Doctor Who : Le pouvoir de Nous Toutes les libérera (11.08)

Huit épisodes dans cette saison 11 de Doctor Who et c’est peu dire qu’elle n’aime pas trop son identité alien. Si chaque épisode a un aspect fantastique, voire extra-terrestre, il reste régulièrement en retrait ou un simple accessoire scénaristique pour délivrer un propos plus contemporain, direct et social. Cet épisode 8 ne fait pas exception et y puise aussi sa plus grande force.

Pour la seconde fois, la Doctor emmène sa Team Tardis dans le passé et notamment lors des chasses aux sorcières, période porte-étendard de la lutte féministe qui est fort à la mode ces derniers mois (Chilling Adventures Of Sabrina notamment). Elle va alors tenter de contrer le patriarcat en marche violente et prévenir la mort de dizaines de femmes dans une communauté sous le contrôle du roi James I (Alan Cumming) et Becca Savage (Siobhan Finneran).

Il est d’ailleurs étonnant que la série ait attendu son huitième opus pour s’adresser au changement de sexe de sa protagoniste principale. Ce n’est en soi pas un mal de traiter cela comme une composante déjà inhérente de sa personnalité et de son personnage. Ici, cela prend surtout place dans un univers sexiste où son allant et ses capacités sont d’emblée diminués parce que c’est une femme. Elle ne peut pas être la Doctor, mais son assistante pour le roi James I qui voit alors en Graham le représentant le plus légitime.

Jodie Whittaker a parfois un jeu trop enfantin pour porter ce type de sujet qui sied pour le public plus jeune visé pourtant. Mais ici, cela trouve un écho vraiment intéressant à exploiter, presque une sorte de rage instantanée qui la mène à ne plus réfléchir aux règles (ne pas interagir avec les lignes du passé) pour une cause qui lui tient vraiment à cœur.

Tous les discours des prétendues sorcières trouvent alors un écho facile, mais nécessaire, en Yaz qui une nouvelle fois après l’épisode sur Rosa Parks ainsi que sa grand-mère, nous trace le portrait d’une femme qui s’est construite en toute conscience des combats précédents, avec des modèles que la saison s’attache à nous présenter. C’est aussi accentué par la manière dont Becca s’oppose à la sorcellerie et à la condition féminine, voulant réduire au silence le féminisme et qui montre que, parfois, la pire ennemie de la cause est ce type de femmes.

Cet épisode 8 se détache grâce à un scénario (le premier de Joy Wilkinson sur Doctor Who) qui parvient à mêler habilement une menace étrange (cette boue qui transformerait en sorcière), un propos social (le patriarcat, l’oppression féminine) et religieux (tout interpréter par le prisme de prétendues lois divines qui perpétuent la domination en marche).

En cela, la scène au centre de l’épisode, où la Doctor tente de comprendre ce que Becca cache et de faire changer James I d’avis, est révélatrice. Son rôle de guérisseuse ou même de guerrière est diminué par la parole de l’homme avec la complicité des femmes sans qu’elle ne puisse rien y faire. Et c’est quand on se met à l’écouter dans la scène suivante, magnifique, que tout commence à se décanter et à ébranler les préjugés.

Tout dans cet épisode fonctionne réellement bien et on peut également saluer la prestation de tous les comédiens qui se révèlent être les meilleures additions en tant que guest de la saison. Suis-je le seul à avoir eu très envie d’un Alan Cumming dans la peau du Doctor ? Tant pis et tant mieux, il nous gratifie de toute l’émotion et l’humour qu’il pouvait donner à son personnage. Siobhan Finneran retrouve de la cruauté froide qu’elle transmettait dans Downton Abbey et incarne la menace la plus palpable et effrayante de la saison.

Si on aurait pu regretter que la team Tardis, en dehors de Yaz qui a quelques lignes plutôt bien senties, soit une nouvelle fois un peu en retrait après une première moitié de saison qui lui donnait la part belle, la dynamique à l’œuvre est assez huilée pour rouler toute seule et ne pas en faire des poids morts.

Nous avons donc un excellent épisode de Doctor Who nouvelle formule, capitalisant sur l’approche moins exceptionnelle et plus franche qu’elle développe depuis le début de saison. Le propos féministe n’est que le bienvenu, surtout quand il est traité presque parfaitement et qu’en plus, les acteurs s’amusent et donc nous tou.te.s.

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