Après avoir laissé April sur le bord de la route, Kenny est parti à Mexico. Il tente d’oublier qui il est, mais le sport va bientôt le rattraper, tout comme Stevie. Lancé dans une quête personnelle et retrouvant les joies de la gloire, Kenny vit son rêve à la mexicaine.

Kenny Fucking Powers fait son retour ou, plutôt, il prépare son retour. À la fin de la première saison de Eastbound & Down, nous avions laissé le joueur de baseball avec ses rêves brisés et, au lieu de vivre l’humiliation, il abandonna April sur le bord de la route. On le retrouve ainsi un peu plus tard, au Mexique.

Kenny n’est plus vraiment le même homme. Certes, il se cache toujours derrière son assurance et son langage coloré, mais il n’est plus la star. Il est, en quelque sorte, à la recherche d’un nouveau lui qui pourrait affronter April. Cette dernière est la plus grande des pertes qu’il a subie, plus importante encore que le baseball, et c’est pour cela que, quand il accepte de se remettre à jouer, il redevient l’arrogant crétin, mais ce n’est plus pour masquer son handicap sportif, c’est pour camoufler sa faiblesse, son amour perdu.

Pendant un temps, Kenny va alors tenter de combler le vide. Tout d’abord en cherchant l’amour des mexicains durant les matchs, puis en essayant de recommencer avec une femme, Vida, avec laquelle il ne veut pas refaire les mêmes erreurs qu’il a commises avec April. Malheureusement pour lui, ce n’est pas suffisant, il a besoin de plus.

Cette saison va donc pousser Kenny à se lancer dans une quête identitaire qui l’encouragera à retrouver son père, à accepter ses erreurs, et à regagner le chemin de la gloire afin qu’il puisse revenir en vainqueur.

Cela dit, avant d’apprendre à être un peu humble, Kenny va nous rejouer ses tubes habituels. La saison prendra d’ailleurs une forme qui n’est finalement pas très éloignée de la première, et on retrouve ainsi les hauts et les bas du joueur de baseball reconnu pour sa vulgarité et ses excès de drogues. Il a beau vouloir être un homme meilleur, son égo consomme toujours ce qu’il y a de mieux en lui, pour notre plus grand plaisir, car s’il s’était calmé, Kenny ne pourrait pas délivrer le divertissement que l’on attend de lui.

L’humour est donc toujours aussi peu délicat et le langage n’a pas perdu de sa couleur. Malgré ça, il faut reconnaître que la partie comédie de cette seconde saison est maîtrisée avec plus de finesse et se marie parfaitement avec l’histoire pour éviter de devenir trop lourde. Dans ce sens, Stevie – seul autre rescapé de la première saison – aide beaucoup en abandonnant son statut de fanboy pour être un véritable ami qui apporte une complaisance qui adoucit le ton du show.

Cette seconde saison de Eastbound & Down parvient ainsi à reprendre les forces de la première, tout en arrondissant suffisamment les angles pour rendre le récit plus digeste, sans pour autant lui enlever de son mordant. De plus, les personnages évoluent véritablement et si certains passages montrent de façon trop évidente ce qui est accompli, cela n’affecte pas le plaisir qu’il y a à suivre Kenny alors qu’il tente d’être une meilleure personne. Il a clairement suivi la bonne voie et la série, avec lui, devient encore meilleure, posant de grandes attentes pour la suite.