Damages – Saison 2

Après le succès du procès contre Frobisher, Patty Hewes profite de la notoriété et de l’argent qui l’accompagne pour tenter de créer un fond d’aide aux New-Yorkais dans le besoin. Ellen veut se venger et son association avec le FBI ne donne pour le moment aucun résultat. Alors qu’ils montent un plan pour la faire tomber, Daniel Purcell, un fantôme du passé de Patty, va venir tout bouleverser en emmenant une affaire que l’avocate ne pourra pas refuser.

Pour sa seconde saison, Damages revient avec une affiche encore plus prestigieuse que la première, ce qui paraissait pourtant difficile. L’histoire reprend quelque temps après que le dossier Frobisher ait été conclu et nous introduit alors rapidement les nouveaux joueurs, même si d’autres viendront s’ajouter par la suite. Daniel Purcell – interprété par William Hurt – arrive avec des documents mystérieux et un passé commun avec Patty qui l’est tout autant. C’est donc par lui que « l’affaire » de la saison fera son entrée. Malheureusement, celle-ci tardera trop à se préciser. En fait, c’est même là un souci majeur qui handicapera une partie des épisodes, car rarement les avocats vont agir comme tels. La raison de tout ceci est simple et se confirmera rapidement avec les flashforwards de la saison : tout se base sur Ellen contre Patty. Le reste, ne sera source que de prétextes, de faux-semblants, de double jeu, de matériaux pour créer des dommages collatéraux, et surtout, pour tenter d’entretenir une ambiance paranoïaque.

Ainsi, Ellen a une arme à feu et elle tire. Voilà ce qui se produira, ou plutôt, ce qui se déroulera à la fin. Les scénaristes n’ont malheureusement pas du tout géré ce petit « truc » scénaristique qui avait permis  de tant nous désorienter durant l’investigation sur la mort de David. Non, ici, il s’agit juste de nous teaser sur ce qui va se passer, tenter de faire fonctionner notre imagination sur du vent. Et, après tout, on n’aura finalement pas grand-chose d’autre à faire. L’affaire UNR, les magouilles politiques et économiques, le FBI, tout ceci trouvera difficilement un sens et on pourra presque regretter que les restes de l’affaire Frobisher, toujours menaçants, ne soient pas plus développés, car eux, ils sont concrets.

À vouloir être trop maline, Damages ne perd pas en clarté, mais en consistance. Et, malgré cela, la construction des épisodes va se montrer bien plus équilibrée que durant sa première saison qui souffrait d’un rythme trop saccadé. Ici, cela avance à une vitesse continue, ni trop vite, ni trop lente. Il est donc dommage qu’il n’y ait que si peu de choses à raconter. Ce ne sont pas les idées de bases qui manquaient, c’est juste que leurs développements n’étaient pas assez pensés. Ce qui illustre le mieux cela sera la chute de toutes les histoires qui tient dans un mouchoir de poche. La fin est brusque, mais convenue, et surtout, elle permet à tout le monde d’avoir droit à ce qu’il lui est dû. Le défaut qui ressort quand tout se produit, c’est que l’on a tourné en rond depuis le début de la saison pour obtenir presque une happy end. Un manque de cynisme qui ferme beaucoup de portes, et qui laisse un léger gout d’inachevé.

Sans être désagréable à suivre, cette seconde saison de Damages est finalement pénalisée par sa trop grande ambition qui, ici, ne va faire qu’entretenir des attentes qui n’avaient pas réellement lieu d’être. Ellen veut savoir la vérité, et que ce soit Patty elle-même qui la lui serve. Voilà de quoi il s’agit vraiment, et il n’y avait pas forcément besoin de tout compliquer pour nous fournir ce long épilogue de la saison 1. Une troisième est toujours au programme, peu de pistes sont laissées cette fois, et c’est surement mieux ainsi. À suivre, donc.