Dexter engage une nourrice pour s’occuper d’Harrison. Il profite de son temps libre pour organiser la mort de Boyd. Deb poursuit son enquête sur le couple assassiné dans le quartier vénézuélien.

Dexter a envie d’aller chasser, comme toujours, mais cette fois il est convaincu que c’est une part importante de son processus de guérison. Il a toujours eu une façon de tourner les choses de manière à ce que ce qu’il veut concorde avec ce qu’il pense avoir besoin.

Cela dit, il y a des signaux du début à la fin qui nous indiquent que ça ne va pas bien tourner. Forcément, c’est le cas. Ce n’est pas la première fois qu’une chasse tourne mal, comme la saison dernière avec l’accident de voiture par exemple, mais il y a une grosse différence ici, car Dexter semble le demander. C’est inconscient, mais entre Harry qui insiste pour lui dire qu’il va faire une erreur et la précipitation, tout ce qu’il reste à faire c’est attendre que ça se produise. Et le moment venu, il y a une sorte d’ironie comique assez étrange qui ne va rien arranger.

Dexter est poussé dans une direction et devient presque didactique dans l’accomplissement de son échec. Le problème est évidemment qu’à la fin, on en est au point où toute la mise en scène arrive lourdement là où elle devait aller, sans accroc. Les scénaristes deviendraient-ils trop routiniers ? Peut-être, en attendant, il y a pratiquement un manque de spontanéité qui s’accompagne d’un suspens peu efficace.

Heureusement, toute cette partie est développée à part (quasi) égale avec la storyline policière qui emmène Deb dans le quartier vénézuélien à la recherche du coupeur de tête. Contrairement aux débuts de la série, la police n’est plus en reste. Il y a eu un éloignement progressif entre Dex et le travail de Deb, même si les deux finissent souvent par se rejoindre. Nous sommes peut-être arrivés au moment où la sœur du tueur va pouvoir profiter d’une émancipation totale avec une affaire de meurtre complètement indépendante. Ça ne serait pas une mauvaise chose, car il y a de ce côté un début d’intrigue assez intéressant qui possède de quoi réellement captiver. Sans oublier que la majorité du casting trouve ainsi un bon moyen de s’occuper avec du matériel prometteur.

Enfin, probablement pas Batista qui se retrouve une fois encore mis sur une voie périlleuse. Sa relation avec Laguerta va continuer à le ruiner en tant que personnage. Espérons que cette fois, il s’en tire la tête haute.

Dans tout ça, il y a deux éléments qui sortent un peu du lot et qui méritent d’être évoqués. Tout d’abord, le fait qu’Harrison pourrait ne pas être affecté par ce qu’il a vu. À la fin de la saison 4, sa présence sur la scène de crime résonnait comme une tentative un peu fumeuse de jouer sur l’histoire de Dexter. Si c’est réellement désamorcé, ça pourrait effacer l’impression de paresse qu’il y avait derrière la mise en scène.

Ensuite, l’arrivée de la nourrice irlandaise n’est certainement pas anodine, surtout vu l’actrice choisie pour l’interpréter. On peut dès lors s’attendre à quelques surprises de ce côté-là, si c’est fait avec soin.

Il y a donc de bonnes choses dans cet épisode, mais également d’autres qui sont moyennement inspirées. L’installation d’une sorte de nouvelle formule cette saison se montre un peu maladroite, car on joue toujours avec les routines traditionnelles de la série qui sont désormais un peu fatiguées. La transition ne va alors pas se faire avec fluidité, mais il faut reconnaitre que le twist de fin apporte une idée intéressante qui pourrait bien compenser son introduction indélicate.