Crichton se réveille à l’hôpital, où on lui apprend qu’il a eu son accident avec son module il y a de cela une semaine. L’astronaute n’y croit pas une seule seconde, cherchant alors la nature de ses hallucinations.

Retour sur Terre pour Farscape et John Crichton, référence directe à l’incontournable épisode A Human Reaction (1.16). D’ailleurs, c’est plus que cela, John partant du postulat qu’il est de nouveau victime d’hallucinations due à son expérience passée. Si ce n’est qu’il sait que ce n’est pas les Anciens, alors qui ?

Le qui, finalement, aura une moindre importance. Certes, il n’est pas anodin, et posera des enjeux qui ne disparaitront pas, mais cet épisode sert avant tout à imposer définitivement Scorpius comme une constante menace. Enfin, avant d’en arriver à cette conclusion, Crichton va nous plonger dans un délire qui ne fera que s’accentuer au cours du temps.

Won’t Get Fooled Again est un épisode qui ne perd pas beaucoup de temps, allant très vite dans sa mise en place et prenant rapidement divers tournants pour pousser les frontières de la santé mentale de John à ses limites. Le ton décalé et l’excentricité propre à la série voit là l’opportunité de s’exprimer, pour que l’on puisse au final plonger dans cette ambiance à la fois complètement folle, incontrôlée, fournissant des notes d’humour (Anthony Simcoe étant plutôt excellent ici), tout en devenant particulièrement étouffant dans sa dernière ligne droite. Le fait est que l’épisode ne laisse pas réellement le temps de s’acclimater à quoi que ce soit. La torture mentale que subit John pour être brisé par son ennemi est croissante, et entre la première et la dernière minute, il n’y aura pas de moment de répit, ce qui rend le tout assez intense. C’est clairement l’une des techniques les plus cruelles que la série nous offrira.

Hallucination oblige, l’équipage de Moya n’est donc pas présent, ce qui ne les empêche pas d’être là, mais sous une autre identité. Il y a là alors l’opportunité de jouer avec l’image de chacun, de les vêtir différemment et de plonger dans quelques excès. A noter aussi que nous avons le droit à la première apparition de la mère de Crichton, décédée 5 ans de cela.

Derrière ce retour sur Terre surréaliste se dissimule un Scarran, une espèce qui s’installe doucement dans l’univers du show, et surtout l’officialisation du clone mental de Scorpius. Si on peut considérer que sa première apparition a lieu de Crackers Don’t Matter (2.04), c’est ici qu’il obtient son nom de baptême, Harvey, en référence au film avec James Stewart (Clarence étant le nom de l’ange dans It’s a Wonderful Life). L’idée du personnage vient de la nécessité d’avoir Scorpius plus présent dans la série. Du fait qu’il était le grand méchant, David Kemper souhaitait qu’il soit une menace bien plus visible et constante. Sur ce plan-là, on pourra dire que ce sera une réussite, Harvey fournira une dose de complexité, d’humour, de manipulation et de retournements de situations qui vont bousculer le show (et imposer le concept du clone et Scorpius à un niveau aujourd’hui quasi référentiel pour le genre SF).

En bout de route, Won’t Get Fooled Again est un sacré tourbillon, dont le style, l’humour et les enjeux font de lui un épisode unique et majeur dans la série.