Aquaman est sur le point de sortir en salle. Le reste de la carrière de Vince dépend de son succès. Après ça, Ari va devoir tout faire pour lui permettre de faire le film de ses rêves, Medellin. De son côté, Turtle manage son poulain, Drama continue à chercher des rôles, et Eric s’occupe de Vince.

Cette troisième saison d’Entourage est un peu particulière, car elle est bien plus longue que les précédentes, mais, surtout, elle fut coupée en deux lors de sa diffusion.

On peut distinguer trois parties parmi ses 20 épisodes. On commence sur la consécration de Vince, on enchaine sur sa chute, puis enfin, sur la réalisation de son rêve.

Le début est donc dédié à Aquaman, de l’avant-première aux premiers chiffres phénoménaux qui vont mettre sur orbite son acteur principale. Cela traine en longueur, et même si on s’attarde sur des moments qui n’avaient pas été exploité jusque là, il y a un manque certain de contenu. Après ce petit démarrage, la série nous fait un remake de la saison 2. On a l’impression de revoir les épisodes qui on mené au dernier tournage.

La bonne idée fut donc d’arrêter là, et de donner à l’acteur star de nouvelles motivations. Son caractère est alors assez bien utilisé pour justifier ses choix. Ces derniers le mèneront au creux de la vague, professionnellement parlant. Les fêtes et autres excentricités qui entourent son train de vie ne seront pas pour autant supprimées, mais tout cela nous semble mis en place pour nous mener à l’inévitable : le renvoi d’Ari. Pendant ce temps, Drama fait son Drama, et Turtle conclue sa courte carrière de manager musical dans l’anonymat.

On ne peut pas dire que l’entourage de Vincent Chase ait vraiment brillé dans ce début de saison. Souvent mis dans des intrigues sans grand intérêt, ils continuent à apporter de l’humour à la série, mais le cœur ne semble pas toujours y être. Turtle radote, malgré toute la volonté qu’il met dans son job. Drama a toujours d’excellents dialogues, mais commence lui aussi à prendre racine. Les deux amis sont d’ailleurs souvent mis à l’écart, héritant de leurs petites intrigues très secondaires qui ne servent parfois qu’à faire du remplissage. Pour Eric, ce n’est pas franchement mieux. Il reste encore et toujours dans l’ombre de Vince, et sa relation avec Sloan manque de piment. Seule une histoire de partie à trois viendra mettre un peu d’animation, sans vraiment provoquer de remous.

Pour Ari, c’est un peu la même chose, sauf qu’il a droit à une intrigue secondaire un peu plus consistante. Se faire renvoyer sera malgré tout, la meilleure chose qui lui soit arrivée.

En effet, les choses bougent au début de la seconde fournée d’épisodes. L’agent se retrouve avec son nouveau bureau, mais n’est plus impliqué dans les histoires de Vince. Du coup, le voilà à vivre ses propres aventures. Entre sa femme, Lloyd, ses vieux amis et clients, Jeremy Piven a enfin la possibilité de donner beaucoup plus à son personnage.

Ce ne sera pas le seul, car Drama va lui aussi avoir l’occasion de devenir quelqu’un, une star de la télévision. Enfin, il fait un pilot, mais ce dernier va avoir d’excellents scores, ce qui lui ouvre de nouvelle possibilité pour la saison prochaine.

Pendant ce temps, Vince a un nouvel agent, Amanda, interprétée par Carla Gugino. Même si le point de départ de cette idée n’est pas mauvais, son développement va heureusement tourner court, car il était on ne peut plus creux. De toute façon, le véritable moteur de cette fin de saison, c’est Medellin, le film sur Pablo Escobar. En soi, ce n’est pas tant ce qui est accompli ici qui est intéressant, mais le fait que cela engendre d’important changement dans la vie de tout le monde. Les voilà prêt à tout sacrifier pour faire ce film, allant jusqu’à vendre tout ce qu’ils ont. Un engagement enthousiasmant, surtout pour ce que cela implique pour la saison suivante.

Au final, cette troisième saison est un peu trop longue, et manque clairement de consistance. Les personnages secondaires ne sont pas toujours correctement exploités, et les ficelles de la série sont usées jusqu’au bout. Heureusement, la dernière partie va ouvrir de nouvelles opportunités, et redonner du matériel à certains personnages. Le grand perdant de la saison reste Eric. Il était un peu le premier rôle de la série dans ses débuts, mais cette saison ne lui a rien donné de véritablement intéressant, le reléguant au second plan, même s’il reste très présent à l’écran.

Cette critique fut publiée une première fois, le 20 août 2008.