Qui est Eddy, le serial-killer de Wisteria Lane ? Comment et pourquoi est-il devenu un monstre ? Regardez du côté des femmes de sa vie.

Mary-Alice : Monsters are created by others monsters.

Pour son second (et dernier ?) épisode de l’année en tant que scénariste, le créateur Marc Cherry choisit une construction fort peu originale, mais qui a fait ses preuves. Depuis un certain temps, c’est devenu un peu trop systématique dans cette série d’opter pour la narration à l’envers avec perspectives différentes selon les personnages (on se rappelle notamment l’épisode sur Robin).

Heureusement, cette fois-ci, le procédé a un réel intérêt puisqu’il s’agit avant tout de raconter la genèse d’un tueur en série, et quoi de plus passionnant (tous les amateurs de Dexter vous le diront !). Puisque l’on sait depuis la semaine dernière que le jeune Eddy (parfait Josh Zuckerman), copain d’un des frères Scavo est responsable de l’agression de Julie et de meurtres, on va maintenant s’attacher à savoir comment et pourquoi il est devenu ce qu’il est. Et qu’est-il véritablement ?

Aussi étonnant que ça puisse paraître, une victime avant tout. Le schéma est connu (un oedipe mal réglé) et habituel, mais tout ou presque est de la faute de sa mère incarnée ici par une Diane Farr excellente. Femme délaissée par un mari qui ne voulait pas de ce petit garçon, une alcoolique qui n’a eu de cesse de le rendre coupable de tout.

Le plus étonnant dans cet épisode très réussi malgré quelques baisses de rythme c’est que Barbara, la mère d’Eddy n’est pas la seule femme responsable de sa ‘condition’ de psychopathe. En choisissant de nous montrer comment les voisines de Wisteria Lane ont agi sur la vie du jeune homme, Marc Cherry insinue (jusque dans la phrase finale de Mary-Alice, voir plus haut) qu’elles font aussi partie de ces « monstres qui ont créé des monstres ». Quand on connaît la relation d’amour/haine qui lie Cherry à sa chère maman, on peut voir en Eddy une projection. On s’attendrait presque à une dédicace du genre « Die, Bitch » !

Et oui, car malgré toute leur bonne volonté, les Desperate Housewives, déjà très occupées avec leur propre vie, n’ont pas beaucoup aidé. Qu’il s’agisse de Mary-Alice (j’adore revoir Brenda Strong « en vrai ») qui tente de remettre Barbara dans le droit chemin pour un bien court laps de temps, d’une Gaby nouvellement arrivée (formidable monologue sur ses voisines cinglées) dont le côté superficiel utilisera l’enfant à ses fins avant de le relâcher dans la nature, de Bree qui lui donne des conseils de drague pour finalement découvrir avec horreur qu’il s’intéresse à Danielle (c’est dire combien ce garçon est malade !), sans oublier Susan qui le ridiculise sans s’en apercevoir. Il n’y a guère que Lynette qui ne lui fait pas de mal, ce qui risque de ne pas durer lorsque l’on voit ce dont elle est capable quand on s’en prend à sa famille.

Avec une réflexion d’une telle qualité, on en vient à regretter que le personnage ne soit apparu que très récemment, en début de saison 6. Et si, nous aussi, téléspectateurs, nous l’avions côtoyé depuis 6 ans, serions-nous passés à côté ?

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