Au cours d’une expérience orbitale avec son module Farscape, l’astronaute John Crichton se trouve projeté à l’autre bout de la galaxie en plein conflit intergalactique. Il est alors happé par un énorme vaisseau vivant, Moya, à bord duquel d’étranges aliens tentent d’échapper à la captivité des Pacificateurs.

John Crichton : There’s life out here, Dad. Weird, amazing, psychotic life. And death. In Technicolor.

Ce n’est pas vraiment un secret, Farscape est ma série préférée. On aurait pu alors croire que la série aurait déjà été traitée sur tous les angles possibles et inimaginables sur le site, mais cela n’a pas été fait pour une raison assez simple. En fait, il se trouve que Farscape est la série que j’ai le plus visionnée au monde, et si je devais pousser le développement plus loin, la première saison est clairement la saison qui est le plus passée sur ma télévision. Entre les rediffusions sur Serie Club et mes DVD, je ne compte plus le nombre de fois où je l’ai regardé. Je pourrais écrire sur les épisodes de cette saison sans les revoir.

N’aimant pas gâcher les bonnes choses, j’avais donc laissé la série au rencard, pour faire passer le temps, avant de remettre le nez dedans, même si je confesse avoir de grandes difficultés à regarder certains épisodes aujourd’hui, les connaissant trop bien.

Enfin, me voici donc décidée à vous parler un peu plus de la série, avec son pilote, datant maintenant de plus de dix ans, ayant été diffusé pour la première fois un 19 mars 1999. Il est signé Rockne S. O’Bannon (le créateur), et réalisé par Andrew Prowse ; il s’agit donc de deux noms bien connus des fans.

Quoi qu’il en soit, cet épisode a pour but – comme tout pilote – de nous introduire à l’univers de la série. Nous faisons donc connaissance avec l’astronaute John Crichton, et par ailleurs, la première image deviendra assez symbolique dans la suite de la série, pour illustrer tout le chemin qu’aura parcouru notre humain. Le début sur Terre sert avant tout à nous présenter rapidement la psychologie de John et ses liens avec son père. Cela ne traine pas en longueur, il n’y a pas le temps pour cela, car il faut surtout découvrir ce qui se déroule à l’autre bout de la galaxie, et là, c’est un peu plus violent.

Crichton va donc se retrouver plongé au beau milieu d’un combat, causant par accident la mort du frère du Captain Bialar Crais, premier implacable ennemi que se fait John en arrivant et sans le savoir. Là, nous avons le droit à des effets spéciaux qui étaient déjà bien faibles en 1999 et que les années n’aident pas. Je pense que la grande force de Farscape est que son équipe a toujours eu connaissance de ses limites budgétaires et a clairement eu pour volonté de limiter la casse, ce qui fait que même si c’était moche, elle évitait du mieux qu’elle pouvait d’en utiliser, misant avant tout sur son make-up et ses marionnettes. D’ailleurs, dans ce dernier registre, ce n’est pas complètement au point dans ce pilote, la première apparition de Rygel n’étant pas particulièrement bien faite.

Ce qui m’amène à l’introduction des principaux protagonistes : la prêtresse Pa’u Zotoh Zhaan, le guerrier Luxan Ka D’Argo, le Dominar Rygel XVI et la Peacekeeper Aeryn Sun. Des personnalités bien distinctes, dont les conditions d’emprisonnement justifient quelques dialogues servant à bien définir chaque personne. Dans l’histoire, John Crichton est clairement le spectateur, inconscient des règles qui régissent l’univers dans lequel il se trouve, ce qui permet d’avoir un angle d’approche facile à utiliser. Dès les débuts, la série exposait bien une certaine infériorité humaine qui m’a énormément séduite dans la série. Comme le dit John dans l’épisode, il est scientifique, et cela va jouer un grand rôle dans l’épisode et dans la suite du show.

John est donc un astronaute pour la IASA; au départ, c’était la NASA, mais l’enthousiasme de cette dernière voulant avoir un droit de regard sur tous les scénarios a fait que Crichton travaille pour International Aeronautical Space Administration. Quoiqu’il en soit, la théorie de John va clairement permettre de mettre en avant qu’il a quelque chose à offrir au sein de Moya.

Il serait mentir de dire que ce pilote ne souffre pas de son côté typiquement introductif, affaiblit par ses effets spéciaux et quelques tâtonnements scénaristiques – tout allant par moment beaucoup trop vite. Il faut reconnaitre qu’au premier visionnage, ce n’est pas forcément ce qu’il y a alors de plus alléchant, mais c’est un épisode qui gagne énormément par la suite, à cause de la progression de l’histoire, et du fait qu’on l’approche différemment (et optionnellement, on sait que les effets spéciaux sont moches !). Il fait un assez bon travail pour familiariser le spectateur avec l’univers de la série, posant principalement son éclectisme. Il faudra quelques épisodes au programme (et à son équipe technique) pour trouver l’équilibre dans son ton et son humour, même si les prémisses étaient là.

A noter qu’il s’agit du seul épisode avec un générique sans la voix de John Crichton, pour éviter les spoilers.

Pour la suite des aventures de John Crichton sur Critictoo, cette première saison de Farscape ne sera pas traité épisode par épisode, mais à travers une sélection servant à mettre en avant des développements touchant les personnages et les intrigues pour la suite de la série. Ainsi, au cours de l’été, je traiterais de PK Tech Girl, DNA Mad Scientist, Rhapsody in Blue, Durka Returns, A Human Reaction, Nerve (Part.1), The Hidden Memory (Part. 2) et Family Ties.