D’Argo, Zhaan et Rygel sont prêts à payer n’importe quel prix pour obtenir les cartes génétiques de leur planète.

Pilot: If he should ask for it, what body part are you willing to offer for it, your Eminence?

Je ne peux pas trop parler pour les autres spectateurs, mais je n’ai jamais réellement abordé Rygel, Pilot ou toutes autres marionnettes dans Farscape comme des marionnettes, mais comme des personnages à part entière. En termes d’apparence, Pilot reste mon préféré, je ne peux juste pas m’empêcher de le trouver beau. Un épisode comme DNA Mad Scientist réussit donc parfaitement à lui fournir une valeur différente. Pilot aura le droit à ses développements, mais ce qui se passe ici a une résonnance particulière, et affirme sa nature en même temps que celle des autres.

En fait, cet épisode se montre assez noir, même après multiples visionnages. Il ne perd aucunement de son effet, malgré les futures évolutions, avant tout à cause du fait qu’ils se placent tôt dans la série. Ainsi, notre groupe de fugitifs cherche un moyen de rentrer respectivement chez eux, et pour y parvenir, ils doivent payer le scientifique NamTar (qui est en partie animatronique) avec le bras de Pilot.

C’est ainsi que l’on découvre la grande capacité régénératrice des Pilots, mais surtout, la moralité ambivalente qui règne sur Moya. Ils ont été prisonniers pendant longtemps, et il n’est pas difficile de comprendre les motivations de D’Argo, Zhaan et Rygel. John n’aura pas à faire face à la question, son peuple ne se trouvant pas dans la base de données de NamTar ; de toute façon, l’une des scènes au début avec Aeryn exprime très bien sa place, il n’aurait jamais agi sans le consentement de Pilot. La Pacificatrice est plus mise au pied du mur d’une autre façon, ne pouvant pas retourner chez elle et ne connaissant pas d’autres styles de vie. L’évolution de sa relation avec John s’exprime clairement ici, celui-ci lui proposant de venir sur Terre avec lui, quand il aura retrouvé la fameuse planète bleue.

Quoi qu’il en soit, D’Argo, Zhaan et Rygel vont couper le bras de Pilot sans se préoccuper de la volonté de ce dernier. L’idée de l’épisode est d’ailleurs de David Kemper, qui a demandé au producteur Matt Carroll si le bras pouvait être enlevé. Comme ce dernier a répondu oui, DNA Mad Scientist a pu voir le jour. De là, nous avons l’illustration de la moralité d’une part de l’équipage et jusqu’où ils seraient capables d’aller pour parvenir à leurs fins. Il est évident alors qu’ils ne sont pas réellement soudés, et que pour beaucoup, ils n’auraient aucun problème à pousser l’autre au milieu des requins si cela pouvait les servir. Les associations et les entraides se font avant tout pour une raison de survie.

Le mode de pensée de Pilot est différent, car s’il vit mal ce qu’on lui fait, il est là pour servir Moya puis ceux qui l’occupent. Sa propre volonté passe donc après les autres. Il est de nature plus qu’altruiste, il faut le dire. Toute son existence dépend de Moya, grâce à qui il peut se déplacer dans l’espace.

L’épisode ne va pas s’arrêter là en ce qui concerne l’exploration du Pilot, car l’expérience réalisé sur Aeryn se trouve définitivement dans le prolongement de cette idée. Cela met en relief la façon dont Pilot pense et ressent assez ingénieusement, et le fait qu’Aeryn se sente disparaître en même temps que le processus de mutation évolue confirme le fait que Pilot en tant que personne passe après le reste.

Enfin, en ce début de série, on jongle beaucoup entre deux-trois décors, l’un étant forcément Moya. Le second ici est le labo de NamTar, qui est assez sombre – reflétant bien l’ambiance de l’épisode – mais très abouti.

Pour terminer, je dirais que j’aime énormément la dernière scène de l’épisode, où D’Argo tente de s’excuser auprès de Pilot. Il est le seul à le faire, et il n’est pas très doué pour, mais cela montre une nature plus sensible du personnage et qu’il est moralement plus juste que Zhaan (pourtant prêtresse) et Rygel (bien qu’il n’y a rien de surprenant pour ce dernier !).