Desperate Housewives - The Best Thing That Ever Could Have Happened (5.13)

La mort soudaine d’Eli Scruggs, l’homme à tout faire de Wisteria Lane, est l’occasion pour chacune de nos housewives de se remémorer avec beaucoup d’émotion le rôle décisif qu’il a joué dans leurs vies.

Encore un épisode flashback sans grande nouveauté, me direz-vous. Le laborieux fil rouge de cette cinquième saison, embourbée dans le mystère Dave Williams, est en effet mis entre parenthèses le temps d’un épisode. Or les fans s’attendaient à ce que les scénaristes frappent un grand coup à l’occasion du 100ème anniversaire de la série – par ailleurs trop peu buzzé à mes yeux – histoire de rebooster les audiences en berne de ces dernières semaines.

Il n’en est rien. Pas de suspense insoutenable ni de rebondissement inattendu de la storyline. Au lieu de cela, un retour larmoyant sur la vie d’un personnage parfaitement inconnu des téléspectateurs, au cœur d’un épisode solitaire structuré sur un va-et-vient quasi lassant entre passé et présent, qui vaut au final à la série d’enregistrer une des audiences les plus basses de son histoire.

Cependant, et les fans de la première heure ne s’y seront pas trompés, cet épisode anniversaire se devait de sortir de l’ordinaire. Ainsi, contrairement à ‘Something’s Coming’ (4.9), le fameux épisode de la tornade, dont l’intérêt dramatique résidait dans le suspense et les coups de théâtre, ‘The Best Thing That Ever Could Have Happened’ est un épisode hommage construit sur les solides bases qui ont fait le succès de la série : un enterrement, des larmes et un cynisme remarquable de la part de femmes au foyer au meilleur de leur forme. Les scénaristes ont donc pris le parti d’un véritable retour aux sources.

L’épisode est avant tout marqué par l’heureuse résurrection – grâce aux flashbacks – de plusieurs personnages disparus, tels que Rex Van de Kamp – le premier mari de Bree, décédé dans la première saison -, Mary Alice Young – la voix off de la série -, ou encore Martha Huber – la commère de la saison 1.

C’est aussi l’occasion du formidable retour en force de Fashion Gaby, de son franc-parler et de sa vantardise légendaires, qui ont bien failli la faire bannir à jamais des après-midis poker entre voisines. On apprend alors comment Eli Scruggs, l’homme d’entretien, l’a aidée à s’intégrer dans le groupe. On découvre que c’est également grâce à cet homme au grand cœur (peut-être un peu trop grand pour être crédible, mais qu’importe ?) que Bree a trouvé le courage de se lancer dans l’écriture de son livre de cuisine à la mort de Rex. Il a su (et comment !) réconforter Eddie, tout juste divorcée d’un mari homosexuel ; a ouvert les yeux à une Lynette drôlissime sur le primat de sa vie de famille sur son travail ; et a vécu chaque étape de la vie sentimentale de Susan comme s’il en faisait partie. L’épisode s’achève sur la note émouvante de l’enterrement d’Eli et un retour ingénieux et plein de nostalgie sur le suicide de Mary Alice, qui s’avère avoir joué un rôle déterminant dans sa fonction d’ange gardien des résidentes de Wisteria Lane. La boucle est bouclée.

En somme, l’introduction – certes hasardeuse – d’un personnage nouveau permet aux scénaristes d’effectuer en sous-main un bilan de l’évolution des housewives à ce stade de la série. La valeur intrinsèque de ce 100ème épisode – selon moi le plus touchant de la saison – est incontestable, malgré son absence évidente de lien avec l’intrigue principale. Une fois de plus, la qualité de la série est ailleurs. Une vraie bouffée d’oxygène au milieu d’une saison poussive, du grand Desperate Housewives, même si rien n’est jamais parfait.

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