Dans Eastbound & Down, Kenny Powers a redéfini ce qu’était une star avec humour et vulgarité

Eastbound & Down (Kenny Powers)

On entend souvent parler du rêve américain, cette chose devenue presque indéfinissable qui est pourtant autant sujet de convoitise que de satire. Avec 4 saisons à son actif, Eastbound & Down s’est occupée de prendre ce fameux rêve, de lui redonner corps pour mieux lui cracher à la figure, parce que Kenny Fucking Powers le valait bien.

Créée par Ben Best, Jody Hill et Danny McBride, la comédie HBO Eastbound & Down nous plonge ainsi dans la vie de Kenny Powers, joueur de baseball dont les excès ont mis une fin à sa carrière. Il est alors de retour à la case départ, dans sa ville natale, où il commence à se reconstruire.

Tout débute donc comme une histoire de rédemption, mais notre héros a beau être tombé, il se refuse en quelque sorte à admettre sa défaite. En homme de son temps et de sa stature, il rebondit déjà vers de nouveaux cieux. Cela dit, Kenny Powers n’est pas vraiment un héros et il se baigne dans ses illusions, étouffant une dépression grandissante dans une forme de déni impénétrable et une grosse dose de stupéfiants. Il ne se rend pas compte qu’il est désormais dans une banlieue en Caroline du Nord, loin de la gloire et proche des losers – selon ses standards.

Pour Kenny, une seule chose existe : la célébrité. Être une star fait de lui une personne qui vaut simplement plus que les autres et, dans certaines conditions (les siennes), il n’a pas tort. Néanmoins, il est perdu au cœur d’une classe moyenne qui n’a que faire d’un ancien joueur professionnel de baseball vulgaire qui pense être au-dessus des autres. Le contraste est d’autant plus marquant qu’Eastbound & Down n’adopte pas un style superficiel, optant à la place pour une représentation bien souvent authentique de ses personnages et de leur façon de vivre – même quand il se rend au Mexique ou encore à Myrtle Beach. Dans un tel contexte, Kenny ressemble avant tout à un gros loser, mais quand on regarde le monde à travers son regard, ce n’est pas ce que l’on voit.

Au contraire, et c’est pour ça que, même s’il peut se montrer cruel, il n’est pas difficile de vouloir qu’il retrouve le succès. Dans le fond, il n’est qu’un grand enfant blessé et ignorant qui évolue au milieu des requins. Kenny cherche le bonheur dans tous les mauvais endroits, uniquement parce qu’il est persuadé qu’il n’existe qu’en étant célèbre.

Durant 4 saisons, Eastbound & Down n’a jamais glorifié le système de valeurs de Kenny, c’est plutôt l’inverse, mais aussi horrible qu’il puisse être par moment en tant qu’être humain, il est le fruit de la culture américaine, pour le meilleur et le pire. Les projecteurs ont été braqués sur lui et cela lui est juste monté à la tête, car il a cru que ça faisait simplement de lui quelqu’un de supérieur.

Quoi qu’il en soit, si les aventures de Kenny Powers offrent indéniablement de quoi réfléchir sur ce qui définit le succès et le culte de la personnalité, elles délivrent surtout une grosse dose d’humour. Certes, celui-ci n’est pas le plus conventionnel qui soit, mais si on est réceptif, il se montre terriblement efficace. Entre irrévérence ahurissante, autodérision involontaire, ringardise rafraichissante, vulgarités ridicules et simple stupidité, Eastbound & Down a trouvé le moyen de faire rire là en puissant dans les excès de son personnage principal sans jamais virer à l’autocaricature. La série explore un type de matériel improbable qui se met ainsi rapidement à simplement définir Kenny, mais aussi son sidekick Stevie – le fan qui ferait tout pour que la star qu’il admire reconnaisse son existence.

Néanmoins, le duo iconoclaste ne prend réellement corps que parce qu’il évolue dans une culture qui valide le comportement de Kenny. Peu importe où il se rend, il se ment à lui-même sur ce qu’il est vraiment devenu et finit toujours par trouver quelqu’un qui partage sa conception simpliste et pervertie du rêve américain.

Eastbound & Down se révèle ainsi être au final une comédie relativement unique qui a su donner jour à un personnage aussi absurde que réaliste qui fait rire autant qu’il est capable d’être touchant ou d’être insupportable. En tout cas, s’il mène sa vie n’importe comment pour les plus mauvaises raisons qui puissent exister, suivre Kenny Powers pendant 4 saisons fut une aventure atypique qui ne laisse jamais indifférent et qui se termine parfaitement.

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