Dead Like Me : La vie après la mort et autres petits tracas… il y a déjà 15 ans

27 Juin 2018 à 15:00

Dead Like Me

Au début des années 2000, Showtime était une chaine qui tentait de percer dans le registre des séries avec de la science-fiction et des shows fantastiques. Cela était sur le point de changer, mais avant cela, il y a aujourd’hui tout juste 15 ans, la chaine lança Dead Like Me. C’est donc l’anniversaire de la mort de Georgia « George » Lass (Ellen Muth) qui a été percutée par la lunette des toilettes de la station Mir.

C’est indéniablement un point de départ qui donna le ton pour la suite qui oscillera ainsi entre drame et comédie. Un mélange qui alimenta deux saisons et un film directement sorti en DVD quelques années plus tard qui servit de conclusion. Au lieu de parler de la fin, revenons au commencement de cette création de Bryan Fuller.

Derrière Dead Like Me se cache donc l’idée d’explorer la vie à travers la mort. Si George décède dès le premier épisode, ce n’est en réalité que le début pour elle. Au lieu de rejoindre l’au-delà, elle apprend qu’elle est devenue une grim reaper, une faucheuse qui doit collecter les âmes de personnes condamnées juste avant que la mort ne les frappe à leur tour.

La jeune femme découvre très vite que son après-vie est aussi soumise à un certain nombre de règles, qu’elle les apprécie ou non. Elle doit alors se plier aux consignes de Rube, chef de la division des faucheurs à laquelle elle appartient et qui va devenir une sorte de mentor, une figure paternelle pour elle autant que pour ses « collègues » morts. Magnifiquement interprété par Mandy Patinkin, Rube est plus que cela encore, il s’imposera à sa façon comme étant l’âme de la série, ce qui se ressentira fortement dans le téléfilm duquel il est absent.

Dead Like Me se présente en grande partie comme un voyage initiatique pour George qui prend soudainement conscience de la valeur de ce qu’elle possédait maintenant qu’elle l’a perdu. La jeune femme va alors expérimenter, découvrir et devoir prendre ses responsabilités. En somme, George doit grandir et devenir adulte – avec ce que cela implique de joie et de peine.

Bien évidemment, cela ne se fait pas sans douleur, le deuil étant un sujet prédominant dans la série – que ce soit pour George ou sa famille. Les Lass ont perdu leur ainée et cela a modifié à tout jamais la dynamique familiale. Celle-ci doit alors aussi être détruite pour renaitre, ce qui est avant tout exploré à travers la relation entre la mère Joy (Cynthia Stevenson) et sa fille restante, Reggie (Britt McKillip). Cette approche s’affirme comme une extension des thématiques du show, bien que ce qui en découle ne soit pas toujours concluant sur le plan créatif.

Sans conteste, Dead Like Me trouve sa plus grande force auprès du groupe de faucheurs mené par Rube. Ils évoluent dans un monde avec une réglementation stricte qui, dès lors, n’est pas si éloignée que cela de la vie en général. De plus, les grim reapers ont aussi encore beaucoup à apprendre ou à gérer. La série offre à ses protagonistes des personnalités affirmées qui ne sont pas dénuées de complexité. Par delà le ton parfois autoritaire et sans concession de Roxy (Jasmine Guy) se cache une femme qui a été trahie ; l’irresponsabilité et la nonchalance de Mason (Callum Blue) dissimulent une véritable sensibilité ; Daisy (Laura Harris), qui arrivera au bout de 6 épisodes, camoufle son insécurité derrière l’image qu’elle veut renvoyer aux autres.

Comme tout le monde, les faucheurs doivent donc faire la paix avec leurs rêves irréalisés, leurs échecs et leurs morts pour progresser. Ainsi, George doit accepter qu’elle a perdu ses proches pour pleinement embrasser Rube et les siens qui sont maintenant sa famille et son avenir.

C’est avec eux qu’elle évolue, ce qu’elle fait aussi en travaillant à Happy Time, société qui se charge de trouver du travail à ceux qui n’en ont pas. George se lie d’amitié avec sa supérieure Delores (Christine Willes) qui l’aidera à réaliser certaines de ses erreurs qu’elle continuera parfois à reproduire dans ce qu’on peut appeler sa seconde vie. Le tout étant fait régulièrement avec un second degré très inspiré.

Terminée depuis maintenant plus d’une décennie, Dead Like Me mérite d’être déterrée, et pas seulement à l’occasion de Halloween. Durant ses deux courtes saisons, elle a en effet su construire un univers qui aborde la mort de manière décalée à l’aide de personnages attachants et d’un ton léger et subtil, sarcastique et honnête. Une belle façon de mettre en scène ce qu’être en vie signifie.

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