L’équipage de Moya revient d’une planète accompagnée d’un petit alien aveugle, T’raltixx, qui prétend pouvoir rendre Moya invisible aux pacificateurs. Pour effectuer le travail sur Moya, il faut aller sur sa planète, et passer par une zone de « pulsars », dont la clarté peut déclencher une réaction chez les espèces « inférieures ». Alors qu’aucun ne se croit vulnérable à ces rayons, l’équipage devient paranoïaque, chacun étant sûr d’être la proie d’un complot. Pendant ce temps, T’raltixx détourne l’énergie de Moya pour accroître sa puissance. Dans un moment de lucidité, Crichton réalise ce qui se passe, et essaie de rassembler toute l’équipe pour vaincre T’raltixx avant qu’ils ne s’entretuent.

John Crichton: I got great eyes. They’re better than 20/20 and they’re blue.

Cultissime rien que par son titre, Crackers Don’t Matter s’inscrit dans la lignée des épisodes fortement allumés de la série, et ce, sans jeu de mots poussé avec l’histoire de l’épisode.

Après deux épisodes orientés respectivement vers D’Argo et Chiana, nous voilà avec une intrigue qui reconnecte avec sa mythologie – ou pour être simple, avec Scorpius – sans pour autant retomber complètement dedans. Cela n’en reste pas moins le point de départ, l’équipage voyant en la possibilité de rendre Moya invisible aux Pacificateurs un moyen de protection non négligeable que fournit T’raltixx. C’est bien entendu sans compter sur la perversité de l’espèce et de son besoin de lumière, qui trouve là la possibilité d’obtenir ce qu’elle veut. Entre crackers, paranoïa et hallucinations, personne n’est véritablement épargné par la folie qui s’installe.

L’épisode entraine ainsi les personnages dans une voie dangereuse, où ils deviennent suspicieux les uns des autres, et se tirent dans les pattes à la première occasion. Se débrouillant pour multiplier les interactions, les répliques vont se mettre à fuser à tout va, jouant habilement des excès de personnalités pour exploiter la particularité de tout un chacun. À tour de rôle, les voilà à dénigrer autrui en pointant leur bassesse : l’absence d’honneur de Rygel, la nature volatile de Chiana, la rigidité d’Aeryn, l’infériorité complète de John. Même Pilot ne se gêne pas pour dire à l’humain son inutilité, pour une des meilleures scènes de l’épisode, venant s’aligner avec la confrontation de John avec Aeryn ou encore l’exposition du plan de Crichton jusqu’à son intervention. Pour faire simple, une fois la paranoïa installée, chacun plonge dans une sorte de folie dont seul John a conscience, permettant alors d’enchainer les dialogues mémorables et survoltés. Cela ne se décrit pas, il faut le voir, tout particulièrement John entonnant Ride of the Valkyries (un ajout de Ben Browder, par ailleurs).

Dans cette folie à moitié indescriptible, Scorpius vient par ailleurs s’immiscer, sous forme d’hologramme avant de devenir tangible, animé par l’imagination de Crichton perdant pied à la réalité. Une vision de Scorpius non anodine, qui prendra une valeur plus importante par la suite. À noter que le plan initial était qu’il ne s’agissait que d’une manifestation de l’esprit de John pour cet épisode.  Autant dire que le raccord avec la suite de la saison est habile et bien maitrisé. C’est ainsi que cela devrait toujours être.

Par contre, le retour à la normale est plus ou moins violent, tout dépend du point de vue, mais j’ai toujours trouvé les quelques dernières scènes un peu faiblardes.

Enfin, je dois bien dire avoir pensé à ce pauvre Rygel au cours de l’épisode, qui se fait cogner violemment et qui est un peu pris comme un sac à patates, les marionnettistes ont dû être sacrément mis sous pression pendant le tournage ! Une nouvelle marionnette a d’ailleurs failli être cassée au cours de la scène où D’Argo empiffre de crackers notre Dominar.

Pour terminer, Crackers Don’t Matter est un épisode plus que mémorable de Farscape, plongeant dans une folie démentielle et incontrôlable, jonglant entre humours en tous genres et dialogues déchainés. L’esprit de la série dans toute sa splendeur.

Prochain épisode … Petit tour dans le passé de Pilot et Aeryn dans The Way We Weren’t.

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CaroleC
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