Après le décès de son père, Kate Reed reprend son travail de médiatrice au sein de la firme d’avocats de son père que sa belle-mère dirige.

Après Covert Affairs cet été, USA Network poursuit le développement de sa gamme de séries originales, en tentant d’y insuffler une dose de féminité – soit des personnages féminins en tête d’affiche.

Fairly Legal, création de Michael Sardo,  tient ainsi sur les épaules solides de Sarah Shahi, aka Kate Reed, ancienne avocate aujourd’hui médiatrice. Un changement de carrière qui ne lui a pas fait quitter le milieu du droit, mais qui lui a permis de s’éloigner de la cour et de l’aspect un peu trop noir ou blanc qu’elle colle à la profession. Kate est une femme qui veut faire ce qui est juste, et non ce qui est légalement mieux, ce qui en dit long sur le ton dont va se doter ce pilote.

La vie de Kate a connu un bouleversement suite au décès de son père, et elle est entourée de gens qui ont quasiment autant de raison d’elle d’être attristés : sa belle-mère est à la tête de l’entreprise, son frère fut aussi un avocat, son ex-mari est un avocat. Que des avocats donc, mais des personnages qui sont différemment affectés par la mort qui parait servir d’élément de point de départ pour saisir où Kate se trouve actuellement dans son existence.

Elle est tout particulièrement à San Francisco, à vivre sur un bateau, avec des plans serrés, et elle a tendance à courir un peu dans tous les sens, ce qui est quasi aussi fatigant que les fameux plans de caméra qui peine à réellement donner une véritable sensation de présence – bien qu’il y a une volonté de bien faire ressentir la ville.

Enfin, si Kate court, c’est pour faire son rôle de médiatrice, une fonction que cet épisode cherche à bien illustrer, et pousse d’ailleurs le bouchon assez loin dès le début en la plaçant dans un braquage de pacotille. Cela commence sacrément mal, il faut le dire, et le reste de l’épisode va faire plus que piétiner pour trouver la bonne manière, ou devrais-je dire les bons dialogues, pour rendre la profession de Kate Reed tangible et crédible. Elle donne par moment l’impression de jouer à la psychologue qui a tout compris aux problèmes humains, et qui n’a parfois même pas besoin qu’on lui explique de quoi il retourne pour mettre le doigt sur ce qui ne va pas. Difficile de passer outre ce sentiment quand elle se retrouve à jouer la médiatrice pour un couple, non pas en divorce, mais qui réclamait de l’argent à trois bougres incompétents pour avoir gâché la demande en mariage. Bien entendu, le problème se plaçait à un autre niveau. Sans parler du fait que sa volonté d’aider autrui va au-delà du bien des clients que sa belle-mère veut absolument conserver – plutôt contre eux si ce n’est pas « juste » selon elle, mais elle parvient forcément à tout gérer (c’est le pilote, pardi !)

Pour ne pas arranger notre affaire, nous avons le droit à quelques petites touches qui doivent se vouloir à la fois originales et référentielles, avec l’assistant de Kate étant à fond dans les jeux de rôles (et nourrissant à l’évident un certain amour pour le fantastique vu qu’on a le droit à une référence Buffy), tandis que tout le monde dans le répertoire téléphonique de la médiatrice a le droit à une étiquette du Magicien d’Oz – sa belle-mère étant La Sorcière.

Autant dire qu’il y a des tas de choses à améliorer dans Fairly Legal, étant assez propre sur elle. À l’image d’autres séries de la chaine, c’est son casting qui parvient à faire tenir l’ensemble debout, car il est assez aisé de s’attacher à eux, à commencer par le duo entre Shara Shahi et Michael Trucco (il va falloir nous expliquer pourquoi ils sont divorcés !). D’ailleurs, c’est sûrement ce qui pourra pousser à revenir pendant quelques épisodes plus que toute autre chose.

S’il faut regarder les choses du bon côté, Fairly Legal s’offre un début un peu faiblard, et la série pourra alors s’améliorer par la suite.