Faking It : Simuler c’est tromper ?

22 Déc 2014 à 14:41

Faking It : Simuler c’est tromper ?

Au bout d’un moment, on commence à les connaître les séries MTV. Des ados qui parlent comme des adultes qui sont inexplicablement tous beaux et qui se révèlent rapidement insupportables. Cependant, il y a toujours quelques personnages permettant à la série de se maintenir à flot et même de pouvoir s’investir émotionnellement. Encore une fois, c’est le cas de Faking It.

Créée par Dana Min Goodman et Julia Wolov, elle raconte l’histoire de Karma (Katie Stevens) et Amy (Rita Volk) qui sont amies depuis toujours et qui vivent une existence normale. Prises par inadvertance pour un couple lesbien par Shane (Michael J. Willett), le garçon – gay – le plus populaire du lycée, les deux jeunes filles, sous l’impulsion de Karma, décident alors de faire semblant d’être en couple pour être populaires dans leur lycée.

Le procédé de départ de Faking It est des plus intéressants. L’idée de mettre en avant un couple lesbien, bien que faux, a rarement été utilisée dans le monde des séries télévisées. Cependant, ses limites apparaissent rapidement. Si les scénaristes donnent l’impression de glorifier la cause homosexuelle par le prisme du couple Karmy, la réalité est plus insidieuse. En faisant évoluer leurs personnages dans un lycée où les habituels misfits sont désormais les populaires, le couple central perd alors dès le début une grande partie de sa force. Qui plus est, faire semblant d’être homosexuel pour devenir populaire dessert plus la cause qu’autre chose.

Dès lors, la première saison de Faking It se révéla être extrêmement stéréotypée et décevante. Le couple principal n’arrive pas à intéresser et chaque exécution scénaristique semble cousue de fils blancs. Les seuls rayons de soleil proviennent d’Amy, rapidement plus complexe qu’il n’y paraît, mais surtout de Lauren (Bailey Buntain). Dans toute autre série pour adolescents, elle serait la garce populaire. Dans Faking It, elle se retrouve en marge. Il en ressort un personnage très intéressant qui va rapidement représenter l’attrait principal de la série. Il faut dire que Karma, et son intérêt amoureux Liam (Gregg Sulkin), ne présente pas beaucoup d’intérêt. Cependant, la saison prend davantage d’épaisseur au fur et à mesure et son épisode final place sans tarder les enjeux pour la suite.

Cette dernière est bien plus réjouissante que ce dont on pouvait penser. Les scénaristes étoffent le personnage de Lauren, celui d’Amy et même celui de Liam. Il en ressort des scènes très émouvantes et qui arrivent à prouver que Faking It a des choses à dire, non pas lorsqu’elle se concentre sur un sujet « subversif », mais quand elle décide de raconter l’histoire d’adolescents dans un monde en changement perpétuel. L’humour n’est pas en reste, Lauren brillant de mille feux, spécialement dans ses interactions avec Shane. L’adolescente est touchante et son interprète arrive toujours à trouver le ton juste.

Du côté du couple « star », les choses évoluent dans le bon sens, notamment grâce à Amy. Cette dernière est décidément la plus mature des deux, continuant son évolution, seule et enfin détachée de Karma. Elle a désormais une petite amie, Reagan (Yvette Monreal), et fait même des efforts pour se rapprocher de sa mère, trop souvent tenue à distance. Karma, quant à elle, reste peu ou prou égale à elle-même, mais il y a fort à parier que, les conséquences de la fin de la première saison étant remontées à la surface, ce mauvais statu quo progresse dans le bon sens.

Enfin du côté des garçons, le résultat est assez mitigé. Shane n’a également pas vraiment évolué, restant un rouage comique efficace, bien que rébarbatif par moment, et les scénaristes n’ont vraisemblablement pas l’intention de changer sa situation. Liam arrive néanmoins à sortir de son stéréotype et dès lors apparaît comme plus sympathique. Si ce n’est son amour pour Karma, c’est presque un sans-faute. Le développement du personnage semble être parti dans une direction intrigante, le laissant dans une position pas vraiment enviable.

Faking It a donc parcouru un chemin considérable entre sa saison une et la première partie de sa deuxième. Les maladresses chroniques des premières heures sont quasiment oubliées et les scénaristes assument définitivement leur excentricité, rendant alors la série plus qu’agréable à regarder. Tout comme leur couple phare, ils ont arrêté de faire semblant et de se cacher derrière un artifice et sont sortis de leur coquille, pour le plus grand bien de leur show. Reste maintenant à savoir si cette bonne surprise va continuer de raconter l’histoire de jeunes originaux dans un monde qui l’est tout autant.

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