Dark Saison 1 : Un village allemand pas comme les autres

14 Déc 2017 à 16:00

Netflix n’en finit plus d’étendre son offre et propose avec Dark sa première production germanique. Fruit de la collaboration entre Baran bo Odar et Jantje Fries, cette saison se compose de 10 épisodes d’approximativement 1 heure chacun qui nous plongent en 2019, au cœur de la petite ville de Winden, située à proximité d’une centrale nucléaire en fin de vie. L’intrigue commence avec la disparition d’enfants, faisant écho à une affaire vieille de 33 ans.

Éclaircissons un point dès maintenant : non, Dark n’est pas le nouveau Stranger Things. Bien que la série ait été vendue comme tel, et que la grande majorité des articles et critiques la présente ainsi, les similitudes s’arrêtent au village glauque, aux couleurs froides et à la disparition d’un enfant. Les thèmes, l’ambiance, la construction de l’intrigue et l’utilisation même du surnaturel n’ont rien à voir ; il y a fort à parier que cette fausse bonne idée de marketing va fortement porter préjudice à la série qui risque de passer à côté de son public.

À travers les époques, une intrigue passionnante et complexe

Difficile d’expliquer à quel point Dark vaut le coup sans gâcher le plaisir de la découverte qui fait partie intégrante de sa réussite. Comme les premières minutes du pilote le laissent entendre, le voyage dans le temps est un élément central de la série qui va aborder ce problème avec rigueur. Entièrement basées sur les théories d’Einstein, les lois régissant les allées et venues dans le temps sont très codifiées et établissent un cadre clair pour le spectateur.

Bien que la série prenne le temps pour poser ses enjeux et ses règles, elle parvient à intriguer instantanément. Dark est en vérité construite comme un puzzle et l’on découvre des indices au fil des épisodes. Cette structure pousse alors à rester attentif et maintient en haleine tout du long. L’histoire n’est naturellement pas exempte de twists ayant différents buts. Si certains prennent vraiment par surprise, d’autres sont présents pour flatter notre ego de fins observateurs.

Il ne suffit pas de savoir comment, mais surtout quand.

Une véritable réussite visuelle

Ambitieuse sur un plan narratif, Dark l’est aussi sur un plan technique. Le travail effectué sur le choix des couleurs et l’ambiance participe à s’immerger dans les différentes époques représentées à l’écran. Des posters aux accessoires, en passant par les publicités et les coupes de cheveux, rien n’est laissé au hasard pour éviter autant que possible les stéréotypes.

Les nombreux plans-séquences et la mise en scène jouent sur les symétries et la binarité, servant l’idée de répétitions cycliques au cœur du scénario et faisant de subtils liens entre passé et présent. Dark profite au mieux du budget important qui lui a été alloué et fait de la science-fiction presque dénuée d’effets spéciaux, mais avec une vraie recherche visuelle et beaucoup de classe. À noter également, le générique onirique rappelant le test de Rorschach est d’une beauté minimaliste à couper le souffle.

Un ensemble convaincant… mais pas sans quelques faux pas

Malheureusement, Dark va parfois trop loin dans son envie d’avoir une identité visuelle unique et certains paris ne s’avèrent pas payants, notamment les effets sonores. Vocalises, cuivres, sons aigus, ce qui était intrigant pendant quelques épisodes devient insupportable et oppressant en fin de la saison. La bande sonore étant en plus particulièrement présente, cela a tendance à agacer et sortir du contexte.

Malgré un casting impeccable et de superbes prestations, la série souffre également de posséder une trop large palette de personnages. Courage à celui qui voudra retenir tous les noms – allemands – et suivre les actions des héros à travers les époques. Hormis Jonas (Louis Hofmann) qui s’impose comme le pilier de l’histoire, il est difficile de s’attacher à qui que ce soit. Dark demande à son public de se laisser porter, et lutter serait passer à côté de l’essence de série qui est plus un conte basé sur un concept qu’une histoire de personnages. Cette approche ne plaira définitivement pas à tout le monde et laissera de nombreux téléspectateurs de marbre.

Maitrisé d’un bout à l’autre dans sa première moitié de saison, il est à noter que Dark s’essouffle durant les épisodes 6 à 8 avant de mieux repartir pour sa conclusion. Ce petit contretemps n’enlève rien à la réussite générale de la saison, mais laisse dubitatif quant au final un peu précipité. La série parvient à conclure une majorité des intrigues établies sans oublier de relancer les enjeux en vue d’une éventuelle suite, peut-être de façon brutale sur les dernières minutes.


Grâce à une impeccable réalisation et un récit fouillé, Dark se révèle être une série fascinante qui approche ses thématiques avec intelligence. Malgré quelques écueils, il est aisé de passer outre pour se laisser emporter dans ce qui s’apparente à un conte énigmatique qui ne peut pas laisser indifférent.

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