Dollhouse - Ghost (1.01)

Pour aider un homme d’affaires dont la fille a été kidnappée, Echo devient une négociatrice. Pendant ce temps, un agent du FBI voit sa carrière être mise en parallèle à cause de son enquête sur Dollhouse.

La dernière création de Joss Whedon débarque sur la FOX, un vendredi soir, case horaire où peu de séries ont survécu, mais n’en faisons pas une généralité, X-Files s’en est très bien sorti. Nous sommes dans de la série de genre, et s’il y a bien un public qui a l’habitude d’être devant sa télévision en fin de semaine – même si c’est sur Sci Fi le plus souvent – c’est bien celui-là. Enfin, nous sommes ici pour parler avant tout de l’épisode, et non de l’avenir de la série.

Première réflexion quelque peu inévitable au cours de ce visionnage, il aurait dû appeler la série Echo et non Dollhouse. J’espère sincèrement que ce point sera corrigé par la suite. L’entrée en matière est quelque peu dénuée d’intérêt. Echo (Eliza Dushku) est sur une mission dont je n’ai personnellement pas compris les tenants et aboutissants, mais on s’en fout, car on n’y reviendra pas. C’était pour faire comprendre au public, de façon on ne peut plus vulgaire, l’implantation de personnalité dans la tête de notre poupée. Nous découvrons ainsi la Dollhouse et ses quelques membres phares : Topher (Fran Kranz) est responsable de l’aspect technique, ce qui laisse supposer qu’il se charge de la création des personnalités, puis les implante dans la cervelle de nos corps ambulants, qui sont dès le début plus que cela ; le Dr. Claire Saunders (Amy Acker) est chargée à l’évidence de maintenir les corps en bonne santé ; Adelle (Olivia Williams) est la grande patronne, assisté de Laurence Dominic (Reed Diamond), alors que dans cette hiérarchie, Boyd Langdon (Harry Lennix) est en dessous, mais il est difficile de réellement comprendre sa place, car l’écriture manque ici singulièrement de finesse.

Ce ne sera pas le seul bémol, et comme tout pilot qui se respecte, celui-ci possède son lot de points faibles : la situation de la Dollhouse, son fonctionnement et son organisation sont très mal dépeints. Je comprends très bien qu’on ne tienne pas à tout nous dire dès le début, mais rien n’empêche d’essayer de rendre l’ensemble un peu tangible. Il vaut mieux alors ne pas trop se poser de questions, autrement, on pourrait rejoindre l’agent Paul Ballard (Tahmoh Penikett) dans ce monde de fou, à la recherche de la Dollhouse, qui en sait autant que nous en définitive : on implante dans la tête de gens une nouvelle personnalité. C’est vite résumé, mais c’est en gros l’idée de base. Nos dolls, dont on croise le chemin de deux autres, mais qui ne sont là quasiment que pour faire belles, se révèlent être plus que des machines (à ce stade, si Ghost, le titre, n’est pas une référence à Ghost In The Shell, on se moque de moi), prémices d’une mythologie qui ne se dessine presque qu’autour d’Echo, sentiment qui s’accentue avec la scène finale.

Ce n’est pas une introduction particulièrement solide qui nous est offerte. Autant, commencer par envoyer Echo gérer une prise d’otage était une idée dépaysante pour un pilot, et une situation qu’on ne s’attend pas à voir d’entrée de jeu, autant son utilisation n’est là que pour placer quelques éléments explicatifs. La grosse erreur de Whedon est de ne pas avoir été capable de se détacher de son envie d’offrir dès le début un aspect mythologique, qui aurait pu sans difficulté attendre un second épisode. Accrocher le téléspectateur en se contentant d’expliquer qui est qui, qui fait quoi, poser les bases. Voilà ce qu’aurait dû faire Ghost. Mais à trop vouloir en dire, sans rien dire, l’épisode se laisse visionner mais n’offre pas de point de départ solide.

Il reste quand même une certaine sympathie pour le casting, tout particulièrement les seconds rôles (en 30 secondes, Dichen Lachman a réussi à me convaincre bien plus qu’Eliza Dushku en quasiment 49 minutes), et un peu de curiosité.