joueront leur rôle. Grissom aura d’ailleurs l’occasion à plusieurs reprises d’énoncer les grandes règles du métier selon lui. Une ligne directrice qui sera suivie durant des années.

Bref, il nous reste aussi Holly Gribbs, car Sara Sidle n’arrivera que dans le second épisode et Holly est la nouvelle qui se fait tirer dessus à la fin de ce pilote. Un évènement qui est dû au fait que le président de la chaine trouvait que Chandra West était trop belle pour la série. Elle a donc été éjectée, mais cela servira tout de même l’histoire.

Donc, globalement, ce premier épisode est assez dense. Il en montre beaucoup et aurait certainement gagné à être légèrement plus long, mais parvient quand même à ne pas souffrir de cela. Certes, il y a de légères ellipses afin de gagner du temps, mais les personnages sont assez bien écrits pour ne pas tomber dans la caricature et ainsi délivrer une introduction de bonne facture. En tout cas, il y a de quoi être accroché. À l’époque, je ne doutais pas du fait que j’allais être devant ma télé la semaine suivante.

En tout cas, ce pilote annonçait une série moins attachée à sa formule qu’elle ne se révèlera l’être et c’est probablement ce qui, 10 ans plus tard, surprend le plus – dans une certaine mesure. CSI commençait sur une bonne note et, replacé dans la conjoncture de l’époque, c’était réellement innovant et rafraichissant. Le temps n’aidant pas – ainsi que les multiples rediffusions –, le revisionnage n’est pas aussi enthousiasmant qu’on aurait pu le croire, mais c’est probablement également dû au fait que la série est toujours en diffusion, ça annule l’effet de la nostalgie.