En 2002, FX introduisait un nouveau type de flic avec The Shield

17 Jan 2014 à 12:46

The Shield (Pilote)

Avant l’arrivée de The Shield, FX était une chaine du câble majoritairement connue pour ses rediffusions de The X-Files et de Buffy the Vampire Slayer. Au cours de l’an 2000, les responsables souhaitent changer radicalement l’image de la chaine. Ils veulent faire de FX un network pertinent et, pour y arriver, ils ont besoin d’une série originale et provocante. Peter Liguori, alors président, et son second, Kevin Reilly, commanderont deux pilotes dans ce but : Dope, avec Jason Priestley qui suit un kilo d’héroïne passant de mains en mains ; et The Barn, ou l’histoire d’un groupe de policiers officiant dans un dangereux quartier fictionnel de Los Angeles.

Malgré les doutes autour de Michael Chiklis en tête d’affiche, le fait que Dope était au départ la favorite, le 11 septembre qui viendra soulever des questions sur la décision ou non de mettre The Barn à l’antenne, la chaine poursuivra. Le 12 mars 2002, elle diffusera le pilote de la série finalement renommée The Shield, rencontrera le succès et entrera très vite dans l’Histoire. 4.8 millions de personnes sont présentes au lancement, soit un début historique pour un show scripté sur le câble basique. Quelques mois plus tard, Michael Chicklis remporte l’Emmy Award du meilleur acteur pour un drama, le premier de cette catégorie à aller à un interprète d’une série du câble basique.

Autant dire que les choses ont bien changé depuis les débuts de The Shield. La création de Shawn Ryan a bien entendu participé à ce changement, se posant alors comme une œuvre majeure du petit écran qui, aujourd’hui encore, n’a rien perdu de sa force narrative.

Good cop and bad cop left for the day. I’m a different kind of cop.

Le pilote d’une série a une nature introductive et The Shield ne fait pas exception à cela. Il nous emmène à Farmington, un quartier (fictif) dangereux de Los Angeles où sévit la Strike Team, une brigade anti-gang menée par Vic Mackey qui combat le crime avec des méthodes peu conventionnelles – inspirée par le scandale du Rampart. On y suit aussi d’autres membres du Barn, le poste de police installée dans une ancienne église : le capitaine David Aceveda, un ambitieux politicien convaincu que Vic Mackey est corrompu ; le duo de flics formé par Dutch et Claudette ; Danny et Julien, deux policiers en uniformes.

Derrière une mise en place somme toute basique, mais diablement efficace grâce à la caméra de Clark Johnson, ce premier épisode de The Shield occupe aussi une fonction particulière qui est d’entrainer Vic Mackey et ses collègues de la Strike Team dans une longue fuite en avant causée par la scène finale. Les ennuis pour le policier étaient déjà là avant, conséquences de ses méthodes violentes qui portent ses fruits, mais qui restent tout de même condamnables. La construction narrative du pilote ne met pas pour autant l’emphase sur cela. Mackey nous est présenté comme un homme populaire, mais pas aisé à aimer aux premiers abords, peu enclin à respecter l’autorité et déterminé à avoir des résultats à l’aide de la violence et de magouilles. Cependant, il y a tout de même une certaine distance qui est posée, car l’univers de Mackey est ici majoritairement vu par un regard extérieur, celui de Terry Crowley. Dernier membre de la Strike Team, celui-ci n’a pas encore vraiment gagné sa place parmi eux.

Recruté pour faire tomber Mackey, Terry hantera tout le reste de la série. C’est avec ce personnage que The Shield illustre ce dont est capable Mackey, jusqu’où il est prêt à aller. La suite se chargera d’expliciter ses motivations et son code moral. Avec le pilote, c’est surtout la volonté d’envoyer un coup de poing au téléspectateur qui est confronté à quelque chose de radical, de violent et, d’une certaine façon, d’incompréhensible. The Shield s’engageait alors dans une direction inédite en nous plongeant dans un univers policier différent, à l’aide d’un flic qui l’est tout autant. Vic Mackey deviendra très vite un pilier parmi les anti-héros, un policier qui brouille la ligne entre le bien et le mal.

Aujourd’hui encore, The Shield reste sans difficulté particulièrement engageante, car elle possède toujours une ambiance bien à elle et des personnages qui prennent corps dès qu’on les voit à l’écran. En soi, cela aurait été suffisant pour lancer une bonne série, voire une très bonne. C’est avec l’ultime scène de l’épisode que The Shield traverse une ligne jusque-là non franchie, modifiant alors le monde des séries télévisées et marquant un moment décisif pour ses personnages, qui définira tout le reste.

L’histoire est donc en marche pour Vic Mackey et les membres du Barn. Une histoire qui sera violente, choquante, mais aussi drôle et mémorable. Une histoire dans laquelle on va bien entendu se replonger au cours des mois à venir…

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