Flash Forward - 137 Sekunden (1.03)

Mark et Janis se rendent en Allemagne pour rencontrer un prisonnier clamant avoir des informations au sujet du blackout. Demetri retrouve sa petite amie, alors que le mystère autour de son futur est toujours complet. Aaron souhaite déterrer le corps de sa fille, pour vérifier que ce n’est pas elle.

Flash Forward, a, à mon goût, un grave problème de construction scénaristique. Peut-être voyais-je dans le concept quelque chose de plus ambitieux, mais le résultat sur papier tend à être franchement trop ordinaire, et avec un manque de personnalité affligeant.

On calme le jeu sur les flashbacks des Flash Forward, bien que ces derniers soient encore présents et toujours aussi agaçants. Cela nous emmène donc à Mark et la stupidité dont il fait preuve. En fait, il est d’ailleurs étonnant que personne ne fasse remarquer que pour éviter la réalisation d’un futur, il faudrait commencer par ne pas baser chacune de ses actions sur la vision. Comme il est dit à la fin de l’épisode, ils vivent actuellement dans l’attente de ce futur, et non dans le moment présent. C’est une généralisation excessive, car, si vous étiez en train de fixer le plafond, votre vie n’a clairement pas changé. Pour Janis, c’est simple, elle n’a qu’à pratiquer l’abstinence jusqu’au jour J si elle tient à empêcher son futur.

Mais tout ceci n’est pas réellement au cœur de l’épisode, car la réflexion n’est pas ce qui fait progresser nos agents. Mark et Janis s’envolent pour l’Allemagne quand un prisonnier nazi révèle avoir des informations. Bien sûr, il va y avoir négociation et dilemme moral, de façon à ce que l’élément clé ne fasse son arrivée qu’à la fin. Autant dire qu’ici, on use sans honte de clichés psychologiques qui ne servent pas du tout les personnages. Beaucoup de caricatures, et de dialogues creux. Alors oui, je l’admets, j’ai aimé la petite révélation autour des corbeaux. Mais s’il faut chaque semaine avoir 40 minutes de vent, cela ne va pas le faire.

Tout ou presque d’ailleurs fonctionne au ralenti dans cet épisode. Ce dernier s’ouvre sur Demetri et le fameux coup de téléphone. Il ne va pas obtenir grand-chose sur la question, et surtout va retrouver sa future femme, incarnée par Gabrielle Union. Il rencontre un dilemme : dans sa vision, elle se marie, et déclare l’avoir vu. Là, gros doute sur ce que cela nous réserve. Elle affabule, ment honteusement ou épouse le jumeau caché de Demetri, faites votre choix! Ceci reste narrativement parlant mieux construit, et permet de mieux cerner notre jeune agent, qui se trouve quand même dans une situation assez complexe qui pose une question assez intéressante : que ferions-nous si nous connaissions la date de notre mort ? Ajoutons à cela qu’il sait maintenant que trois balles vont le conduire à la morgue, difficile de rester impassible pendant les 6 mois à venir.

Le tableau est complété par Aaron en quête de sa fille morte – vivante dans sa vision. Mise en cause de la véracité des Flash Forward ? C’est apparemment le but de notre affaire, l’épisode nous conduisant à l’inévitable réalité : il a bel et bien enterré sa fille. Il nous faut, sans surprise, tout l’épisode pour en arriver là. Par contre, que va-t-il faire maintenant ? S’acheter un billet d’avion pour le Moyen-Orient ? A cela, on peut ajouter aussi l’introduction de Felicia Wedeck (Gina Torres), qui a le droit à deux scènes, pour nous faire prendre connaissance de son futur (impliquant l’arrivée d’un jeune garçon dans sa vie).

Flash Forward joue donc avec son mystère, mais de façon on ne peut plus classique, et peu aidée par des situations bateau et un déroulement manquant de panache. Il y a des améliorations à faire, et vite.