Dollhouse – Saison 1

La Dollhouse est plus qu’une légende urbaine, elle existe et l’on y trouve des personnes dont la mémoire a été effacée et qui sont programmés pour répondre aux attentes de clients fortunés. L’agent Ballard du FBI cherche à lever le voile sur cette organisation mystérieuse.

Dernière création de Joss Whedon (Buffy The Vampire Slayer, Frefly), annoncée en grandes pompes lors des upfronts de la saison passée, Dollhouse a eu un début de vie difficile, mais a finit par arriver sur les écrans américains à la mi-saison.

La gestation fut rude et dès les premiers épisodes il n’est pas compliqué de comprendre pourquoi. Si l’idée de base a été expliquée rapidement, sa mise en application va se révéler pleine d’inconnus qui seront soit éludés, soit tardivement dévoilés. En fait, le principal souci pour les scénaristes était clairement de trouver des moyens pour générer un intérêt aux missions de chaque épisode. Après tout, la Dollhouse est une organisation rodée, il n’y avait pas de raisons que des problèmes se posent de manière régulière.

Il fallait donc mettre notre Doll héroïne, Echo, là où sa personnalité du jour devait se retrouver face à des défis. Pas nécessairement originaux, les épisodes vont d’abord commencer par faire du recyclage d’intrigues basiques dans lesquelles sont injectés des petits twists pas forcément inspirés. On comprend alors très vite que la série ne se focalise pas sur la bonne chose. Ce que font les Dolls peut fournir des réflexions intéressantes, mais cela est trop rarement le cas, par contre, la Dollhouse, en elle-même, est un mystère bien plus captivant et l’agent Ballard est là pour le mettre à jour. Malheureusement, celui-ci n’est pas doué et va faire une fixation presque malsaine sur une seule et unique disparue devenue Doll, Caroline, aka Echo.

Cette obsession communicative va regrettablement être un véritable poids mort pour cette première saison. En fait, Echo est une coquille vide. Sans personnalité. Rien. Juste un physique. Difficile alors de créer un lien avec le spectateur qui n’a que faire de ce qui peut lui arriver. Pourtant, la majorité des enjeux se portent sur elle, tandis que les personnages secondaires, eux, se développent et deviennent véritablement consistants. Il aurait certainement mieux valut laisser Echo être l’accessoire qu’elle est réellement, au lieu de tenter d’en faire le cœur de la série, en particulier, car elle ne peut pas évoluer dans les mêmes proportions que les autres, ceux qui ne sont pas des Dolls. Quoique, c’est relatif, car au fil de la saison, on va découvrir des choses intéressantes sur le concept. Cela viendra tardivement, mais avec, un panel d’opportunités s’ouvre. Sans parler du fait que l’on réalise alors que le problème d’Echo est indéniablement de changer de personnalité à chaque fois.

Enfin, ça, c’est bien entendu si on fait abstraction de l’interprétation. Un tel rôle nécessitait une actrice versatile, ce que n’est pas réellement Eliza Dushku. À force, Whedon a dû s’en rendre compte et a réorienté la série en mettant son héroïne en second plan, ou en lui adjoignant un(e) partenaire. Le reste du casting étant relativement d’assez bonne facture, même si Tahmoh Penikett a su se montrer assez pénible à écouter à de nombreuses reprises.

Dollhouse n’est clairement pas une réussite dans le genre. Pénaliséd’entrée par son concept à moitié réfléchi, il lui a fallu beaucoup de temps pour réussir à trouver comment gérer tous ses composants. Il y a dix ans, cela n’aurait pas été aussi dérangeant, mais aujourd’hui, les séries qui se veulent différentes se doivent d’imposer rapidement leurs forces.

Cette première saison révèle malgré ça un potentiel qui ne demande qu’à être exploré, ce qui sera un défi difficile à surmonter, mais pas impossible, si Whedon arrive à se fixer dans une direction intéressante dans la seconde saison.

En tout cas, la première n’est pas mémorable, offrant un divertissement parfois satisfaisant, mais qui laisse globalement indifférent.