Vendredi 27 août 2010 à 7:44 - 5 commentaires

Deadwood (Série Complète)

 Deadwood (Série Complète) Deadwood (Série Complète)par Fabien.

Série créée par David Milch pour HBO, Deadwood fut diffusée sur 3 saisons – soit 36 épisodes – de 2004 à 2006.

Western se déroulant entre 1876 et 1877 à Deadwood, dans le Dakota du Sud, et se base sur des faits et des personnages réels – bien entendu, des éléments de fictions sont injectés.

Après la troisième saison, la série a officiellement été annulée, même si 2 téléfilms ont été envisagés comme conclusion. Ils ne verront jamais le jour.

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Voici donc un retour sur la série complète via trois bilans, chacun centré sur une saison du show.

Deadwood – Saison 1

Deadwood Season 1 Deadwood (Série Complète)

1876. Seth Bullock quitte le Montana avec son ami Sol Star pour ouvrir son business à Deadwood, Dakota du Sud. Ce camp formé depuis 6 mois en toute indépendance qui va devoir faire face à l’agrandissement constant de sa population et à l’évolution politique qui va place Al Swearengen, son leader officieux au cœur de beaucoup de tourments qu’il se crée souvent lui-même.

Série HBO lancée en 2004, Deadwood s’inspire de l’histoire du lieu avec ses figures et ses évènements, y injectant une part de fiction. Aux commandes, David Milch, connu pour son travail sur NYPD Blue, qui prend en charge la création, la production, et qui va signer presque l’intégralité des épisodes.

Comme beaucoup de séries de la célèbre chaine câblée, Deadwood s’adresse à un public adulte et, dans le cas présent, il n’y a pas de place pour le doute. Entre le langage imagé qui ferait passer Ozzy Osbourne pour une poète, les morts violentes qui se suivent sans vraiment trouver une fin et l’ambiance de duperie et de danger qui règne en maître, on peut difficilement ce tromper.

Malgré tout, au dessus de cette atmosphère crasseuse se tissent des relations humaines qui vont souvent naître par nécessité. Tout le monde a besoin d’alliés, car il y a des ennemis pour tous. La soif de pouvoir n’est rien comparé à celle de l’argent, et tout est prétexte à escroquerie. Milch ne donne pas une âme qu’à ses personnages, mais également à la ville qu’il construise et qui va, finalement, être plus qu’un théâtre, mais une raison de vivre et de tuer.

Le principal reproche qu’il est possible de formuler n’est pas dans le fond, mais dans la forme. Avec tous ses rustres qui peuplent l’image, les intrigues se montrent bien souvent développées de façon trop cérébrale. Al Swearengen est certes un homme intelligent,  mais on se demande comment ceux qui l’entourent arrivent à suivre son rythme de réflexion. C’est sûrement les « cocksucker » qui s’intercalent entre chacune de ses phrases qui leur permettent de rattraper le train en route, mais c’est quand même une théorie un peu douteuse.

Bref, rien de bien handicapant, car c’est surtout là que se trouve l’attrait des intrigues de la série. Quels seront les prochains sales coups qu’Al devra gérer ou fomenter, et comment ceux dont nous suivons l’évolution dans ce camp pourront jouer un rôle dedans. Dans la majorité des cas, cela se fera même sans qu’il n’y ait contact, les dommages collatéraux sont légion et les futures victimes n’étaient pas forcément destinées à le devenir. On peut même se demander comment les gens pouvaient survivre si longtemps à l’époque, et surtout, qu’est-ce qui pouvait bien pousser un homme comme Seth Bullock, animé par un sens exacerbé de la justice, à continuer à traiter avec toutes sortes de criminels dans un lieu où il ne paraissait pas avoir sa place. Il finit par en trouver une qu’il ne voulait pas, mais Deadwood semble encourager ses habitants à lutter plus que de raison contre l’inévitable.

