Paul Young se réinstalle à Wistéria Lane avec son épouse Beth qui cache à tous un bien lourd secret. Susan et Mike sont contraints de déménager à cause de problèmes financiers. Renée Perry, une ancienne amie de Lynette qui a un passé avec Tom, débarque chez les Scavo. Chez les Solis, la biologie complique des vies, alors que Bree est en proie à la ménopause.

Cette année encore, il s’en est passé des choses à Wisteria Lane. Malheureusement, telle une Bree apeurée sans ses muffins si délicieux, Marc Cherry et son équipe semblent avoir perdu la recette de ce qui faisait de Desperate Housewives une série de qualité.

La saison 7 de Desperate Housewives fut avant tout une campagne de publicité sans précédent pour annoncer l’arrivée d’un nouveau personnage, une nouvelle housewife, censée transformer cette petite rue (pas si) tranquille en arène de combat. Avec la lourde tâche de supplanter Edie au rang de garce maléfique, Renée débarque donc avec ses gros talons. L’ancienne copine de chambrée de Lynette va finalement assez vite se fondre dans le moule, non sans avoir défié à sa manière chacune des héroïnes pour mieux se faire accepter à leur partie de poker. Le problème de ce personnage qui était censé faire la révolution se trouve dans son interprète, Vanessa Williams, une actrice certes talentueuse, mais à laquelle on propose ici ni plus ni moins que de reprendre son rôle dans Ugly Betty. Une Wilhelmina light cependant dont les intrigues finissent par se réduire à peau de chagrin. Ainsi, malgré une entrée en fanfare avec crêpage de chignons avec Bree, joutes verbales avec Lynette et phrases désagréables à l’encontre de Gaby et Susan, Renée récupère la place laissée vacante par Katherine Mayfair et s’installe en arrière-plan.

De la même façon, l’arc narratif autour du retour de Paul Young, bien décidé à se venger de ses voisines, est cousu de fil blanc ; les liens entre sa femme Beth (très joliment incarnée par Emily Bergl) et Felicia Tillman ont rapidement été devinés par les spectateurs. On assiste cependant à un joli retournement de situation concernant Paul qui devient clairement plus victime que bourreau, car personne ne saurait détrôner Felicia de son statut de sociopathe !

D’ailleurs cette année, le hit-parade des héroïnes est sévèrement malmené. Bree reste plus ou moins stable, psycho rigide sexy qui s’offre une place de cougar en chef grâce à sa liaison très chaude avec le beau Brian Austin Green puis avec le flic incarné par Jonathan Cake ; elle n’oublie pas non plus de se racheter auprès de son fils et de Carlos pour ses erreurs passées. Par contre, les trois autres changent profondément pour le meilleur et pour le pire.

On le sentait venir depuis un moment, maintenant c’est une évidence : Lynette est insupportable. Tout ce qui faisait d’elle une bonne mère, une épouse intelligente et une femme forte pleine de discernement et de malice a muté. Elle est désormais l’intransigeance incarnée, une personne capable des plus viles actions pour obtenir ce qu’elle veut de son propre mari, ce qui risque d’ailleurs de lui coûter son mariage. Tu ne veux plus d’enfants ? Prends la pilule. Tu ne supportes pas de ne plus porter la culotte ? Remets-toi à bosser ! Lynette est donc devenue LE personnage détestable par excellence.

C’est tout l’inverse du côté de Susan qui s’offre une belle année… de martyre ! Et hop, on perd sa maison, et hop, on se fait virer de son boulot pour avoir montré ses fesses sur Internet, et hop on finit écrasé par des manifestants et en demande d’un rein ! Connaissant le passif de Susan, tous ces événements auraient pu rendre le personnage encore plus gonflant. Mais non, miracle, Teri Hatcher fait un superbe boulot en imposant un jeu tout en finesse alors que les scénaristes ont la bonne idée de la mettre en association avec un Paul très vulnérable. Et ça fonctionne parfaitement !

Enfin, Gaby est un cas un peu à part, principalement parce que le personnage fait les frais de l’intrigue la plus pourrie de la saison : le problème de l’enfant échangé à la naissance qui n’est autre que Juanita (on se disait aussi !). Ça tourne carrément au ridicule lorsque la jeune femme s’entiche d’une poupée. Peut-être dans un souci de la laisser régler ses problèmes matrimoniaux avec Tony Parker, les scénaristes ne font pas grand-chose d’Eva Longoria dans la seconde partie de la saison en dehors de cette stupide histoire de choix entre Bree et Carlos.

La saison 7 de Desperate Housewives s’impose donc comme une année des plus ternes où l’inspiration semble définitivement avoir quitté l’équipe de production. Malgré quelques fulgurances et la présence de belles guest, la série fait du sur place et aurait gagné à s’arrêter là. Mais ce ne sera pas le cas car après tout, Mary-Alice veille !

avatarUn article de .
1 commentaire