Le détective Fitch a un nouveau partenaire, le détective Washington. Leur première enquête ensemble les mène dans une pharmacie où a eu lieu un double homicide. Les détectives Longford et Mahajan enquêtent de leur côté sur le meurtre d’un avocat.

Detroit 1-8-7 est une nouvelle série policière qui arrive sur ABC et qui, forcément, se déroule à Detroit, la ville de l’industrie automobile américaine, de la Motown.

Originellement prévu sous une forme légèrement différente, ce pilote a été remonté de façon à supprimer l’aspect « tournage d’un documentaire ». Tout n’a pas disparu, mais l’avantage est que cette façon de filmer n’est pas inédite dans le genre et parait presque naturel.

Quoi qu’il en soit, ce premier épisode impose dès le début son ton et, surtout, ses protagonistes. Il n’y a pas forcément de gros développements, mais une bonne mise en valeur des principaux détectives que nous allons suivre et, souvent, les non-dits se révèlent les plus instructifs. C’est d’autant plus vrai avec le personnage de Fitch, joué par Michael Imperioli. Il est discret, efficace dans son travail, mais rencontre clairement quelques difficultés pour communiquer.

Fitch a un nouveau partenaire, Washington. Une nouvelle association qui permet aux spectateurs de se familiariser avec l’univers en même temps que le dernier arrivé dans la division homicide. Un classique de la narration qui est d’autant plus justifié ici qu’il donne l’occasion de mettre en avant les problèmes de personnel que rencontre la police.

La première enquête va emmener nos détectives dans ce qui semble une investigation classique. Un bon moyen de s’immerger dans l’ambiance de Detroit. Pour être honnête, il est assez difficile de ne pas faire un rapprochement avec Homicide : Life on the Street, référence du genre qui a clairement servi ici d’inspiration, aux côtés de NYPD Blue – et la présence de James McDaniel n’était pas nécessaire pour faire le parallèle. Détroit n’est pas Baltimore et encore moins New York, mais n’en est pas pour autant éloigné. Enfin, c’est tout particulièrement dans la façon de filmer que l’on retrouve les deux séries précitées, ça et aussi dans l’écriture de personnages.

Bref, Detroit 1-8-7 pourrait devenir l’héritière de grands cop shows qui ont laissé leurs empreintes et on ne s’en plaindrait pas. Cela dit, ce pilote est victimes de quelques maladresses qui montrent l’ambition pas toujours contrôlée qu’il y a derrière, mais surtout le besoin d’en imposer pour faire une ouverture marquante.

La première enquête va alors prendre des proportions inattendues qui mèneront à un final où la pression est forte. L’intrigue part un peu dans tous les sens pour aboutir à un moment qui met en péril le maintien de la crédibilité du concept même de la série. Elle se veut réaliste et a failli perdre ça. Cela dit, le dérapage est assez bien calculé et l’atterrissage est amorti.

Au final, ce pilote de Detroit 1-8-7 essaie probablement de trop bien faire et cela lui est occasionnellement nuisible, mais pour une série ABC, trouver ce type d’approche est ambitieux et intrigant. De plus, il y a un potentiel indéniable qui pourrait lui donner l’opportunité de s’imposer rapidement dans le genre si elle parvient à rester sobre.