Cette première saison de Deadwood impose son rythme et son style, un ensemble qui la rend addictive, alors que l’on ne s’y attend pas forcément.

Deadwood – Saison 2

Deadwood Season 2 Deadwood (Série Complète)

Les mois ont passé, le camp s’est organisé, mais le gouvernement et des intérêts extérieurs vont venir semer le désordre au moment où Al Swearengen va être au plus bas de sa forme. La relation entre Alma Garret et Seth Bullock va être perturbé par la femme de ce dernier qui vient d’arriver au camp.

Al Swearengen est plus qu’un protagoniste dans Deadwood, c’est aussi l’âme et le moteur de la série. Du coup, après qu’il se soit retrouvé agonisant dès le début de cette seconde saison, le reste n’a plus suivi. Le rythme imposé par la première saison se retrouve péniblement, car les personnages donnent l’impression d’être lâchés chacun de leur côté, ne se reliant les uns aux autres que par des liens qui se transforment peu à peu en vestige. C’est un peu comme si, en mettant Al en retrait, tout était devenu fade.

Voilà que le premier des idiots se met à faire des monologues dans lesquels il va travailler perception et formulation, tandis que d’autres errent sans s’en rendre comptent, privés de buts tangibles. On pouvait parler de théâtralisation inappropriée occasionnelle au cours de la première saison, mais, avec cette seconde, on dépasse cela de beaucoup, frôlant parfois le ridicule. Trop de manières, trop de dialogues pour savoir comment dialoguer, trop de discours sur l’interprétation des discours. Bref, Deadwood a perdu ce qui la rendait consistante et ce qui permettait que l’on fasse fi de ses défauts, les laissant ici prendre les commandes. Le visionnage provoque l’ennui quand il n’est pas pénible. La première demi-saison est ainsi plus une épreuve qu’autre chose.

Heureusement, Al Swearengen, toujours aussi brillamment interprété par Ian McShane, va revenir nous chanter ses « cocksucker » à vive voix, et avec sa convalescence éclaire va renaitre Deadwood, la ville et la série. Certes, cela ne se fera pas, là encore, sans douleur, mais le roi reprend son trône, et les protagonistes paraissent revivre en même temps que les intrigues. Ce qui n’avait pas de sens en acquiert, ceux qui parlaient trop, le font moins, et le rythme se réinstalle.

Il y a donc eu beaucoup d’erreurs en ce début de saison. Toutes ne seront pas rattrapées, loin de là, mais suffisamment de consistance sera donnée aux diverses storylines, pour leur permettre de rebondir et d’atterrir convenablement.

Le principal souci dans l’écriture de cette seconde saison et qu’elle s’est trop attardée à développer des situations ponctuelles sans tenants ni aboutissants. Certes, on pourrait argumenter sur ce que gagnent là les personnages en terme d’évolution, mais ce n’est que rarement le cas, car beaucoup de scènes débutent avec une fin prévisible, mais traînent excessivement à l’atteindre, non pas en faisant des détours inutiles, non, en pratiquant simplement le surplace.

Dans tout ça, l’intrigue véritablement intéressante qu’est l’annexion de Deadwood, va peiner à prendre forme. Mais surtout, elle se noie dans la confusion créée par toutes ses discussions sur la sémantique. Si tout le monde ne cherchait pas tout le temps à discourir sur ce que chacun veut vraiment dire, cela aurait sûrement été plus simple à faire aboutir.

Une saison 2 qui se révèle donc en deçà des exigences qualitatives que l’on était en droit de formuler à la suite de la première. Heureusement, les derniers épisodes montreront une reprise en main des plus efficaces, avec une bonne gestion des personnages et des problèmes de l’histoire. De quoi reprendre confiance pour la suite.

Deadwood – Saison 3

Deadwood Season 3 Deadwood (Série Complète)

George Hearst s’installe au camp et amène avec lui la crainte et la violence. L’homme va s’élever à la hauteur de sa réputation et d’un bout à l’autre de Deadwood, on attend qu’il fasse son premier mouvement pour préparer la contre-attaque.

