De retour pour sa troisième saison, Fargo nous livre donc une nouvelle histoire qui se veut indépendante. Il est fort probable que quelques connexions avec les précédentes apparaissent par la suite, mais le lien ici est moins voyant que celui qui reliait les deux premières saisons.

Tout débute en 2010. Comme toujours, il est surtout question de faire de la mise en place et de nous livrer les premiers meurtres qui provoqueront une réaction en chaine frôlant le surréalisme. C’est la formule qui découle du film des frères Coen et elle reste inchangée. Il y a de la neige, des losers qui prennent de mauvaises décisions, des criminels violents pas très futés et une représentante de l’ordre qui se retrouve coincée au milieu.

Noah Hawley ne fait pas que dériver du long métrage Fargo, il s’inspire d’autres œuvres des Coen et, dans ce season premiere, il est difficile de ne pas sentir l’influence visuelle de The Big Lebowski — et rappelons que Michael Stuhlbarg tenait également le premier rôle de A Serious Man.

Cela dit, il s’agit bien d’une intrigue originale. Cela nous parle de deux jumeaux que tout oppose, Emmit et Ray Stussy, tout deux interprétés par un Ewan McGregor enthousiaste. Emmit a réussi et Ray le blâme pour sa vie misérable. Il va donc agir et cela implique d’envoyer un voleur (Scoot McNairy) qui a tendance à planer à la recherche d’un timbre qui a une valeur particulière.

À côté, nous retrouvons Carrie Coon dans la peau de Gloria Burgle et, contrairement à The Leftovers, c’est elle qui porte l’uniforme. Elle est pour le moment peu présente, mais se voit malgré tout happée par la violence qui émerge déjà d’une série de mauvaises décisions qui ne fait clairement que commencer.

Cette troisième saison de Fargo s’ouvre néanmoins en prenant son temps, laissant les scènes se dérouler en s’appuyant principalement sur le fait que l’on sait que tout cela va mal tourner pour nous tenir en haleine. L’ambiance fait plus que le scénario pour nous replonger dans l’univers du show, tout comme les performances d’Ewan McGregor, Mary Elizabeth Winstead ou encore Michael Stuhlbarg qui sont au diapason pour poser la tonalité particulière que l’on en est venu à attendre de la série.

Cette introduction s’adresse dans ce sens surtout à ceux qui sont familiers avec le show, ce qui est étonnant pour une anthologie. L’exposition ici se focalise ainsi plus sur les personnages que sur les potentiels enjeux dramatiques. D’ailleurs, toute la scène d’ouverture est sans suite et confirme clairement que, comme avec la seconde saison, il faudra attendre quelques épisodes avant de pouvoir pleinement apprécier le type d’histoire que l’on veut nous raconter.

Pour le moment, il est question de s’immerger de nouveau dans l’ambiance spécifique de Fargo et cela fonctionne à ce niveau. Pour le reste, sans le magnétisme d’un Lorne Malvo ou la familiarité d’un Lou Solverson, ce season premiere manque d’une accroche franche. À la place, c’est vraiment l’atmosphère qui compense, car il n’y a rien de tel que de replonger dans ce mélange de légère absurdité, d’humour noir, de violence sans fioriture et de neige.