Designated Survivor Saison 1 Episode 1

Quand Designated Survivor commence, Tom Kirkman est secrétaire du Ministère du logement et du développement urbain et ne sait pas ce qu’est un designated survivor.

Même s’il y a peu de chance qu’on lui ait fourni cette réponse, je ne peux qu’imaginer quelqu’un lui dire : « Comme Laura Roslin dans Battlestar Galactica, Tom. Si tout le monde meurt dans la ligne de succession, tu deviens président des colonies… pardon, des États-Unis. »

En pratique, Designated Survivor est bien évidemment plus proche d’un roman de Tom Clancy en nous présentant Tom, un politicien qui n’a pas soif de pouvoir et qui refuse de jouer au jeu malsain qui définit Washington. Père de famille, heureux en ménage, la carrière de Tom Kirkman (Kifer Sutherland) s’apprêtait à prendre un virage bien différent avant qu’une explosion le soir du discours sur l’état de l’Union emporte le Président et toutes les personnes présentes.

Cette création de David Guggenheim (qui a depuis quitté la série pour différences créatives) nous place alors face à la problématique de l’homme ordinaire qui se retrouve dans une position extraordinaire.

Avec Tom portant un hoodie et ses lunettes durant la majorité de ce pilote, tout est fait pour nous renvoyer une image du type tout ce qu’il y a de plus commun – loin du héros d’action qu’était Jack Bauer (24). Sutherland devient celui de tous les jours occupant le siège le plus important à la table et entouré de gens qui le juge incapable de tenir cette position. Designated Survivor met en scène un chaos ordonné où il faut prendre des décisions responsables au plus vite.

Le premier épisode nous propose alors deux angles narratifs déterminés à définir la série. Le premier est de voir comment Tom va gérer cette présidence impossible qui commence en étant définie par la pire attaque qui soit. Le second est justement sur le mystère entourant l’acte terroriste, avec Maggie Q en agent du FBI qui soulève des questions laissant supposer que l’ennemi ne vient peut-être pas de là où l’on pense et qu’il n’a pas dit son dernier mot.

Designated Survivor est donc un thriller politique qui tire avant tout son épingle du jeu de par la sobriété qui ressort de la mise en scène. Là où ABC nous a habitués à un univers politique aussi corrompu qu’éblouissant et quelque peu outrancier – entre Scandal et Quantico –, cette nouveauté tombe bien évidemment dans quelques clichés, mais ne les laisse pas prendre le dessus. On aurait pu sans aucun doute se passer du stéréotype de la figure militaire prête à balancer des bombes, ce qui montre un penchant à emprunter quelques facilités pour gagner du temps.

L’exposition aurait d’ailleurs pu se montrer moins avenante dans sa présentation de la famille imparfaite, mais aimante de Tom. On peut compter sur Natascha McElhone (dans la peau d’Alex, l’épouse avocate de Tom) pour ne pas se laisser emporter par une situation un peu trop caricaturale – les dernières années sur Californication lui ont certainement appris cela. Le plus compliqué se trouve toujours du côté des enfants, avec un adolescent dont il est difficile de savoir ce qu’il va nous réserver et une fille de 9-10 ans qui est surtout là pour être mignonne.

Reste que Designated Survivor a toutes les cartes en main pour s’affirmer comme un divertissement de qualité, de par son casting et un sujet possédant du potentiel pour peu qu’il soit traité de manière intelligente. Le premier épisode pose, avec quelques écueils, les bases d’un show qui a ce qu’il faut pour être solide.