Dès le lancement de la saison, il apparaît clair que si la précédente fut longue à se mettre en route, il n’en sera rien là, bien au contraire. Avec George Hearst qui se met à l’aise, l’annonce d’élections et la maladie d’Alma Ellsworth, il y a de quoi occuper les principaux protagonistes. D’ailleurs, la storyline avec Hearst sera le cœur de la saison, s’imposant sur les devants de la scène jusqu’à la fin et servant de source à la majorité des évènements qui vont venir perturber les vies d’Al Swearengen et de Seth Bullock.

Donc, George Hearst qui est arrivé à Deadwood en fin de saison 2, s’est installé et a des projets. Le problème est de véritablement cerner la finalité de ceux-ci. Si tout le monde dans la ville semble ressentir la menace qu’est cet homme, le méprisant même très fortement, il va par contre nous falloir un peu de temps pour que l’on puisse pleinement percevoir ce que l’entrepreneur compte utiliser comme moyen pour atteindre ses fins. Certes, nous avons déjà eu à faire à ses hommes de main, mais Gerald McRanney n’est pas un acteur qui inspire la crainte et son interprétation tout en nuance d’Hearst va permettre aux scénaristes de jouer avec les différents degrés de cruauté dont il se montrera capable.

En face de lui, Al Swearengen va immédiatement s’imposer comme l’opposant en titre et va en payer le prix, ce qui le poussera à être plus subtil et à devoir garder un œil sur ses troupes, Bullock en tête. Avec un ennemi commun, l’association Swearengen/Bullock prend une certaine importance, surtout quand on connaît le caractère instable du shérif. Au milieu de tout ça, Cy Tolliver tente de trouver sa place et, avant tout, de ne pas se faire tuer. D’ailleurs, avec Hearst dans le coin, tout le monde semble être en sursis.

Si toute cette affaire occupe la plus grosse partie du temps, la multitude de protagonistes présents dans la série se trouve alors moins exploitée.

Ainsi, Alma Ellsworth (ex-Garret) va tarder à réellement trouver son rôle dans les affaires d’Hearst, malgré le fait qu’il désire acquérir sa concession. Vu la prépondérance du personnage dans les saisons précédentes, sa mise en retrait et son installation dans des intrigues secondaires un peu répétitives se ressent plus que pour d’autres. Joanie, par exemple, semble ne plus avoir grand-chose à faire là, mais trouvera quand même de quoi être développée grâce à sa relation avec Calamity Jane qui aura le mérité d’apporter un peu de douceur dans cet univers plutôt brutal. Trixie et Sol restent à la périphérie des affaires entre Bullock, Swearengen et les Ellsworths, tout comme Merrick et Blazanov.

Beaucoup d’entre eux n’ont finalement plus grand-chose à raconter, vivant dans une certaine routine. Ce ne sera pas le cas des nouveaux personnages qui, eux, s’imposent rapidement, en particulier Jack Langrishe, vieil ami d’Al et homme de théâtre. Il faut dire que son interprète, Brian Cox, va lui donner un souffle impressionnant comme il sait si bien le faire. Nous avons aussi Aunt Lou, la cuisinière d’Hearst à la forte personnalité qui devient vite incontournable.

Bref, il y a encore beaucoup à dire pour couvrir toutes les petites histories secondaires, mais celles-ci son souvent anecdotiques ou finissent par rejoindre la principale. Le fait est que les épisodes sont très denses, moins bavards qu’à l’accoutumée et des plus captivants. Le plus gros défaut de cette troisième saison, qui surpasse les deux précédentes, est clairement de ne pas offrir une véritablement fin à la série et c’est bien dommage.

