Cela semble faire une éternité que le Docteur (Peter Capaldi) n’a pas daigné nous honorer de sa présence sur le petit écran. À l’exception de l’épisode de noël, ainsi que de sa brève apparition dans le pilote de Class, voilà maintenant plus d’un an qu’il ne nous a pas été possible de monter à bord du TARDIS pour nous lancer dans de nouvelles aventures. Ce premier épisode de cette dixième saison de Doctor Who arrive donc à point nommé pour tous les irréductibles.

L’idée est alors de nous introduire Bill Potts (Pearl Mackie), la compagne venant remplacer Clara Oswald (Jenna Coleman). Cela a déjà été fait maintes fois par le passé et on ne peut pas dire que cette reprise surprenne par son intrigue et les voies empruntées pour pousser Bill à bord du TARDIS.

Steven Moffat, qui signe sa dernière saison en tant que showrunner, démontre une fois de plus son efficacité et ses faiblesses en termes de structure narrative. Ainsi, la construction de l’épisode, rappelant The Bells of Saint John, ne laisse que peu de place à de véritables retournements de situations et n’offre rien de plus qu’un monstre de la semaine supplémentaire sur fond d’humanité et d’émotion.

Il faut alors compter sur sa maîtrise du clin d’œil et sa capacité à dépeindre des personnages consistants en peu de temps pour se satisfaire. D’ailleurs, au lieu de se focaliser sur le point de vue du Docteur, ce premier épisode se concentre presque exclusivement sur Bill. Cela permet sans conteste de la rendre intrigante et il faut saluer Pearl Mackie qui délivre une interprétation fraîche et sympathique.

La dynamique qui se met en place fonctionne en grande partie parce que Bill apparaît comme l’une des compagnes avec laquelle il est le plus facile de s’identifier. Comme Rose Tyler (Billie Piper) le fut dans une autre mesure, elle offre l’opportunité à une nouvelle génération de se laisser happer par l’univers de Doctor Who grâce à ce qu’elle représente.

Il faut alors espérer que les différents scénaristes lui donneront le matériel nécessaire pour qu’elle puisse s’imposer face à des intrigues qui essaient souvent d’en faire trop. Si ce retour tente de se contenir, la forme continue à prédominer sur le fond, ce qui pourrait être dommageable par la suite. La saison 9 a d’ailleurs prouvé être la plus réussie quand elle se focalisait sur ses personnages et ne cherchait pas à en mettre plein les yeux.

Finalement, malgré des défauts inhérents au style de Steven Moffat, Doctor Who revient avec un épisode solide qui parvient sans grand mal à imposer Bill Potts comme une compagne légitime. Le manque d’arc narratif global est ainsi largement compensé par ce que l’on apprend et donne assez de clés pour que l’on ressente de l’empathie à son égard. Bien sûr, cela n’empêche pas l’intrigue de mettre en place un mystère à découvrir du côté du Docteur et de Nardole (Matt Lucas), dont la mission au sein de l’université n’est pas sans piquer notre curiosité.