Quand une série a du mal à voir le jour sur un network, c’est bien souvent qu’il y a trop de personnes impliquées qui n’arrivent pas à se mettre d’accord. Dans le cas d’Emerald City, cela a eu pour résultat une annulation qui a été suivie par une révision complète du projet avec un nouveau scénariste et, clairement, une vision créative bien différente.

Quoi qu’il en soit, cela fait deux longues années que l’on attendait sa diffusion et, quand il faut tant de temps à une série pour trouver son chemin vers la grille, ce n’est jamais bon signe — en particulier si elle est proposée à la mi-saison.

Emerald City nous vient donc de David Schulner qui reprend en mains le travail de Matthew Arnold et Josh Friedman, le tout se basant naturellement sur les romans de L. Frank Baum.

Le monde d’Oz est bien connu de tous, mais l’idée ici est de puiser dans plusieurs des livres de Baum pour composer un récit sur 10 épisodes qui serait plus sombre et ambitieux. Cela dit, tout débute bien avec une tornade et Dorothy (Adria Arjona) qui se retrouve transportée dans le monde d’Oz, tuant à son arrivée une sorcière.

Avec Tarsem Singh à la réalisation, on savait dès le départ qu’Emerald City n’aurait rien à voir avec les précédentes explorations d’Oz. Plus que de poser simplement sa caméra dans un coin, il apporte sa patte visuelle en s’impliquant dans les costumes et les décors.

Cela fait que cette Dorothy adulte qui ne veut que rentrer chez elle n’a pas à s’inquiéter que l’ombre de Judy Garland l’empêche de trouver son propre chemin. Ici, dans cet univers de fantasy, il y a plus qu’un road trip musical au programme.

Les deux premiers épisodes d’Emerald City couvrent bien entendu les bases de l’histoire, mais présentent un monde large et une conjoncture s’appuyant sur une intrigue compliquée qui suggère une mythologie plutôt intéressante. Naturellement, on sait que les origines de cette Dorothy sont liées au passé d’Oz et à l’ascension au pouvoir du magicien (Vincent D’Onofrio), mais entre la prophétie, les sorcières et le danger palpable dans chaque recoin du royaume, il y a de quoi proposer quelques surprises.

En tout cas, le potentiel est bien là. Le problème qui ressort rapidement de ce début est alors que la forme tend à régulièrement prendre le dessus sur le fond. Concrètement, Tarsem Singh fait la différence, mais cela pourrait bien se retourner contre le show en bout de course. Le rythme en souffre particulièrement quand il est plus question de mettre en valeur l’esthétique que de faire avancer une scène.

Malgré tout, Emerald City a de quoi intriguer et a visiblement ce qu’il faut pour que ce nouveau voyage de Dorothy dans le monde d’Oz soit suffisamment différent pour divertir. Reste à découvrir s’il peut être plus que cela, car s’il y a des ambitions bien affichées dans cette introduction, il n’est pas encore certain qu’il y aura de quoi les réaliser pleinement.