Distribution

Distribution Deadwood (Série Complète)

Timothy Olyphant : Seth Bullock
Ian McShane : Al Swearengen
Molly Parker : Alma Garret
Brad Dourif : Doc Cochran
W. Earl Brown : Dan Dority
John Hawkes : Sol Star
Paula Malcomson : Trixie
Dayton Callie : Charlie Utter
Leon Rippy : Tom Nuttall
William Sanderson : E.B. Farnum
Robin Weigert : Calamity Jane
Sean Bridgers : Johnny Burns
Bree Seanna Wall : Sofia Metz
Jim Beaver : Whitney Ellsworth
Jeffrey Jones : A.W. Merrick
Kim Dickens : Joanie Stubbs
Powers Boothe : Cy Tolliver
Titus Welliver : Silas Adams
Peter Jason : Con Stapleton
Anna Gunn : Martha Bullock
Larry Cedar : Leon
Geri Jewell : Jewel
Ralph Richeson : Richardson
Keone Young : Mr. Wu
Ashleigh Kizer : Dolly
Garret Dillahunt : Francis Wolcott / Jack McCall
Brent Sexton : Harry Manning
Pasha D. Lychnikoff : Blazanov
Gerald McRaney : George Hearst
Ray McKinnon : Reverend H.W. Smith
Ricky Jay : Eddie Sawyer
Pruitt Taylor Vince : Mose Manuel
Cynthia Ettinger : Claudia
Brian Cox : Jack Langrishe
Sarah Paulson : Miss Isringhausen
Zach Grenier : Andy Cramed
Cleo King : Aunt Lou Marchbanks
Stephen Tobolowsky : Hugo Jarry
Dan Hildebrand : Shaughnessy
Keith Carradine : Wild Bill Hickock
Alice Krige : Maddie
Izabella Miko : Carrie
Gale Harold : Wyatt Earp
Austin Nichols : Morgan Earp

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  • Axl

    quelle honte pour HBO d’avoir avorté la série après la saison 3. je ne leur pardonnerai jamais cette crétinerie, et je ne parle même pas de Carnivàle. à noter que McShane est tout aussi excellent dans The Pillars of The Earth.

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  • mlk

    HBO m a beaucoup fait souffrir avec Carnivale annulé.
    Et ils avaient gardé les droit, résultat meme pas la fin en comics ou roman. Trop mal au coeur.

    C’est a cause d’une non fin, que je n’ai jamais voulu me lancer, dans Deadwood, de peur de ressentir la meme souffrance.

  • MatriXa

    Comme j’ai pu adorer cette série !!
    Olyphant face à McShane (impossible à détester du fait d’un travail inouï sur sa personnalité et pourtant ..) dans les deux premières saisons pour finir unis contre une plus belle ordure afin de conserver un Deadwood que l’un comme l’autre aime malgré une approche différente des valeurs qui devraient régir cette ville.
    Il y avait surtout une magnifique galerie de portraits qui servait une mise en relief d’une Amérique naissante et des éclairages très bien trouvés quant à cette culture très jeune comparativement à celle de notre continent.

    La frustration qu’induisait la non reconduction de la série était bien réelle.
    Il y avait de quoi continuer rien qu’en développant les compromis et les perspectives de coalition inévitables pour Bullock et Swearengen pour terrasser un rapace encore plus veule et cupide ..

    Pour rebondir sur les propos de Mlk.
    Carnivale est une série que l’on peut considérer comme le summum des oeuvres de HBO. En se finissant sur un cliffhanger aussi enthousiasmant, elle n’a laissé que colère et amertume. Il y a des sentiments de frustration et de trahison légitimes parce qu’il est évident que les scénaristes avaient encore fort à dire.

    Pour Deadwood, le ressenti n’est pas aussi violent.
    Peut-être aussi parce que le réel y tient une place majeure contrairement à Carnivale qui nécessite une bonne dose de fantastique et d’ouverture sur l’imaginaire. Imaginaire qui, ici, dépendait de la créativité de l’écriture.

    Aussi, ne vous privez d’un plaisir majeur, et tout de même assez rare, regarder une série qui va vous apporter quelque chose tout en vous divertissant !

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